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Editôt ou éditard (93)…

Editôt ou éditard (93)...

Quel est le point commun entre un Cahuzac, un Morelle, les trois flics envoyés devant des juges pour viol en bande, et tous les Jupé, Carignon et autres repris de justice qui continuent à polluer l’atmosphère politique de notre pays en déliquescence aggravée ? Il y en a certainement plusieurs mais celui qui apparait en premier, celui qui saute aux yeux comme un bouton de chemise de Culbuto 1er après un dîner princier dans son Elysée à bail précaire, c’est ? Allons, réfléchissez, je sais que vous n’en avez pas l’habitude si vous n’êtes pas un habitué de ce blog, mais quand même… Vous ne voyez pas ? Bon, je m’en vais vous le dire…

Le point commun que je vois en premier est le sentiment d’intouchabilité, cet élément qui vous met au-dessus des lois qui gouvernent tout un chacun dans une République Libre, Egalitaire et Fraternelle, comme notre devise semblait vouloir le signifier jadis. Cette sensation, agréable pour son détenteur, d’impunité totale et complète quels que soient les frasques qu’il pourrait commettre, est omniprésent chez tous ces gens qui se croient nimbés d’un pouvoir légitime et éternel alors qu’ils n’ont qu’un mandat induisant de lourdes responsabilités, d’une durée on ne peut plus temporaire et limitée. Je ne sais pas si ces flics ont violé ou pas cette touriste canadienne et peu me chaut, mais il est absolument incroyable que notre confiance dans des forces qui représentent l’ordre et la sécurité ne peut plus exister. Non seulement la corruption est présente partout et souvent pour pas grand-chose, mais en plus ces gens pourraient, au gré de leurs désirs, aller jusqu’à des limites que l’énorme majorité des citoyens n’osent imaginer aller. Cette dépravation de nos institutions est due aux mœurs libérées d’une société en perdition. L’empire de Rome s’effondra dans les mêmes conditions que celles où nous sommes rendus en ce moment. Dès que la morale, qu’elle soit religieuse ou laïque n’existe plus, les normes des relations entre les membres de la Cité deviennent moins ténues, et le flou qui les accompagne, tout comme le semblant de liberté qu’elles paraissent vous accorder ne sont plus que des obstacles faciles à franchir pour des hommes avides de plaisir. Voilà tout le problème de notre époque, la confusion entre plaisir et bonheur est totale. Et alors que chacun pense être heureux à profiter du commerce de la chair humaine via la prostitution ou l’esclavage par exemple, nous n’en obtenons qu’un plaisir qui s’évanouit avant même que nous n’ayons pu vraiment le goûter. Il nous faut du plaisir, toujours du plaisir et encore du plaisir. Le problème est que nous en voulons tout le temps et immédiatement, ce qui nous fait courir dans tous les sens pour atteindre ce but inatteignable et qui ne nous donnera pas plus le bonheur. Ces gens ne croient en leur impunité que parce qu’ils y ont déjà goûté, ils savent que jusqu’à un certain point cela avait déjà fonctionné. Mais, comme les enfants qui apprennent la vie, ils veulent savoir jusqu’où ils peuvent aller trop loin. C’est une fois la tête dans le mur qu’ils regrettent d’avoir tenté le diable et d’en avoir voulu encore et toujours plus… Trop tard, les regrets et les remords vont peupler vos cervelles lobotomisées de profiteurs que vous êtes. Vous avez confondu votre plaisir avec votre mission, qui était et est toujours, de protéger la société à laquelle vous avez prêté serment d’allégeance. Vous devez payer et plus que tout autre car vous savez ce qu’il en coûte d’enfreindre les règles et les lois, puisque vos fonctions étaient de les faire respecter. Pour cela vos punitions doivent être exemplaires et ces sanctions ne peuvent être allégées sous un quelconque prétexte sinon ce serait la preuve que le système lui-même est vicié, ce que je crois personnellement depuis longtemps. Comme le disait Coluche, mieux avoir un avocat qui connait bien le juge qu’un avocat qui connait bien le droit. Et c’est comme cela que les juges comme les représentants de l’ordre se couvrent mutuellement dès que leurs intérêts sont liés.

Cahuzac revient dans une interview à un journal dont j’ai oublié le nom mais qui ne vaut pas mieux que lui. Pour faire un scoop et. vendre du papier on donne la parole à un escroc, un abuseur de confiance, à un menteur. Il a forcément des excuses, il est assez manipulateur pour en trouver et essayer de convaincre ses enquêteurs, mais est-ce réellement intéressant de connaître les états d’âme d’un être capable de vous jurer, les yeux dans les yeux, quelque chose qui est faux et qu’il souhaite cacher. On se moque de vos états d’âme, mon petit monsieur Cahuzac, vous avez menti et jusqu’à ce jour vous n’avez pas encore dit la vérité, tout comme le Morelle, qui a lui-aussi des excuses et des explications, mais qui ne veut que nous berner. Le fait de se mettre dans ces situations, quand bien même ils n’en auraient tiré aucun profit montre que leurs intentions étaient mauvaises et contraires à l’éthique. Vous avez été pris, admettez-le, avouez-le, repentez-vous et recommencez une nouvelle vie loin des feux de la rampe, dans une pudeur que vous n’avez pas mais qui devrait vous interdire de revenir au grand jour et sur les bancs des assemblées populaires qui sont censées nous représenter.

Ce sont ces mœurs dissolues qui sont la conséquence d’un monde bâti uniquement sur la matérialité, sur le bien-avoir plutôt que sur le bien-être. Par tous les moyens il faut être riche et puissant, afin de devenir intouchable, afin de bénéficier de prébendes incroyables et d’une impunité totale. Le profit et sa recherche ne peuvent être les fondations d’une société juste, nous avons besoin d’autre chose, de valeurs sûres qui ne sont pas matérielles mais qui sont le support de toute vie sur cette terre minuscule, dans le respect des minéraux, des végétaux, des animaux et des humains qui la peuplent et qui en jouissent. Nous sommes tous liés, chaque élément de cette planète est lié à tout ce qui la constitue, ceux qui ne le voit pas, sont ou des naïfs ou des menteurs.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Editôt ou éditard (93)...

1 Comment

  1. Djef Bernier Répondre

    Bien ta nouvelle plume ! C’est marrant l’info , j’ai entendu que c’était une flicette et pas une touriste. A Tahiti on a eu une histoire d’une femme douanier avec plusieurs de ses collègues en mer… Si la société est comme tu la connais les policiers sont les plus mal entourés et une fois la case picole effectuée, qui peut dire qui est qui ; juste pour insinuer que c’est avoir une arrière pensée fétide de mettre dans le même sac nos policiers et ceux qu’ils escortent. Mais sinon pour le reste je lis avec plaisir. La surdité a ses bons côtés c’est sûr.

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