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A bas le travail…

A bas le travail...

En ce premier mai, fête du travail, une question m'a assailli brutalement alors que les syndicats font briller une dernière fois leurs banderoles chamarrées, dont certaines sont encore couvertes du rouge du sang de ceux qui se battirent pour offrir au monde ouvrier des moyens de se défendre face à un capitalisme débridé qui mettait leurs enfants, comme leurs compagnes et eux-mêmes, au travail 6 jours sur 7, pour 10 à 12 heures quotidiennes, le tout pour une misère qui ne les faisaient que survivre. Sans ce capitalisme sauvage, le collectivisme et ses succédanés n'auraient jamais existé…

Quelle est cette question ? Je vous l'ai certainement déjà posée mais on ne sait jamais, peut-être aurais-je oublié… Pourquoi dit-on que le 1er mai est la fête du travail ? Tout d'abord, si c'était vraiment la fête du travail, nous devrions travailler 24 heures d'affilée et sans être payés, juste pour fêter le travail, n'est-ce pas ? Mais au lieu de cela et c'est tant mieux, nous glandons gentiment et vaquons à d'autres activités que celle qui nous ruine la santé, aussi bien physiquement que moralement pour ceux qui ne travaillent que pour gagner de l'argent, et ils sont nombreux. Ne devrions-nous pas baptiser cette fête la fête du syndicalisme, car il s'agit bien de fêter la première grève ayant eu lieu aux USA, comme quoi ils n'ont pas que des défauts ces incultes américains, je rigole, il y en a qui savent lire et écrire mais surtout ils savent tous compter… Non, bien évidemment je ne suis pas assez stupide pour penser que tous les Américains sont des ignares, mais il faut avouer qu'il y a un certain décalage entre leur niveau de culture général et leur impérialisme violent et dictatorial, peut-être est-ce lié ? Moins on est cultivé plus on croit tout savoir… Je ne dois pas être loin de la solution à leur barbarie, éduquons-les et ils se calmeront peut-être… Pour en revenir à notre propos, il s'agit encore une fois d'une mauvaise présentation des faits. Les gauchistes, les syndicalistes, tous ces gens qui défendent, soit-disant, les sans grade et les exploités, étaient certes très forts dans leur rhétorique socialo-communiste et savaient mobiliser leurs troupes par leurs mensonges éhontés mais plein d'un idéal généreux et fraternel. Oui, ils étaient très forts, vraiment, mais là s'arrêtait leur talent, ils n'avaient aucune idée du marketing à mettre en œuvre pour valider leurs idées et leur donner une apparence encore plus belle. C'est ainsi qu'ils ont laissé les patrons, leurs ennemis jurés, donner un nom à leur premier combat et bien sûr, ils n'allaient pas en donner un à la gloire de leur sacrifice mais bien à leur avantage en le déguisant en une mascarade enrobant une certaine idée du travail qui, à l'époque, s'apparentait plus à de l'esclavage. Il est à noter que nous faisons tous les jours des progrès dans notre régression sociale et que nous retournons d'un pas décidé vers un esclavage encore plus inique et camouflé.

Rendons à César ce qui est à Jules, ce n'est pas la fête du travail mais bien celle de la lutte contre les abus dans le travail, contre l'esclavagisme dont on voit tous les jours les conséquences sur des peuples éloignés de nous par la géographie mais proches par les produits qu'ils nous mettent à disposition au sacrifice de leurs vies parfois. Est-il pensable que dès que nous parlons des mauvaises conditions de travail de ces gens nous passions immédiatement pour un dangereux révolutionnaire ? Non mais là aussi, la dialectique employée par les politiciens, et les médias qui relaient leurs propos insalubres, a permis d'établir des codes précis avec un emboîtage non moins précis qui veut enfermer, dans chacune de ces jolies petites cellules de carton mâché aux couleurs vives, tous les membres de notre société. Chacun sa boîte et personne n'y déroge. Ajouter à cela une culture de la pensée unique (et inique par la même occasion), la sanctification (c'est à la mode en ce moment) du politiquement correct et la déification de l'argent et de sa conséquence matérialiste, et vous aurez le monde pourri dans lequel on use peut-être de très belles machines mais où personne, je dis bien personne ou presque, ne connaît le bonheur, celui d'être soi-même et de vivre une vie dont on peut être fier. Bien sûr, je vous vois venir, « oui, mais qu'est-ce que le bonheur, le mien n'est pas le même que le tien, alors comment fait-on ? » Déjà une chose simple, ne détruisons pas un univers qui nous est bénéfique et nous procure les moyens de notre survie, rien que cela c'est déjà un programme… Mais sommes-nous obligés, en ce jour de la fête de ce maudit travail, de nous lever chaque matin pour aller gagner de l'argent que nous dépenserons pour faire que d'autres que nous se lèvent le matin pour aller gagner de l'argent qu'ils dépenseront en achetant les produits que nous fabriquons ? Est-ce la vie ? Est-ce vivre ? Est-ce l'avenir radieux que j'ai promis à mes enfants ? A mes petits-enfants ?

Non à la fête du travail, oui à la mort de notre société de consommation et à la fin du gaspillage de nos vies comme de notre planète…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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