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BNP… Bénéfice Nettement Ponctionné ?

BNP... Bénéfice Nettement Ponctionné ?

Alors comme tout va bien dans le royaume de France et de Navarre, il fallait bien qu’un grain de sable vienne perturber notre marche forcée vers le progrès, vers le retournement de la courbe de la croissance, vers l’inversion de celle du chômage, vers l’existence d’une courbe des « fans » de notre président, l’autre pays du fromage. Et ne voilà-t-il pas que ces bon sang de bonsoir d’Américains viennent tripatouiller dans les affaires sales du fleuron bancaire de notre république. La BNP, pour ne pas la nommer vient de se faire ponctionner de quelques 10 milliards de dollars par l’administration américaine… Oups, vous avez dit combien ? 10 milliards… ça existe ça ?

Notre BNP, notre si belle et si grande banque qui se fait tancer par de vulgaires fonctionnaires américains pour avoir, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie et là on le voit, transgressé les ordres relatifs à l’embargo qui touche plusieurs pays dans le collimateur étasunien dont l’Iran. Que s’est-il donc passé pour en arriver à une pénalité de cette envergure ? Rien de très spécial, notre banque n’a fait que son boulot, encaisser de l’argent, transférer de l’argent, certainement jouer avec de l’argent pour compte d’autrui sous mandat, enfin rien de plus que les manipulations génératrices de profits que nous acceptons tous les jours de nos banquiers. Ceux-là même qui ruinent notre état* après avoir complètement asservi et pillé la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne pour ne citer que nos « amis proches ». Mais alors, .pourquoi facturer une telle amende pour des faits professionnels avérés et si bien exécutés ? Tout simplement parce que l’argent en question était fait de dollars américains ! Et voilà l’embrouille, quand vous voulez magouiller, messieurs les banquiers, faites-le avec votre monnaie et pas celle de votre ennemi le plus intime. Le raisonnement est juste pour le pays qui, à lui seul peut détruire plusieurs dizaines de fois la planète et fort de cette capacité ne lui est-il pas facile d’imposer tout et n’importe quoi à ses vassaux serviles ? Eh bien oui, nous acceptons tout de ce pays colossal par son pouvoir destructeur et ruiné par la capitalisation de toutes ses dettes abyssales. Y compris de travailler avec sa monnaie alors que l’euro, monnaie créée pour combattre la suprématie du dollar entre autres balivernes, ne sert de monnaie d’échange qu’avec les partenaires européens surtout. Donc le fait d’avoir utilisé du dollar pour réaliser des transactions internationales avec des contrées sous embargo étasunien, les banques prises la main dans le sac doivent payer une indemnité, une amende au trésor américain pour cette transgression impardonnable. Que la CIA et les USA utilisent les paradis fiscaux pour faire leurs petites affaires, y compris avec des pays sous embargo, n’est pas répréhensible, bien sûr, puisqu’ils ne se sont pas faits prendre stupidement avec les mains dans le pot de confiture. Pourquoi croyez-vous que nous mettions autant de temps à détruire tous ces petits paradis financiers, tous simplement parce que les premiers qui les utilisent sont justement ceux que nous payons pour lutter contre leurs manières peu orthodoxes de financer les sales affaires ou de blanchir la fortune immense du trafic d’armes et de drogues qui touchent souvent les mêmes personnes et les mêmes organisations ?

Revenons à notre BNP – Bénéfice Nettement Ponctionné -. Ne vous en faites pas pour cette jolie petite banque, ses profits de l’an dernier dépassent encore le montant de l’amende en question, il restera donc un peu de sous à distribuer aux actionnaires de cette bonne affaire. C’est d’ailleurs incroyable qu’une banque aille aussi bien dans un pays où les chômeurs courent les rues, où les dossiers de surendettement s’accumulent et où tout le monde se plaint, y compris les banques qui n’ont jamais gagné autant d’argent que pendant les crises. Je vous ai dit très récemment ce que je pensais des banques et ce que j’aimerai en faire, j’ose espérer que vous me comprenez. La notion même de crédit est antiéconomique, elle est consumériste, productiviste mais antiéconomique. L’accumulation de crédits, avec sa contrepartie sous forme d’agios et d’intérêts, rend impossible une saine gestion et ne peut que justifier la continuité de ce système fou qui veut que pour payer nos dettes et les intérêts de celle-ci nous soyons obligés d’emprunter encore et toujours… C’est à n’y rien comprendre, non ? Comme je vous l’ai déjà dit, la raison pour laquelle les banques forcent les états à ne pas connaître d’inflation ne provient que du fait que c’est justement cette inflation qui diminue leurs profits, et favorise leurs clients débiteurs en diminuant leurs dettes et leurs intérêts. Ceci serait insupportable pour elles, pauvres petites banques qui manipulent tout, depuis les politiciens jusqu’aux industriels et tout le réseau économique de tous les pays du monde. Aujourd’hui que l’argent est roi, les banquiers sont ses chambellans omnipotents. Aucun état digne de ce nom n’est capable de résister aux banques, tout simplement parce que celles-ci ont truffé les administrations, au plus haut niveau, de leurs sicaires, de leurs factotums, de leurs ambassadeurs, de leurs corrupteurs. Il apparait que sans une complète réorganisation financière de notre société, les banques soient les seules bénéficiaires de toutes les situations possibles et imaginables, que nous connaissions des crises ou non, elles gagneront sans cesse.

Mais là où une nouvelle question se pose, c’est à ce moment précis où nous prenons conscience des sommes en jeu. Comment la BNP peut-elle payer cela, en faisant des profits me direz-vous ? Oui mais cela veut dire que ce qu’elle a gagné en Iran et partout où les USA ne voulaient pas qu’elle aille est encore plus mirifique que cette petite pénalité. Et elle pourrait aussi, pour ne pas payer cette amende dire qu’elle abandonne le territoire US pour se limiter au reste du monde, mais elle ne le fait pas, pourquoi ? Tout simplement parce que c’est là-bas, aux Etats Unis, que tout se passe, que tout se crée et que tout se transforme en joli argent sonnant et trébuchant. Voilà pourquoi la BNP va bien, n’a même jamais été aussi bien portante qu’en ce moment… Je vous rassure encore un peu plus, entre le 1er janvier 2013 et le 13 février 2014 l’action est tout de même passée de 44.26 € à 51.68 € alors même qu’elle a perdu 13 % de sa valeur entre le 13 février 2014 et le 20 mai 2014. Tout espoir n’est pas perdu, et cela est sans compter les profits que cette banque peut avoir enseveli dans les coffres de ses filiales, dans les paradis dont nous parlions plus haut, comme Apple, Google et tant d’autres multinationales…

Pour ma part, la BNP aurait pu mourir que cela n’aurait pas poussé mon auriculaire à changer d’oreille à gratter, je le regrette même, cela nous aurait fait des unes de quotidiens un peu moins mortifères… Amis actionnaires de BNP, vous aurez moins, mais vous aurez un os à ronger cette année, un os en or massif. Un bon banquier est un banquier ruiné.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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