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Concerto Montebourgeois pour crécelle en chute majeure…

Arnaud Montebourg est un grand comique, il est certainement le plus drôle de la bande des quarante voleurs placés sous la houlette de Culbuto 1er en acteur studio interprétant le rôle d’Ali Baba. Le décret qui fait de notre comique troupier de service la vedette de la semaine est arrivé à point nommé, pour tenter de sauver le soldat Culbuto dans la joute européenne qui va le voir, une fois de plus, mettre un genou à terre. Suis-je opposé au patriotisme économique de cette équipe de bras cassés, oui et non. Pourquoi ? Parce que…

 

Parce que je trouve étrange que tout le monde politique s’accorde à dire que l’Europe est ce qu’il y a de mieux pour défendre les intérêts de la France, qu’il ne peut être envisageable ni même imaginable que la France sorte de cette Europe magique qui lui fait tant de bien. Mais si vous regardez la réalité en face, les pays sont en compétition permanente entre eux, c’est à qui attirera le plus d’investisseurs, qui aura la plus grande compétitivité pour gagner des parts de marché. Même les régions de notre propre pays se battent comme des chiffonniers pour attirer à elle des gens qui ont de l’argent ou qui souhaitent installé une entreprise ou une de leurs filiales. Ils se disputent le peu d’investisseurs qui restent candidats à l’installation sur notre beau territoire. Les communes se battent à coup de zones artisanale, industrielle, commerciale ou encore d’activité. Tout le monde veut prendre le plus possible sans rien laisser aux autres. Comment dans ce labyrinthe de la honte et de la mesquinerie trouver une issue qui satisfasse tout le monde. Il n’y en a pas, il n’y en aura jamais. Seule une solidarité, une réflexion d’ensemble peut permettre une adaptation à un marché de toutes les manières condamné à mort par défaut de croissance. Ces combats permanents entre villes, régions, états font que l’unité européenne ne sera jamais qu’un rêve absolu tant que la philosophie européenne n’aura pas pris le dessus sur l’économie européenne. Ce n’est pas gagné. Le fédéralisme prôné par certains partis ne pourra jamais s’établir aisément dans un état composé d’entités qui ne partagent que le désir de dépasser ses partenaires. Il faut une monnaie commune, un objectif commun mais surtout une vision commune d’un avenir partagé. Que viennent faire ces digressions européennes dans un article sur le clown triste et son décret protectionniste ? C’est simple, on ne peut vouloir tout et son contraire. On ne peut tolérer la mainmise de certains pays sur des pans entiers de notre économie et pour de sombres raisons empêcher d’autres investisseurs qui nous déplaisent de faire la même chose que les précédents. On est libéraux ou on ne l’est pas. Le problème des socialistes, sociaux-démocrates et bientôt sociaux-libéraux pour enfin atteindre le social-capitalisme, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils veulent et encore moins ont-ils une vision précise du pays qu’il souhaite obtenir au bout du compte.

 

La perte de leur idéal, et ici je ne parle pas du bien-fondé de celui-ci ou pas, les a poussés dans les bras de la société facile et ô combien enrichissante, dans le sens financier du terme, du capitalisme débridé, de la liberté d’entreprise vouée à la recherche inextinguible du profit par tous les moyens, fussent-ils dangereux pour leurs propres clients. Le protectionnisme dont font preuve nos socialos d’opérette est une bouée de sauvetage qui vient les empêcher de couler 10 jours avant une consultation électorale. A aucun moment je ne peux imaginer que les pourvoyeurs de fonds et d’aides au Medef puissent faire autre chose que de jouer le jeu du marché qui les nourrit. L’éna est l’usine de formatage des gestionnaires du déclin humain au profit des bénéfices des multinationales sous le couvert de jeux politico-économiques qu’ils rendent incompréhensibles au commun des électeurs. Alors son décret ou pas, c’est du pareil au même, de toutes les manières ce type d’opération supranationale aboutira, à terme, à la victoire du plus riche car il aura les moyens de payer les plus malins et de corrompre les autres. En faisant mine de protéger l’indépendance énergétique française, ou encore le TGV, ou encore les emplois, ils ne font que du vent, nous sommes déjà entre les mains de pouvoirs qui ne sont plus étatiques et ce n’est pas ce décret qui refera prendre la main de la France sur sa liberté d’action. Ce n’est pas le retour d’un pouvoir souverain mais juste une gesticulation qui s’apparente au dernier mouvement d’un corps qui vient de perdre la vie. Nous avons tout abandonné à l’Europe et notre décret va être, après les européennes, rejeté par Bruxelles et nous aurons des pénalités à payer si nous tentons de le conserver. On est dans le grand guignol, on est dans le domaine des Pieds Nickelés, comme dirait Pangloss. On se moque de nous, une fois de plus, une fois encore, mais sera-ce une fois de trop ? Je ne crois pas, nous sommes doués d’une certaine dose de patience, voire d’imbécilité dans notre pays et j’en suis le meilleur exemple puisque je crois encore pouvoir influer, avec ces pauvres lignes, sur mes contemporains et sur moi-même… Naïf que je suis, pôvre idéaliste…

 

Alors je répondais oui et non à la question qui se posait sur mon opposition au décret du benêt Montebourg, pourquoi oui ET non ? Oui parce que je crois que l’état est là pour défendre son peuple contre les tentatives de tous les manipulateurs et faiseurs de magouilles qui composent les rangs des faiseurs de profits à tout prix. Non parce que je ne crois plus en l’économie de marché, au retour d’une croissance maléfique, au bonheur par l’avoir. Je suis pour une décroissance raisonnée, un partage du travail équitable, une répartition des richesses moins vulgaire et scandaleuse que celle que nous voyons aujourd’hui, une application stricte et totale des trois mots fondamentaux qui fondèrent notre République, Liberté, Egalité, Fraternité.

 

Ne laissons pas les extrémistes de gauche croire qu’ils sont les seuls porteurs d’un tel message, on peut être solidaire sans être bolchévique ou collectiviste, n’autorisons pas l’auguste du cirque, Mélenchon, à s’accaparer le peu de générosité et de solidarité qui reste. Nous n’avons pas besoin de la gauche ou de la droite pour cela, nous devons redevenir des Républicains d’abord, il ne s’agit pas là de politique mais de philosophie.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Concerto Montebourgeois pour crécelle en chute majeure...

4 Commentaires

  1. Pangloss Répondre

    La croissance est un mythe. Elle suppose une augmentation ininterrompue et infinie de la création de richesses donc une consommation elle aussi ininterrompue de ressources naturelles (eau, matières premières, espace) et de pollution.
    On voit bien que dès que cette croissance piétine, le système économique se grippe et que le monde politique s’inquiète et même s’affole.
    Seule une décroissance raisonnée (comme tu dis) et programmée pour atteindre un point d’équilibre et de stabilité est un projet viable;

    1. Haroun Répondre

      Bonjour et merci,
      Comme j’ai l’habitude de le dire… On est au moins deux et c’est déjà très bien mais quand les gens se décideront-ils à enlever les œillères que leurs dirigeants leurs ont posées ???
      Bonne journée.

  2. Djef Bernier Répondre

    Fichtre j’arrive à temps! Je crois déceler entre les lignes que tu n’as pas eu lecture de l’excellent billet d’un confrère des environs (http://marcelthiriet.blogspot.com/) qui se fait porteur d’une information, 50 eurocrates septiques, je lui laisse la formulation exacte et t’en propose jouissance au lien ci après : je n’ai pas la prétention de l’analyser mais enfin, ce chiffre 50…
    Plus que quelques jours avant d’aller bêler, son billet du 15 mai est diantrement bien gaulé sur le sujet

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