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« La » Chronique du week-end… (94)

"La" Chronique du week-end... (94)

Aujourd'hui je dois vous avouer que j'ai passé mon samedi et mon dimanche à déménager ou plus exactement à emménager dans mon nouveau domicile. Rien à voir avec l'Elysée ou même l'appartement prêté aux Chirac par leurs amis libanais, mais c'est chez moi et cela vaut tout les palais du monde, n'est-ce pas ? Mais il y en a d'autres qui déménagent et en particulier au ministère du travail, enfin si l'on peut dire car comment faire un ministère sur le travail avec des gens qui n'ont jamais travaillé ? Enfin…

Jadis, quand Sapin était encore ministre du travail, juste avant l'ami de Culbuto 1er qui lui rêvait de l'intérieur, Rebsamen, il avait concocté une petite trahison comme seul pépère sait les faire. Vous savez des bien pourries, qui vous écœurent pour les dix prochaines consultations électorales d'aller voter pour des gens qui n'ont cure de vous et de leurs promesses. Cette petite trahison entre amis va faire plaisir à son successeur car c'est lui, quel que soit le résultat, qui devra répondre de ces fadaises qui, comme à l'accoutumée, vont toujours dans le même sens. Le Canard Enchaîné reprend une petite histoire connue mais dont aucun média lèche-bottes ne parle et n'a jamais parlé et ne parlera jamais non plus. Vous connaissez bien évidemment les inspecteurs du travail. Ces braves gens peuvent venir quasiment à tout moment dans un entreprise et y semer une panique proportionnelle aux filouteries de son patron et cela dérange ceux-ci depuis toujours. C'est d'autant plus vrai que bon nombre de ces patrons n'ont que des amendes mais quelques uns se retrouvent après de longues procédures judiciaires avec des condamnations au pénal. Condamnations méritées puisque, cela va vous étonner, telle est la loi pour certaines mauvaises manières patronales. Mais, comme vous devez vous en doutez les chefs d'entreprise qui se retrouvent en prison ne sont pas légion voire n'existent pas ou si peu.

Figurez-vous que notre autre joufflu, Michel Sapin, avait, à l'occasion d'une nouvelle loi sur la formation professionnelle, glissé la possibilité pour les patrons de monnayer le risque d'être condamné jusqu'à un an de prison, dans le cadre d'une transaction, disons amiable ? Cela voudrait dire que le travail des inspecteurs du travail serait remis en cause par une autorité qui lui est supérieure et qui donc peut valider ou annuler la plainte en cours. A voir à quelle vitesse nos socialistes sont devenus fans des patrons, devinez qui sera condamné ? Personne. Dans tous les cas pas les patrons mais vous oui, pour un mauvais stationnement qui ne remet en cause aucun droit du travail ou autre, pas de souci, aujourd'hui on rase gratis pour les chefs d'entreprise et demain ce sera notre tour, mais quel demain ? Tous les syndicats ont bien essayé de convaincre l'homme à la langue de bois (de sapin bien sûr) mais rien n'y fit. Malheureusement le bois brûle entre les sénateurs du centre et de gauche qui ont rétamé le projet devant le Sénat, retour à la case départ à l'assemblée qui en fait une nouvelle proposition de loi, mais, entre-temps, Sapin a changé de poste… Il s'avère, selon le journaliste du Canard, que le nouveau projet gêne grandement les patrons car les Inspecteurs du Travail auraient, avec la nouvelle mouture, le droit de fermer l'entreprise dans les cas suivants : au-dessus d'un certain seuil d'amiante, d'une défectuosité des installations électriques, de machines dangereuses… Là les patrons se fâchent et ils vont nous faire une manifestation des slips rouges, après les bonnets.

La première des questions que nous pouvons nous poser est pourquoi faire passer un cadeau dans une loi qui, dans ses apparences en tout cas, n'est pas faite pour l'inspection du travail mais pour la formation ? Serait-ce pour faire passer une pilule amère, discrètement, nuisant à tous les syndicats et aux salariés d'une façon générale ? Pourquoi faire et défaire des lois qui existent et qui ont leur raison d'être, si l'inspection du travail a été créée et qu'elle fonctionne bien pour une administration, elle a ses règles et rien n'a vraiment changé depuis sa création, ce sont toujours les abus patronaux qui ont d'ailleurs déclenché cette création mais tenez-vous bien, cela ne s'arrête pas là. Oui, bien sûr, c'est vrai que l'inspection du travail a bien été créée mais je vous rappelle qu'une loi avait bel et bien été votée en 1841 en France, chez nous, afin d'interdire le travail des enfants de moins de 8 ans. Elle ne fut appliquée, en France, chez nous qu'en 1874… 33 ans après… Justement quand le corps des inspecteurs du travail fut créé lui aussi.

Il faudra tout de même que ces ministres qui jouent avec nos vies, nos santés, nos enfants sur le théâtre d'opérations qui sont aussi minables qu'intéressées, rendent un jour des comptes à nous, pauvre peuple dont tous se moquent dans tous les gouvernements de droite, de gauche et bientôt des extrêmes…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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