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« La » Chronique du week-end… (96)

"La" Chronique du week-end... (96)

Charles Péguy mourut durant la guerre de 14-18, il écrivit un texte, qu'il ne termina jamais, au sujet de la « retraite ». Cette période de la vie qui s'apparente à la douce quiétude des vieux profitant de ces années, qui finissent leurs vies, en n'ayant plus le souci de produire mais celui unique, et si apprécié de nos économies consuméristes, de dépenser leur argent si durement gagné, ou pas. La retraite est en quelque sorte une période de production négative pour ces personnes officiellement éliminées du jeu de la production mais qui, en fait, y sont toujours et peut-être plus que les autres…

« Note conjointe » de Charles Péguy, inachevée mais qui dit déjà l'essentiel… « Ils ne pensent qu'à leur retraite, c'est à dire cette pension qu'ils toucheront de l’État non plus pour faire mais pour avoir fait… […] Leur idéal, s'il est permis de parler ainsi, est un idéal d’État, un idéal d'hôpital d’État, une immense maison finale et mortuaire, sans soucis, sans pensée […]. Toute leur vie n'est pour eux qu'un acheminement à cette retraite, une préparation de cette retraite, une justification de cette retraite. Comme le chrétien se prépare à la mort, le moderne se prépare à cette retraite. Mais c'est pour en jouir, comme ils disent. » Si je parle aujourd'hui de la retraite, c'est juste pour attirer votre attention sur l'une des plus grandes inégalités de notre pays, la définition même de la trahison de la tradition égalitaire de notre république bananière qui devrait avoir honte de laisser aux frontons de ses bâtiments administratifs la devise si imméritée qui caractérise la France ; Liberté, Égalité, Fraternité. A l'heure où Culbuto 1er, et son chambellan qui Vals mieux que lui, commencent à réfléchir à des problèmes, que leur empressement à répondre favorablement aux récriminations bruxelloises ont généré, les premières victimes des frasques austères mises en place par cette équipe de bras cassés sont justement les retraités et les pauvres. Voilà ce que dit Vals pour justifier son rapide retour en arrière électoraliste à quelques jours d'une nouvelle déculottée : « Nous avons regardé de près les choses avec le président de la République, avec les ministres chargés du budget, Michel Sapin et Christian Eckert, et nous avons pensé qu'il fallait une mesure encore plus forte pour montrer aux Français notre engagement. » Cela signifie que toutes les décisions prises sur le vol organisé via des augmentations d'impôts aussi injustes qu'inutiles avaient été faites sans y regarder de près, bref sans réfléchir. Quels menteurs, quels voyous, quels reflets de nous-mêmes ces gens nous donnent-ils, comment faisons-nous pour accepter que ces gens persistent au pouvoir que nous leur avons donné si négligemment ? Nous sommes pires qu'eux en subissant sans rien dire ni faire toutes les avanies que ces gens réalisent à longueur de vie. Même si je n'ai à aucun moment rêvé personnellement d'une retraite, ni orienté ma carrière professionnelle pour en avoir une bonne, je ne comprends pas que l'on s'acharne sur ces gens qui ont travaillé toutes leurs vies pour la terminer dans la misère qu'on leur impose. Je ne parle évidemment pas des retraites de nos ex-présidents, ministres, députés et sénateurs, hauts fonctionnaires qui forment la caste la plus privilégiée en la matière, mais nous avons autant de régimes de retraites que de corporations avec chacune ses privilèges et avantages. Où est l’Égalité de traitement, pourquoi le travail des uns est plus apprécié que le travail des autres, quelle ségrégation justifierait cet état de fait ? Notre Etat est à refaire, à remodeler complètement, à démolir et à reconstruire, nous devons tout recommencer avant que l'ensemble de ce château de cartes ne s'écroule sur nos enfants et nous-mêmes. Alors vas-y Vals, retire les impôts que tu nous as infligés mais cela ne changera rien, tu la prendra ta fessée, parce que tu la mérites, toi et tous les traîtres de ton espèce, traître à tes électeurs d'abord, traître à ton peuple ensuite et traître à tes propres convictions pour peu que tu n'en aies jamais eues…

Pour finir sur une note rigolote, vous avez sans doute entendu parler de l'amende de 60 millions d'euros infligée au PSG, qui en l'occurrence signifie Payer Sans Gloire, pour manque de fair-play financier ? 20 de ces millions sont fermes, c'est déjà pas mal mais pour ma part ils auraient pu demander 500 millions que cela ne m'aurait pas vraiment dérangé. Alors ne trouvez-vous pas bizarre cette association de deux mots complètement étrangers l'un à l'autre ; fair-play et financier ? Pour ma part ce mélange correspond exactement à l'attitude de nos gouvernants à notre égard, ils veulent nous empêcher de comprendre et de penser, alors ils jouent avec le langage pour mieux nous perdre dans les labyrinthes de leur machiavélisme, encore que Machiavel était un génie. Fair-play et financier sonnent chez moi comme loyauté et trahison, comment peut-on dire sérieusement une loyauté traître (ici pris comme adjectif) ? C'est un peu comme le clair obscur de la pensée de Culbuto 1er ou le positivisme négatif de la Vals à trois temps ?

Enfin, si vous en vouliez une nouvelle preuve, en voilà une, vos élus se moquent de vous, tout comme les footballeurs et toutes les stars de notre système basé sur l'avoir au lieu de l'être… Nous ne sommes pas obligés de le supporter, mais c'est ce que nous faisons dans notre léthargie coupable.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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