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« LA » Chronique du week-end… en retard… (95)

"LA" Chronique du week-end... en retard... (95)

Avec ce déménagement, cet emménagement et mes vacances, c'est un sacré bazar en ce moment et vous devez croire que je vous abandonne. Que nenni ! Je suis là et bien là. Juste pour me faire pardonner le décalage de ma chronique et du reste je voudrais revenir sur mon anniversaire. Oui, moi aussi j'ai un gros égo, un vrai, un de quoi on peut être honteux sans avoir peur, je suis né le 27 avril, mais ce n'est pas de mon anniversaire personnel dont il sera question mais bien de celui de l'abolition de l'esclavage dans notre beau pays, le 27 avril 1848.

Eh oui, dans cette ambiance de ponts à répétition, de changement de domicile et de vacances, j'en suis arrivé à oublier de fêter non pas le mien, que j'oublierai avec plaisir mais celui de cet événement majeur de notre culture franco-française, la fin de la traite de l'être humain. Mais est-elle bien finie cette marchandisation de l'homme ? Si nous avons mis plus de trente ans pour appliquer la loi interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans, combien mettra-t-on de temps pour réellement abolir l'esclavage. J'ai une bonne nouvelle pour les esclaves, ça n'est pas encore venu, mais… ça va venir… un jour… peut-être… On nous apprend et on se rassemble contre un fait réalisé par les malades mentaux du Boko Haram, au Nigéria, qui ont enlevé près de deux cents adolescentes pour les vendre comme esclaves. Oui, ça existe encore, mais c'est en Afrique nous rassure les journalistes qui veulent bien nous faire peur mais pas trop d'un seul coup. L'esclavage existe, nous l'avons rencontré et nous le rencontrons tous les jours mais parlons-nous vraiment de l'esclavage ou faisons-nous, à notre habitude, du spectacle avec quelque chose qui, finalement, est plutôt commun et banal. Oui, l'an dernier encore un scandale a touché notre beau Paris à propos de ce fléau qu'est la mise sur le marché d'êtres humains, le plus souvent des femmes. Mais, au moment où les Qatari investissent en force, où les Emirati achètent à tour de bras, où les Saoudiens construisent la plus haute tour du monde, celle qui dominera notre terre et en verra les aspects les plus minables dont ceux de son peuple bâtisseur d'opérette… Tous ces beaux pays qui nous achètent des Airbus mais qui vivent avec leurs lots d'esclaves, à la fois traditionnels mais aussi modernes, ne nous donnent-ils pas une leçon magistrale ? Le titre de ce cours accéléré est « comment faire tout ce que l'on veut lorsqu'on est riche, sans conscience et qu'on traite avec des pauvres sans plus de conscience que soi »…

A quoi cela sert-il de faire tant de battage et de tapage autour d'un fait qui est quasi général en extrême orient et au moyen orient ? Est-ce, comme à l'accoutumée, pour nous cacher la triste réalité de notre univers uniquement motivé par la recherche de l'argent et du profit, pour nous montrer du doigt les gens qui, contrairement à nous, sont des méchants, des pas beaux, qui ont tous les torts et nous aucuns ? De plus, nous avons nous aussi nos propres esclaves car lorsque nous entendons le patron des patrons, le « tête dans les épaules » par le poids de sa suffisance et de son manque d'humanité, nous dire qu'il ne faudrait pas que les salaires n'augmentent de plus de 1 % alors que lui vient de s'attribuer plus de 29 % de plus que l'an dernier, ne nous prend-il pas pour des esclaves ? Pour des moins que rien ? Des crève-la-faim ? Quelle est la différence entre un esclave qui le sait et un esclave qui ne sait pas qu'il l'est ? Quelle est la différence entre celui qui appartient à un maître et celui qui se donne au sien ? Est-ce parce que nous choisissons les chaînes et celui qui nous les passe que nous sommes libres pour autant ? Non, la liberté n'est pas de choisir son maître, c'est de ne pas en avoir. Se lever le matin pour fabriquer des produits qui seront vendus pour payer nos salaires de misère à des gens qui se consacrent de la même manière à fabriquer et à vendre des produits que nous achèterons pour les faire vivre, n'est-ce pas une forme insidieuse de l'esclavage ? N'est-ce pas se priver d'une vie, qui ne devrait pas se consacrer uniquement à des fonctions économiques, mais aussi à la vie elle-même ? A nos enfants, à la réflexion sur notre existence-même ? Je ne crois pas que nous soyons sur cette petite planète juste pour la spolier et nous rendre esclaves de choses qui ne revêtent absolument aucune importance réelle. C'est à cela qu'il faut réfléchir plutôt que de se préoccuper de soucis mineurs tels que le taux de croissance, à l’imbécillité et à la fatuité prégnantes de nos dirigeants. D'ailleurs, regarder bien la photo et vous constaterez que l'acte du 16 pluviôse de l'an 2 parle bien des nègres de nos colonies, plus esclaves mais toujours nègres, cela en dit long…

Donc, je vous souhaite, en retard, un joyeux anniversaire de l'abolition de l'esclavage qui n'est pas aboli pour autant. Soyez attentif lorsque vous choisirez votre maître, ne vous trompez pas car certains sont méchants, regardez Gattaz…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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