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Editôt ou éditard… (101)

Editôt ou éditard... (101)

Nous pouvons nous poser des questions sur l’état de délabrement de l’institution la plus importante de notre pays, l’instruction publique. A l’écoute des professeurs qui corrigent le baccalauréat, qui se font sermonner s’ils ne sont pas assez généreux et qui, donc, doivent revoir leurs copies pour en améliorer la notation à la demande du coordinateur académique, on peut légitimement se poser la question, pourquoi envoie-t-on encore nos enfants à l’école ? Si les diplômes sont donnés en guise de satisfecit d’une présence aléatoire en cours, nous pourrions peut-être éviter des frais en supprimant les examens et en offrant aux élèves leurs bouts de papier sans valeur contre une présence minimum en cours d’année de, disons 50 à 60 %, ça vous va mes agneaux ? Mais tout est à l’avenant…

S’il n’y avait que l’instruction qui était manipulée, ce serait encore supportable. Même si cela est gênant à moyen et long terme, cela sauve le très court terme et permet d’inverser la courbe de la bêtise vers un paroxysme qu’elle n’atteindra jamais par la volonté des hommes à vouloir toujours pousser plus loin les limites de leur stupidité. Ce nivellement par le bas va dans le même sens que le reste, on doit avoir des imbéciles qui votent pour permettre aux professionnels plus ou moins corrompus, plutôt plus que moins, de continuer de gouverner. Et c’est là le fond du problème, aucune démocratie actuelle ne supporte d’avoir d’opposition alors que la démocratie est justement l’art de gouverner en respectant et tolérant ces différences pour en faire une gestion qui convient à l’immense majorité. Nous baignons dans le consensus le plus mortifère, le politiquement correct le plus atone qui empêche la pensée et n’autorise qu’un seul point de vue. Et si, par malheur pour vous vous n’épousiez pas l’opinion générale, vous serez taxé immédiatement de fasciste, de populiste, de révolutionnaire, de tous ces jolis noms d’oiseaux, rares, que les journalistes utilisent pour ridiculiser tout ce qui n’est pas dans le sens du vent soufflé par le pouvoir en place, quel qu’il soit. Tout doit être lisse et facile, pourquoi traumatiser des enfants avec des sujets complexes tirés de programmes dont le niveau est dirigé vers le bas pour améliorer les statistiques de réussite ? Ce n’est pas dans la réussite que l’homme progresse, c’est dans l’adversité, dans la difficulté, dans l’échec. Évidemment il ne s’agit pas de pénaliser les enfants mais bien de leur demander de savoir ce qu’on leur a enseigné, au moins cela, ce n’est quand même pas beaucoup. Ils ne connaissent pas la géographie de leur propre pays, pas l’histoire non plus, pas plus l’orthographe ou la grammaire, on ne les forme pas à la réflexion personnelle, on leur demande simplement de rentrer dans un moule où les nouvelles technologies, entrées de force à l’école, les lobotomisent et les rendent addictes à des comportements antisociaux. Oui antisociaux, Facebook n’est pas un organe social en tant que tel, il ne favorise aucune communication en profondeur et ne sert qu’à véhiculer des images de soi sans aucun égard pour les autres, la communauté à laquelle on appartient. Nos enfants sont encore plus gâtés que nous l’avons été par des parents au sortir de la guerre qui se croyaient coupables de tant de souffrance et de barbarie.

Que va-t-on faire des illettrés qui possèderont le bac dans quelques jours ? Facile, il faut le diplôme pour rendre heureux enfants et parents, ils l’ont. Mais il faut aussi que nous limitions l’accès aux études universitaires qui coûtent si cher à la société. Le filtre est donc déplacé d’un cran, voire de plusieurs. La sélection, au lieu de se faire avant se fait après. 50 % des inscrits disparaissent avant la fin du premier semestre de cours dans les facultés de droit. Seulement 50 % de ceux qui restent obtiennent leur passage en deuxième année sans rattrapage auxquels s’ajoutent ceux qui réussissent l’épreuve salvatrice et qui font monter la statistique péniblement à 60 %. Ceci nous donne 30 % des inscrits au total et en arrondissant. Quel terrible échec pour notre instruction, quelle terrible catastrophe pour nos enfants et petits-enfants. Non seulement le niveau baisse chaque année un peu plus mais malgré cela la sélection ensuite ne permet pas de continuer de trop tricher sinon nous n’aurons que des analphabètes en guise de population… Mais n’est-ce pas cela que tous les pouvoirs confondus souhaitent dans le secret de leurs alcôves, dans les méandres de leurs cerveaux mobilisés par leur ego et leur recherche inextinguible du profit et de la jouissance immédiate ? Les moutons sont plus facilement manipulables que les bergers, n’est-ce pas ? Alors, nous allons faire de la majorité de nos citoyens des moutons et les bergers seront les enfants des nantis, les enfants de leurs frères de caste et ceux de leurs amis. Ne voyez rien de gauchiste dans mon propos, ce que je viens d’écrire est vrai pour la gauche comme pour la droite, les deux versants de la stupidité politique sont, sur ce terrain complètement en harmonie, ils veulent que nous soyons nuls… Et, je dois dire… Que dans ce domaine, leur réussite est éblouissante ! Je suis épaté de voir à quel point cela fonctionne bien, nos gouvernants successifs et corrompus, de tous les partis, peuvent au moins se vanter d’une chose… Ils ont réussi à nous lobotomiser…

Mais certains tentent de résister, j’en fais partie comme beaucoup d’autres. Ne craignez pas de ne pas être d’accord avec la majorité, je dirai même que de cela dépend votre salut et celui de votre progéniture…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

2 Comments

  1. Pangloss Répondre

    Tout à fait d’accord. Le diplôme du bac est devenu un chiffon de papier inutile sauf pour tranquilliser les parents. La sélection se fait pendant les études supérieures et le niveau des diplômes universitaires n’a aucun rapport avec ce qu’il était il y a cinquante ans. Comment s’étonner que le niveau des enseignants at suivi cette pente. Ce matin, sur France-Culture (!!!) un professeur a attribué "Les plaideurs" à Molière sans avoir été repris par le journaliste qui l’interrogeait.
    Après ça, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.

    1. Haroun Répondre

      Bonjour,
      Eh oui, alors que chacun sait que "Les plaies d’heurts" sont l’œuvre de brutes épaisses qui prennent Racine en baillant aux Corneille… Les incultes et les analphabètes sont l’avenir de la politique, en tout cas nos politiciens en profitent assez…
      Bonne journée.

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