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« La » Chronique du week-end… (102)

"La" Chronique du week-end... (102)

Le directeur général de la BNP, Bande de Nuls au Pouvoir, a envoyé à tous les salariés de cette institution, qui s'est crue plus maligne que les éminents juristes étasuniens et autres personnels administrativo-financier de Washington et de New York, une lettre relatant que la sanction qui sera infligée à leur établissement sera très lourde. Quelle nouvelle ! Quelle surprise ! Depuis les dernières amendes données à d'autres banques tricheuses, qui se chiffraient elles-mêmes à des centaines de millions ou de petits milliards, on sentait bien que cela n'allait pas s'améliorer, surtout lorsqu'on parle de pays sous embargo…

Mais le souci n'est pas là… Pourquoi ce DG écrit-il à sa population d'employés alors qu'ils ne sont rien d'autre que des charges dans le bilan qu'il établit chaque année et les budgets qu'il suit à la lettre pour assurer les meilleurs profits possibles à ses actionnaires. Pourquoi est bien la question qui fâche toujours ? C'est d'ailleurs souvent la seule question qui vaille vraiment la peine d'être posée. Alors comme ce monsieur (minuscule à monsieur comme lui-même) ne répondra pas à cette question sans essayer de nous endormir avec ses arguments fallacieux et mensongers, je vais l'aider, je vais même répondre ce qu'il ne nous dira jamais parce qu'il y perdrait son emploi, hautement rémunéré, à la hauteur de sa roublardise et de son extrême allégeance au Dieu argent et ses affidés. Alors pourquoi ce joli courrier, bien tourné et relu par au moins une vingtaine de personnes dont le responsable en communication et le DRH de la maison ? Il y a plusieurs raisons, toutes aussi mauvaises les unes que les autres, mais ô combien utiles dans l'amortissement rapide de cette amende fatidique que les hautes instances ont négociée avec les autorités américaines. Parce qu'il ne faut pas l'oublier, cette amende est déterminée en accord entre les parties, c'est à dire le pouvoir financier américain et la banque elle-même. Ceci signifie que la banque a jugé intéressant d'en finir avec cette affaire au prix convenu entre elle et son ennemi du jour. Croyez-vous qu'en acceptant un pareil montant, je vais dire entre 7 et 9 milliards de dollars, la banque n'y trouve pas son compte ? Elle le trouve pour deux raisons au moins, la première est qu'un passage en justice lui aurait coûté encore plus, la seconde est qu'en limitant les dégâts à ce montant, elle compare ce qu'elle a gagné avec ses tricheries et ce qu'elle peut encore gagné en trafiquant aux USA, en continuant à jouir des marchés très libérés américains pour récupérer très vite ce qu'elle aura payé en pénalités.

Mais revenons au courrier et à ses réelles motivations… En fait, la première raison apparaît en filigrane, c'est la responsabilisation du personnel global dans cette triste aventure. En partageant avec ses employés cette triste nouvelle, le DG annonce aussi que c'est la banque dans son entier qui est pénalisée, ceci le dédouane lui-même de son entière responsabilité tout en en répartissant les effets désagréables sur les épaules de tout un chacun parmi le personnel. Cette culpabilité est d'autant plus nécessaire qu'elle sera utilisée pour d'autres raisons et en particulier pour l'amortissement de cette immense perte. En effet, d'abord on dit à ces guichetiers, sans intérêt pour le DG, qu'ils partagent la responsabilité de ce désastre, ensuite on va leur expliquer qu'il faut resserrer les rangs et trouver des solutions pour ne pas être ruiné… Il va falloir sacrifier du personnel pour s'en sortir par le haut, ils aiment bien dire ça. C'est une façon amusante et rapide d'amortir la sanction. En effet, on élimine une « charge fixe et énorme », récurrente puisque mensuelle avec la bénédiction des services de l'inspection du travail et du ministère y afférent car il s'agit de la survie d'un éléphant de l'économie française… Cette économie ne se limitera pas à la période de l'amortissement, je suis prêt à parier que la BNP n'embauchera pas à la fin de l'amortissement de son règlement punitif. Voulez-vous parier contre moi ? Donc cette économie est définitive, ce qui nous vaudra des personnels en agence en moins et des machines en plus et partout. Bravo la BNP, vous êtes très forts ! Mais ce n'est pas fini, ils responsabilisent le personnel pour mieux les renvoyer, pour équiper en automates leurs agences vides de vie, mais en plus tout le haut management de l'entreprise est protégée et ne payera pas les conséquences de ses méfaits. Car il ne m'apparaît pas possible que ces braves gens ne savaient pas ce qu'ils faisaient, ils le savaient mais en passant par toutes leurs sociétés off-shore et leur paradis fiscaux ils crurent tromper l'oncle Sam, que nenni, ce n'est pas au singe qu'on apprend à faire des grimaces…

Non seulement ils savaient, mais l’appât de tous ces gains mirobolants ne pouvaient pas ne pas attiser leur cupidité et les bonus qui en suivraient. Que la BNP ferme et qu'elle aille en enfer serait la preuve de l'existence d'une éthique dans les affaires, même si les arguments américains sont aussi fallacieux que ceux de leur opposée. Et les chômeurs me direz-vous ? Et oui, c'est encore là que d'autres chantages apparaissent et nous pourrissent la vie. Mais moi, je ne marche pas, l'éthique d'abord et les biens de la banque, repris sans aucune indemnité par l’État et vendus à l'encan, serviront de primes de licenciement au personnel, ils n'y perdront pas…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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