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« LA » Chronique du week-end… en retard… (99)

"LA" Chronique du week-end... en retard... (99)

C'est étrange comme il m'arrive, à chaque fois que je voyage, une envie irrésistible de m'installer dans les lieux que je visite. Je ne me sens bien que dans les endroits qui me plaisent, voire qui m'enchantent, mais j'ai un problème, un gros… Je me plais partout. J'ai bien des petites préférences mais il est vrai que, à ce niveau là, je n'ai pas l'air très compliqué. Sur beaucoup d'autres points, ce n'est pas le cas, mais là, je suis très facile.

En ce moment je suis en Grèce, sur une petite île qui a l'intelligence de ne pas avoir d'eau, ce qui empêche un développement touristique stupide, tel que les hommes le conçoivent pour faire d'immenses profits au détriment de la planète qui les a engendrés… J'ai la chance d'avoir des amis qui ont une maison ici, ce n'est pas le palais d'un armateur mais la dimension d'une maison est proportionnelle aux cœurs de ses propriétaires. Leur maison est immense. Le ciel est bleu, la garrigue est parfumée de la sauge et du thym sauvages qui la recouvre, quelques moutons et chèvres broutent le peu d'herbe disponible et nous ravissent de leurs fromages délicieux. Que peuvent les Hollande, les Copé, les Vals, les Sarkozy au regard de cette nature, certes domestiquée et asservie par l'homme, mais toujours libre, belle et grandiose. Je suis un contemplatif, je m'esbaudis d'un rien et suis en admiration permanente de cette nature, de cette beauté sans limite et sans âge qui s'offre à mes yeux bouffis de certitudes qui n'en sont pas et n'en seront jamais. Face à cet environnement merveilleux, je doute de tout, y compris de moi-même, je ne sais plus qui je suis dans cette infinie splendeur que revêt notre petite terre, si minuscule et si démesurée, minuscule par sa taille, démesurée par ses magnificences. Dans la langue fourchue des hommes de pouvoir, la nature et ceux qui la vénèrent sont classés à l'extrême droite, comme des réactionnaires, des volontaires et des admirateurs de la régression, du retour à l'âge de pierre. Ce phénomène, pour le moins étrange et contraire à la réalité, a trouvé son paroxysme et sa justification lors du retour à la nature prôné par Pétain. Cela permet depuis aux imbéciles de classer les véritables écologistes, je ne parle donc pas de ceux qui étaient ministres sous le premier Hollande, dans le clan des fascistes et des candidats au retour de l'homme dans les cavernes. Ceci est évidemment faux et il suffit aujourd'hui de ne pas être en accord avec le politiquement correct ambiant pour être taxé de réactionnaire, de rétrograde, de fasciste et parfois même de nazi. Que de facilité à baptiser les gens de noms d'oiseaux, je le fais moi-même souvent mais pas pour les mêmes raisons. Que de fainéantise intellectuelle nécessaire pour garder ses prébendes, pour conserver le semblant de pouvoir qui repose sur la résignation de ses esclaves à la fois consentant et dans l'acceptation de leur misère humaine et leur déliquescence mentale. Nous voyons de part et d'autre de ce marché de dupes, que c'est la même tendance à la paresse qui résout le problème de la répartition des pouvoirs. Les uns se contentent d'émettre un avis qui se veut celui qui contient en lui-même toute La Vérité et donc banni toute autre forme de pensée libre et autonome, les autres acceptant cette vérité fausse mais qui leur permet de ne pas penser par eux-mêmes et de laisser aux abuseurs de confiance qui les gouvernent le soin de continuer à les spolier de toutes leurs richesses, matérielle et spirituelle.

Mais personne ne détient La Vérité, nous avons chacun la nôtre, enfin pour ceux qui pensent encore un peu. L'écologie politique, à la manière des précurseurs contemporains ou du siècle dernier, sont tout sauf des rétrogrades, etc. Ils sont à la fois aussi éloignés du fascisme que Copé de l'honnêteté ou Hollande du mensonge que proches de l'être humain et de ses valeurs intrinsèques. Leurs buts, contrairement à ce que disent d'une seule voix toutes les tendances politiques connues et reconnues, ne sont rien d'autre qu'un retour à la condition humaine et aux relations intra-sociétales basées sur la communication réelle et réfléchie entre des êtres autonomes et libres, libérés du carcan imposé par une société consumériste sans but et sans gloire. Jacques Ellul ou Bernard Charbonneau ne sont pas plus pour le retour à la bougie que n'importe qui. Pierre Rabhi ne prône rien d'autre qu'une sobriété heureuse dans laquelle l'Homme aura repris tous ses droits et devoirs envers une mère nourricière qu'il ne cesse de honnir. Pourquoi faut-il toujours que le profit ou l'intérêt personnel gâche un paysage qui se voudrait extraordinaire ? Tout repose sur la grandeur et la médiocrité de l'homme. Un être n'est caractérisé que par ses actes et rien d'autre, si nous devions être jugés sur les nôtres, je vous laisse imaginer le nouveau déluge…

J'ai une chance terrible, celle d'appartenir au monde des nantis, de ceux qui peuvent ne pas se poser de questions car la vie, celle que nous avons choisie volontairement ou non, nous a comblé et moi en particulier. J''ai tout ce qui m'est nécessaire, je mange et je bois, j'ai un toit et du travail ; j'ai ce qui m'est indispensable, des gens à aimer et qui semblent m'aimer aussi ; j'ai le superflu, je pense librement et tente désespérément de me libérer des fardeaux imposés par une société que je rejette dans sa petitesse. Mais au-delà de tout, j'ai l'espoir… L'espoir d'un monde meilleur où nous ne serons plus des étrangers mais des frères, qui n'auront de cesse de travailler et lutter jusqu'à ce que tous les hommes soient libérés de leurs chaînes et puissent vivre dans la dignité.

C'est croire que le soleil grec, sous lequel je vis en ce moment, m'inspire… A très bientôt.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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