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Editôt ou éditard… (103) La conférence sociale ou les cons féroces si sales ?

Editôt ou éditard... (103) La conférence sociale ou les cons féroces si sales ?

Que veut dire cette réunion entre gens qui font mine de ne pas vouloir se parler alors que leur dernier souhait est bien d’être absent d’une conférence où ils ont tout à gagner, les patrons comme les syndicats. Les patrons d’abord parce que notre ennemi de la finance s’est trouvé un amour sans limite pour tous les patrons même ceux de la finance, c’est ce qu’on appelle un retour d’affection, non ? Pour les syndicats, qui ne représentent personne, puisque nous sommes un des pays les moins syndiqués d’Europe, ils se garantissent un pouvoir de représentation qui devrait normalement ne les conduire nulle part puisque la plupart du temps, ils se font doubler par leurs propres militants.

De quoi vont-ils donc parler tous ces braves gens qui ne manqueront pas de sabrer le champagne pour fêter le recul sur la pénibilité de la bande aux commandes de l’Etat ? Ils ne vont parler de rien, vraiment de rien parce que tout est décidé d’avance, tous est réglé depuis des jours, chacun sait ce qu’il est prêt à céder, enfin là je parle des syndicats, parce que les patrons ne cèdent sur rien et empochent sur tout. Moi qui ne suis pas de gauche et encore moins de droite, je me mets à la place des socialistes d’antan, ceux d’avant le 6 mai 2012, et je me demande ce qui fait qu’ils ne pleurent pas à longueur de journée sur le corps d’un socialisme en pleine décomposition. En fait, de trahison en trahison, les ex socialistes, remplacés par les sociaux-démocrates bobos du 16ème arrondissement, sont bel et bien oubliés, ils sont les perdants d’une adaptation à la société de marché et de consommation voulue et vénérée par tous les adeptes du pouvoir à tout prix, à droite comme à gauche si on peut encore l’appeler gauche. Nos acteurs vont monter sur scène pour nous jouer les jeunes vierges effarouchées, alors qu’ils savent déjà très bien jusqu’où ils vont nous trahir une nouvelle fois, d’ailleurs sachant leurs textes par cœur depuis des semaines, ils n’auront aucun mal à respecter une mise en scène, tirée au cordeau, qui ne pourra que les mettre en valeur. Chacun campera sur ses positions, faisant preuve d’autorité et de ténacité face à l’ennemi juré devant les caméras, ennemi juré qui devient l’hôte de choix des meilleurs restaurants dès que celles-ci sont rentrées vider leurs mémoires dans les nôtres. Et nos Pujadas, Chazal et compagnie qui vont nous la jouer tragique, « chacun des participants a bien failli ne pas se rendre à la conférence faute de garantie sur ses demandes » sauf que tout le monde est là à grignoter à tous les râteliers.

De nos jours, les patrons ont tout à gagner à demander le plus possible et sans arrêt, ils ont face à eux des faces de lune qui n’ont pas d’autres velléités que de se couvrir d’or avant de se faire jeter dans 3 ans. Il m’est interdit de croire en ce que dit un Pierre Gattaz, vu que ce monsieur (minuscule à monsieur tout comme lui-même) fait déjà chez lui le contraire de ce qu’il recommande de faire à ses paires dans le cadre des échanges ayant eu lieu sur le pacte de responsabilité. On ne peut pas faire confiance à des bonimenteurs qui ne recherchent que le profit à court terme sans se soucier de l’avenir de leurs propres employés. Mais ce qui est vrai pour les patrons l’est aussi pour les syndicats comme pour les gouvernants qui organisent cette jolie sauterie. Aucun parmi les syndicats et encore au gouvernement ne se préoccupe réellement des désirs des salariés. Tout est organisé pour faire mine de négocier mais en fait, et nous le voyons dans tous les conflits où la base ne dépasse pas la tête du syndicat, les organisations syndicales ont abandonné le terrain de revendications pour celui du partage du pouvoir et des profits qu’il suscite. Si la base s’emballe et devient plus revendicative que la tête du syndicat, dans ce seul cas, les cadres de celui-ci sont obligés non pas de diriger leurs troupes mais de les suivre. Nous l’avons vu à la SNCF, les intermittents du spectacle et nous le verrons encore plus dans l’avenir, tellement la complicité des syndicats et du patronat, sous le couvert du gouvernement, est évidente et ne cesse de troubler les masses laborieuses laissées à l’abandon et dans l’autogestion de leurs conflits, contraires aux lois du marché et aux directives de leurs chefs.

Encore une fois, on ne fait pas de politique mais de la communication, cela en devient éreintant. On ne fait pas de syndicalisme mais de la parade. Seuls les patrons font ce qu’ils ont à faire, défendre leurs profits au détriment de toute la population qui leur permet de les générer. Pour une fois que nous avons un partenaire social qui tient ses engagements on ne va tout de même pas se plaindre, non ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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