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Editôt ou éditard… (104)

Editôt ou éditard... (104)

Après ce nouveau long week-end, je voulais faire un éditorial qui avais du sens, normal, après un long farniente on est souvent en pleine forme et on veut le montrer… Reste à savoir à qui… Bien m'en prit car, dans un moment d'inconscience totale, j'avais acheté Le Monde du et son magazine de fin de semaine. Et c'est là, une fois encore, que je me rendis compte du manque de limite qu'imposait un politiquement correct aux ordres des pouvoirs en place… Non pas de limite dans le plus de franchise et de réflexion mais l'inverse, l'attachement à l'insignifiant, le manque réel de toute analyse personnelle et de besoin de vérité.

Dans le magazine, je trouvai un article, de Emeline Cazi, très connue dans son immeuble, sur la complicité entre Sarkozy et Buisson dans la rédaction des discours qui eurent lieu le 27 février 2011 et le 2 juillet 2014… Mais vous allez me dire que je divague complètement, Buisson ne faisait plus partie de l'équipe sarkozienne lors de sa dernière prestation télévisée du début de ce mois ? Oui, effectivement, Buisson n'était plus la tête pensante de notre ex président mais son empreinte l'était, elle, et peut-être même plus que son empreinte. Cette journaliste nous sert un plat réchauffé qui dédouaner quelque peu Sarkozy de sa politique droitière de sa fin de mandat et de sa campagne présidentielle hors de prix. Déjà le titre de son article faisait la part belle à la victime Sarkozy, « la petite fabrique d'un discours politique », cela ramenait le sujet à une création collective d'un texte qui devait convaincre les Français d'une complète innocence de l'ex dans son dernier passage devant les caméras et de sa compétence extrême dans celle de février 2011. Même si les textes étaient différents, le but était le même, manipuler l'opinion, en lui racontant ce qu'il voulait entendre, faire passer des idées très frontistes dans la bouche de Sarkozy en 2011 et le victimiser en 2014. Mais en prêtant à Buisson une manipulation machiavélique, où Sarkozy jouait le rôle de manipulé, l'auteur de cet article tente de le déresponsabiliser de son comportement droitiste extrême pour lequel il opta dans sa fin de règne. Or si notre ex président était si facilement manipulable, méritait-il notre confiance, n'avons-nous pas besoin de gens responsables et probes dans l'exercice des plus hautes fonctions de l'état ? Si n'importe lequel des vendeurs à la sauvette du FN peut se prétendre inspirer un président de notre République, nous sommes en présence d'une alternative infernale où les deux solutions proposées sont aussi dramatiques l'une que l'autre ; soit l'inspirateur est d'une qualité grandiose et possède des compétences profondes dans la manipulation de gens supposés brillants, soit la personne manipulée est un simple d'esprit facilement contrôlable. Dans l'un ou l'autre cas, les dindons de la farce sont les Français car c'est à notre détriment que la compétence de l'un et la docilité de l'autre seront mises en œuvre et peut-être même ensembles.

Mais, une fois de plus le problème n'est pas là où on nous le montre… Que Sarkozy soit manipulable ou pas, peu me chaut. Ce qui est fondamental est que nous n'avions pas, et n'avons toujours pas, l'assurance que devrait nous donner notre président qu'il est l'exemple à suivre. Dans un passé, pas si lointain, il nous suffisait de regarder nos modèles pour savoir comment agir dans les situations où nous étions confrontés dans nos vies respectives. Il ne s'agissait pas de copiage, de mimétisme, simplement d'un exemple qui nous était donné par la personne en qui nous avions mis notre confiance. Nous retrouvons ce type de comportement dans les relations de confiance uniquement, comme celles de parents vis-à-vis de leurs enfants, d'un homme charismatique qui dirige une entreprise ou une association, d'un chef auquel nous avons demandé de nous mener vers le bonheur comme le dit si bien notre Constitution dans ses premiers articles. Nos exemples nous forgent un comportement qui leur est naturel ou qui le semble, et qui de ce fait nous pousse à croire en leur honnêteté et dans le bien que nous aurions à tirer si nous faisions comme eux. Le chef doit donner l'exemple, mais le bon. Or force est de constater que le royaume du « Fais ce que je te dis et ne fais pas ce que je fais » est le nôtre. Nous n'avons plus d'exemple à suivre qui le mérite vraiment. Avec un ex président qui trempe dans une multitude d'affaires toutes aussi douteuses que perverses et lamentables, quel type d'exemple avons-nous eu ? D'ailleurs ne voyons-nous pas les conséquences de cette absence totale de moralité dans les rapports qui nous unissent à nos entourages, ou entre les patrons et leurs employés, entre les joueurs en bourse et les salariés remisés au rôle détestable de produits dont on se débarrasse comme de vulgaires outils cassés. Nos exemples ne sont pas les bons et si nous suivons ceux qui nous sont montrés, honte à nous, nous devenons les complices de ceux qui nous les donnent.

Nos seuls modèles publics nous montrent leurs turpitudes et leurs malversations, nous ne devons pas les suivre sur cette voie maléfique. Je compte bien commencer une petite série d'articles qui aura pour thème l'exemplarité, chose rare mais ô combien utile dans ces temps où les mœurs changent à la vitesse de la lumière…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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