Log In

« LA » Chronique du week-end… (104)

"LA" Chronique du week-end... (104)

Je vais finir par croire que ma chronique du week-end est en train de devenir le refrain hebdomadaire de la stupidité productiviste employée à la dégradation de notre planète et donc de l’humanité. Il est étonnant de constater que toutes les tendances politiques officielles, je parle de tous nos partis politiquement corrects, depuis les gentils révolutionnaires, Besancenot ou Poutou, jusqu’aux frontistes les plus délabrés, tous sans exception sont des partis productivistes qui ne parlent que de croissance et de retour au bonheur par l’abondance d’objets plutôt que par l’abondance de bonheur. Encore faut-il définir le bonheur, mais uns seule est sûre, le productivisme ne l’est pas…

Que nos agriculteurs, complètement empoisonnés par les produits qu’ils se plaisent à poser délicatement sur leurs prés, leurs champs, ou dans les aliments de leur bétail, ne sont-ils pas prêts à faire pour devenir plus riches ou en tout cas d’essayer ? Commençons par les données du problème. Savez-vous qu’une vache produit aujourd’hui 10000 litres de lait par an au lieu des 4000 qu’elle produisait jadis ? Savez-vous que ‘on reproche aux vaches de polluer l’air et de participer activement à l’agrandissement du trou de la couche d’ozone par l’entremise du méthane qu’elle dégage par leurs diverses flatulences et autres vents ? Le Canard Enchainé nous donne ces quelques indications. Alors évidemment pour passer de 4000 à 10000 litres de lait on les « aide » un peu en les alimentant, au lieu du fourrage auquel elles sont habituées depuis des siècles, avec des aliments comme de la pulpe de betterave, des tourteaux de maïs ou de soja nappés d’une délicieuse mélasse de canne à sucre remplie de glucide. Or ce sont justement ces glucides en particulier qui favorisent la fermentation microbienne qui remplit le rumen des vaches et donnent le méthane. Alors que font nos agriculteurs, si écologistes et enamourés de leurs frères humains, pour ne pas détruire la couche d’ozone ? Ils ajoutent un autre ingrédient dans les aliments de leurs belles bêtes gonflées comme des ballons, du nitrate, c’est vous dire qu’ils nous aiment, nos agriculteurs. C’est de l’homéopathie animale, on soigne le mal par le mal, sauf que là on ne soigne pas, on repousse le problème, comme d’habitude dans les pays développés. Que les voitures lâchent dans l’atmosphère 4600 millions de tonnes de CO² et les animaux 424 millions de tonnes ne fait rien d’autre que d’attiser la volonté de lutter contre la pollution animale qui est en train de passer pour la dévoreuse d’ozone alors que nous ne faisons pas grand-chose pour ralentir la pollution automobile responsable réelle de la pollution des airs avec ses camarades industriels.

Comme nous le voyons une fois de plus, la productivité, le gavage des consommateurs, l’ensevelissement des humains sous une pléthore d’objets ou d’aliments fait partie de la définition du bonheur politiquement correct. Maudit sera celui qui s’opposera à la marche inéluctable et radieuse du progrès et de la science salvatrice. Tous veulent nous faire manger de la cochonnerie, dans le mauvais sens du terme car la charcuterie, lorsqu’elle est bien faite, est succulente, tous veulent nous faire posséder plein de téléphones, de voitures, de meubles, de tout ce qui va rendre nos vies étincelantes de joie et d’allégresse. Mais cela ne fonctionne pas, cela va même en sens inverse, plus les gens ont, plus ils veulent, plus ils sont avides et égoïstes et moins ils connaissent le plaisir de la satisfaction, une des rares voies qui, on le sait, mènent réellement au bonheur commun. Sans satisfaction, il ne peut y avoir de bonheur, c’est un fait patent que nos industriels et politiques s’ingénient à nier. Mais le problème est-il là où il semble se situer ? Non, ce qui est la preuve que nous marchons sur la tête est que plutôt que de revenir à un monde plus mesuré, moins dans les excès, dans tous les domaines, on persévère sur le chemin de la catastrophe, sur l’itinéraire qui nous envoie dans le mur de la destruction du monde qui nous a donné vie et qui continue à nous faire survivre alors que nous le détruisons à petites touches plus ou moins dévastatrices. On ne se remet absolument pas en question, nous savons tous que nous allons dans le mur mais ne pouvons faire autrement que d’accélérer de plus belle pour être certains des conséquences désastreuses du choc lorsqu’il aura lieu. Nous ne voulons pas voir la vérité en face, notre monde ne tourne pas rond, nous courons à notre perte si nous ne nous réveillons pas. Mais ce n’est rien encore, toujours nos « amis » agriculteurs, pervers sans le savoir, manifestent pour continuer de déverser leurs épandages empoisonneurs près des écoles. A la suite d’une intoxication d’une institutrice et de sa classe en Gironde, la décision de repousser les limites de proximité des lieux d’enseignement et des épandages coupables, la gente agricultrice protesta et détruisit les bureaux de la DREAL qui veille à l’environnement. Nos agriculteurs sont tellement empoisonnés par leurs produits maudits qu’ils en perdent le sens commun, pauvres hères, autrefois si noble, le métier de la terre appartient maintenant aux industriels de la dévastation.

Le mot de paysan attire tout mon respect, celui d’agriculteur n’attise que mes plus mauvais sentiments, oui, je suis contre ce progrès, contre cette science qui se croient omnipotents et s’autorisent à nous détruire dans notre plus profond renoncement à la vie, notre acceptation tacite à la disparition de toute nature au profit de billets de banque. Oui, je revendique mon détachement de ce monde sans le moindre bon sens et je crois qu’il vaut mieux un univers rétrograde que destructeur. De deux maux ne faut-il pas choisir le moindre ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com