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Sans le racisme, Harlem Désir ne serait rien ?

Sans le racisme, Harlem Désir ne serait rien ?

Lors d’un de mes derniers articles je faisais allusion au fait que nous avions du sang de noir dans nos veines, un de mes visiteurs habituels me fit un commentaire sur cette formulation, commentaire fort justifié. Mes propos n’étaient pas assez clairs et sous prétexte d’une meilleure compréhension de mes idées ; les images que j’avais choisies avaient semé un certain doute sur leur but. Bien évidemment, il n’était pas question de dire autre chose de ma part que le sang qui coule dans les veines de tous les êtres humains est bien le même, que l’on soit d’extrême orient, d’Afrique ou européen, nous avons bien le même sang et si, par bonheur, vous donniez le vôtre dans n’importe lequel des endroits du globe, vous sauveriez peut-être une vie… Quelle que soit sa couleur.

Mais mes mots ne sont pas encore assez clairs et pour aller vraiment au fond de ma réflexion, c’est bien l’unicité de l’homme avec et dans la nature qui est le fondement de ma pensée. Nous sommes partie de la nature et notre évolution n’en est que l’aboutissement logique du fait de l’assemblage particulier des cellules qui forment l’entièreté de notre originalité vis-à-vis du reste de la nature. Nous sommes un avec l’univers, nous sommes un avec la nature qui nous entoure et nous a permis d’arriver là où nous en sommes, quoique que les évènements en Palestine puissent attester du peu de respect que nous avons de nous-mêmes et du monde qui nous a donné vie. Mais je vais encore plus loin, je remets en question, je réfute la théorie des races (celle de l'Anglais Houston Stewart Chamberlain ou du Français Georges Vacher de Lapouge ou encore d’Arthur de Gobineau), je remets en question et je réfute également la théorie, si positiviste pour les puissants que nous sommes, de l’évolution (celle bien connue de Charles Darwin). Il faut chercher les véritables raisons de l’existence de ces théories et des moments où elles naquirent. Les XVIII et XIXe siècles ne sont pas seulement ceux des lumières et de la révolution technique, ils ont aussi leur côté religieux et leur côté minable. [D’ailleurs à ce titre j’attire votre attention sur un fait acquis depuis des décennies, on critique le Moyen Age en en parlant comme une ère où rien ne se passait, c’est une insulte à l’histoire. Il s’est passé des choses beaucoup plus importantes que nous le croyons communément et peut-être plus intéressantes que la machine à vapeur, je vous laisse le soin de chercher par vous-même, ce sera d’autant plus enrichissant.] Je doute de ces théories racistes et fumeuses ainsi que de leur réel intérêt pour l’espèce humaine qui n’en est pas mise en valeur par l’entremise de l’esprit judéo-chrétien persistant et agressif qui caractérisaient leurs auteurs. Résumer la vie à un jeu de pouvoir est la preuve du parti pris de nos savants, aidés en cela par l’église et les pouvoirs de l’époque, et qui ne furent que rarement remis en question tellement cela nous convenait d’être « mieux » que les « nègres », les « jaunes », les « rouges », et toutes les couleurs qui font la différence et la magnificence du genre humain. Ce ne sont finalement que les religions qui firent que cette classification des couleurs et des genres donna lieu à une échelle de valeur établie par ceux qui se désignaient eux-mêmes comme les plus capables de juger. Parce qu’en fait le racisme se résume à cela, une évaluation des qualités intrinsèques de l’homme en fonction de critères subjectifs. Par exemple, ma détestation totale des porteurs de lunettes pourrait être comprise comme du racisme si elle me faisait dire que ceux-ci sont moins intelligents que ceux qui n’en portent pas… Mauvais exemple, je porte des lunettes… mais le raisonnement reste vrai. C’est bien de la valeur des gens dont il est question au travers des critères choisis pour les différencier. Sans cette évaluation ce ne serait pas du racisme. Or la théorie des races comme la loi de l’évolution ne reposent que sur ces évaluations qualitatives alors qu’elles n’apportent aucune preuve scientifique de la véracité de leurs propositions. Aucune. C’est encore une fois une question de religion, on a accepté une théorie parce qu’elle nous convenait. C’est un peu comme la religion que nous avons bâtie autour du progrès et du culte de la science qui nous rendent l’un et l’autre intégristes de la modernité à tout prix. Celui qui est contre la science ou le progrès doit être éliminé, comme disait Guy Béart, et c’est ce que ne se privent pas de faire les médias et le pouvoir.

Je vais aller encore plus loin, après avoir lu « le matin des magiciens » (j’en parlerai bientôt car ce livre est plus qu’intéressant), je me suis renseigné sur l’inspiration religieuse qui poussa Hitler à vouloir décimer tous les adeptes de la religion juive. La confusion la plus totale régna souvent parmi les juges du tribunal de Nuremberg lorsqu’ils s’aperçurent que du haut en bas de la hiérarchie nazie, les convictions reposaient sur une espèce de concept religieux, de mythe source d’un comportement respectueux de cette croyance nouvelle et complètement folle. La dichotomie entre une tête du régime en prise à une démence totale, une quantité d’officiers complètement endoctrinés et sans cervelle et une masse de lâches qui ne voulaient pas risquer leurs vies en n’obéissant pas aux ordres, cette dichotomie est stupide et ne correspond pas à la réalité. Le problème était et est toujours plus complexe. Hitler était vraiment illuminé et sa religion barbare en était la conséquence. Mais ces recherches et ces études ne seront jamais faites car elles remettraient en question l’ordre établi et les équilibres des religions monothéistes entre elles et en particulier la position d’Israël. Aucun état ne prendra le risque de comparer la théologie nazie à quoi que ce soit ne prenant déjà pas celui de dire qu’elle existait, pour le plus grand mal de l’humanité et la honte du genre humain. Alors que mon sang soit noir, jaune ou bleu, peu me chaut, ce qui compte à mes yeux est que nous avons le même. Qui osera affirmer et en apporter les preuves que nous sommes plus ou moins heureux que les noirs, les jaunes ou justement les bleus ? Le bonheur, contrairement à l’économie ne se mesure pas avec un mètre étalon, il se ressent, il émeut, il touche quand il existe et il existe partout. Personnellement la conviction qui me tient tant à cœur est que moins nous avons plus nous approchons du bonheur.

Nous pouvons peut-être mettre une condition expresse à ce raisonnement ; que ceux qui possèdent tout y compris le superflu ne viennent pas narguer stupidement les misérables, car eux, les sans-grade, savent plus facilement se contenter de ce qu’ils ont alors que ces riches gavés de tout ne connaissent que l’insatisfaction permanente. Qui est plus près du bonheur ? Je ne sais pas mais j’ai un doute…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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