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Editôt ou éditard… (107)

Editôt ou éditard... (107)

J’ai acheté le premier numéro d’un nouveau magazine, le titre vaut son pesant d’or, « Humanoïde », tout est dans le titre justement. Beau magazine qui sent l’argent et dont les journalistes souhaitent parler des nouvelles technologies et de leur application sur les hommes et dans leur environnement. C’est comme cela qu’ils nous chantent, dans un élan qui pousse au trans-humanisme, les louanges de la communication ultra rapide, du « binge watching », et enfin de tout ce que l’homme peut supprimer de tâches qu’il peut déléguer à un outil technique.

Nous avons du mal à nous comprendre entre êtres humains, et c’est certainement pour ça que les scientifiques et les adeptes des cultes du progrès et de la technique ont dans l’idée de nous changer en machines. Peut-être que lorsque nous serons ce que les multinationales rêvent d’avoir, des outils qui travaillent le mieux possible, des consommateurs qui dépensent le plus possible, et surtout des cerveaux qui réfléchissent le moins possible, peut-être, à ce moment-là, nous lâcherons-ils la gorge qu’ils ne cessent de serrer depuis leur avènement au pouvoir… Je vous déconseille d’acheter ce magazine qui voit dans l’arrivée de Netflix, à la fois le grand rêve américain qui est dorénavant de s’affaler sur son canapé durant des journées entières à regarder des séries par saison entière en une seule journée mais aussi la peur de nos fournisseurs de VOD français. Ils appellent cela le « binge watching », après son équivalent avec l’alcool, cette nouvelle activité ô combien passionnante nous montre comment certains dépendants de télévision peuvent passer leur temps. Les adorateurs de l’alcool avaient trouvé leur modèle aux USA, je n’y peux rien, ce sont eux qui inventent toutes les sottises qu’un être sans cerveau peut commettre, ces jeunes et moins jeunes qui se saoulaient pour s’amuser et se distraire. Ensuite ils ont trouvé une autre manière de délirer, se saouler à la vitesse grand V, en moins de quinze minutes ils sont dans un état qui se rapproche malheureusement de leur état mental, c’est-à-dire un délabrement total. Maintenant pour parachever la destruction du seul neurone qui leur reste, ils ont trouvé ce fameux binge watching qui est la même chose que la boisson à mort mais avec des images de séries américaines qui vous défilent devant les yeux. Cette société a aidé à ce processus de destruction mentale en créant des abonnements illimités à un réseau de distribution de programmes et de films en streaming, comme ils disent, pour vraiment pas cher. 40 % de parts de marché aux USA, autant au Canada, avec des dizaines de millions d’abonnés aux États Unis, Canada, Mexique, le Royaume Uni et les pays scandinaves, Netflix rêve de cueillir 30 % des parts du marché français. Tout cela sans créer un seul emploi en France et s’être installé aux Pays Bas pour des raisons fiscales. Mais les journalistes finissent tous leurs articles par une petite phrase humoristique où ils cachent leur culpabilité en essayant de tourner en dérision leur propre sujet. Cela ne suffit pas pour éviter de jeter ce magazine à la poubelle. Même pas dans la cabane au fond du jardin, c’est du papier glacé.

Mais la question n’est évidemment pas là, il faut gratter un peu plus pour s’apercevoir de la volonté exacerbée des scientifiques et des techniciens de vouloir régenter les activités de l’homme et de le rendre de plus en plus dépendant de la machine. Cette machine qui avait été créée pour soulager l’homme tout en remplaçant les esclaves, est devenue le maître après avoir feint d’être le serviteur. Il faut bien admettre que les actes des hommes poussent à la misanthropie, la bestialité, la violence, l’égoïsme, l’intolérance sont partout. Alors bien sûr il serait facile de dire puisque nous sommes incapables de faire régner la paix entre nous, peut-être que des machines pourraient nous y contraindre ou en tout cas nous y aider en se substituant à nous dans des cas difficiles. Certainement que l’intelligence artificielle arrivera à nous faire passer pour des crevettes sans mayonnaise mais n’est-ce pas une solution facile, je devrais dire lâche ? S’abandonner à la machine en désespoir de notre manque d’humanité, c’est aussi donner aux machines le peu d’humanité qui nous reste. Je pense que la lutte est certes plus compliquée mais tellement plus satisfaisante. Je veux rester un être humain, enfin moi n’est pas l’enjeu, je parle de mes enfants et de mes petits-enfants. Nous devons lutter pour leur montrer la richesse de l’homme malgré ses travers, les merveilles qu’il peut accomplir malgré les destructions qu’il engendre. Le bien et le mal doivent coexister pour nous faire mesurer l’un et l’autre et choisir en connaissance de cause. Il faut refuser d’abdiquer, continuer le combat pour que les sciences comme le progrès n’empiètent jamais sur le territoire de l’homme. La PMA et autre marchandisation de l’être humain est partie du projet grandiose de l’homme machine. En effet, si l’être humain s’achète il devient un produit et sa différence d’avec les autres produits diminue en peau de chagrin au point de nous rendre semblables. Je suis opposé à l’homme nano-technologique même si cela m’empêche de vivre mille ans.

Comme disait mon père, « mieux vaut vivre 10 ans de lion que cent de couillon »

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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