Log In

Editôt ou éditard… (108)

Editôt ou éditard... (108)

Le sujet de la professionnalisation de la politique est à l’ordre du jour chez tous les vrais demandeurs de démocratie. Nous voyons une fois de plus une des conséquences néfastes de cette attitude ô combien généralisée chez nos gouvernants passés comme présents. L’exemple que j’ai choisi aujourd’hui est à proprement parler scandaleux. L’appropriation à des fins personnelles ou intéressées du bien public est un fait coutumier chez les maires depuis longtemps en place ou, comme c’est le cas qui nous occupe, une maire qui tient son pouvoir de façon dynastique…

Il existe dans la bonne ville de Paris, une maire, Anne Hidalgo, nouvellement élue, qui détient les rênes de la capitale grâce à « l’abdication » de son mentor et prédécesseur, Bertrand Delanoë. S’il est vrai qu’après deux mandats une ville appartient à celui qui la dirige, à voir comment les maires se comportent, Paris appartenait bien à Bertrand, et c’est par son départ de la scène municipale parisienne que sa première adjointe put devenir la reine et propriétaire de Paris. Force est de constater qu’elle n’aura pas eu besoin de deux mandats pour se croire tout permis, c’est vrai que d’être la seconde d’un politicien comme Delanoë permet d’apprendre très vite. Quels sont les reproches que je pourrais faire à la belle Anne (à ne pas confondre avec « Label âne » dans le cadre du saucisson corse) ? Il y en a certainement beaucoup mais je vais commencer par le plus beau, décrit dans le Canard Enchainé de la semaine passée. La Commission du Vieux Paris est un groupe de gens qui donnent un avis consultatif sur le bienfondé des permis de construire de nos promoteurs lorsque ceux-ci s’attaquent aux monuments parisiens anciens. Bien que n’étant consultés sans engagement de suite par les autorités, leur avis était souvent suivi d’effet et cela gênait considérablement les vues expansionnistes des bâtisseurs et de leurs vassaux, les élus. Figurez-vous que l’Anne doit remplacer les membres de cette commission qui est arrivée au terme de son mandat. Le renouvellement des quarante membres qui siègent à cette assemblée devait se faire après les municipales mais… du côté d’Anne nous ne voyons rien venir. En bloquant cette commission, elle permet à des centaines de permis d’être instruits sans son intervention. Pourquoi ? Parce que ses amis les bétonneurs, qui n’ont que des sentiments très partagés sur la beauté des immeubles art-déco ou Henri IV et qui préfèrent les profits à la qualité de la ville, ne supportent pas qu’on leur interdise de démolir les bâtiments anciens qu’ils jugent vétustes voire dangereux. Bien évidemment tout cela n’est que sombres calculs pour prendre le maximum de foncier et couler du béton pour générer, non pas de l’emploi, puisque ce seront des ouvriers polonais ou portugais qui construiront les nouvelles édifications, mais bien des bénéfices colossaux dont une partie servira à financer les piscines des uns et les campagnes électorales des autres.

Quand on me dit qu’elle est socialiste je ne peux le croire, elle si près d’elle-même et si éloignée de son peuple parisien, pas des bobos qui rêvent de Paris Manhattan pour faire moderne et intellectuel, mais de son vrai peuple, celui qui y vient travailler quotidiennement en train, métro, RER et autres transports en commun si peu visités par nos édiles. Ceux-là mêmes qui ne peuvent faire autrement que de se payer entre deux et trois heures de transport par jour, faute de pouvoir payer les loyers exorbitants que Bertrand et Anne, ex maire et maire actuel de Paris, ont laissé croître sans sourciller en bons socialistes riches et gavés. Ces parisiens que l’on a rejeté loin de leur ville parce qu’ils ne sont que des sans grades et que Paris est réservé aux riches et aux bobos. Cette expropriation pacifique et larvée des pauvres au profit des riches est proprement insupportable surtout lorsqu’elle est organisée par des gens qui se disent solidaires des pauvres, des classes défavorisées et sont supposés les défendre contre l’adversité et les nantis qui les exploitent pour employer leur rhétorique. Cet abandon de notre passé au profit d’un modernisme qui rapporte des euros sonnants et trébuchants est proprement scandaleux et montre dans quel état misérable se trouvent nos politiciens, capables de quémander, sébile en main, à tous les créateurs de profits, leur dime au passage. Où sont les grands principes culturels, les écolos babacools qui défendent les belles pierres ? Disparus les bougres, noyés dans le flot des corrompus qui attendent leur tour pour se faire gaver comme les oies sauf en ce qui concerne la souffrance. En revanche, ils dégustent le foie gras par kilo et le caviar à la louche sur le dos de leurs électeurs, au détriment de la beauté de leur ville, de son histoire, de sa gestion.

Combien de grands projets aussi pompeux qu’inutiles, d’une maison de la musique à une île de la musique à Boulogne, en passant par un ministère de la défense hors de prix. Toutes ces belles affaires génératrices de corruption, de pots de vin tellement gros que nous pourrions y nager, d’ailleurs je ne crois pas qu’il y ait une seule bonne affaire pour l’état dans tous les contrats d’association public-privé. Sachant que c’est nous qui payerons, il leur est facile de dépenser ce qu’ils n’ont pas pour se remplir leurs poches dans le même temps. Votez mes frères, votez…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com