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« La » Chronique du week-end… (108)

"La" Chronique du week-end... (108)

Mahiedine Mekhissi, coureur français du 3000 m steeple, a été disqualifié pour avoir enlevé son maillot avant la ligne d'arrivée… En voilà une affaire, ça c'est de l'info ou je n'y connais rien, pendant ce temps-là notre président est en vacances, quel scandale, il aurait pu faire établir un projet de loi protégeant les « enleveurs » de maillots avant les lignes d'arrivée, c'est là qu'il lui reste un espace pour briller, comme le faisait jadis son prédécesseur. Au beau milieu de tueries en tout genre et un peu partout sur la planète, un sportif qui ne l'est pas fait du bruit, quelle splendide société nous avons là.

Pendant que 280 camions russes stationnent à quelques kilomètres de la frontière ukrainiennes, que des chrétiens, des sunnites tièdes et des chiites se font allègrement massacrés par les sunnites extrémistes de l'EI en Irak, que des flics plus ou moins racistes assassinent un jeune désarmé dans le Missouri, état de bonne réputation chez les adorateurs du KKK, un coureur attire l'attention de tous les médias sur la preuve avérée de sa bêtise. Puisque cela intéresse Le Monde, cela doit intéresser tout le monde, non ? Ou je me trompe ? Mais ce journal à grand tirage, donc bon pour allumer les cheminées comme disait Coluche, est réservé à des intellectuels, bobos de préférence, qui pensent… Donc ils suivent… Malgré de lourdes réflexions, qui leur ont certainement donné des migraines voire des méningites, les journalistes de ce papier toilette imprimé ne trouvèrent qu'à faire l'historique des faits générateurs de disqualification lors de compétitions d'athlétisme. Voilà un avis majeur, voilà une analyse claire et parfaite. Intéressant point de vue. On banalise un fait pour le rendre tolérable, on le noie dans un flot de revendications plus ou moins officielles pour lui donner une tenue qui le fera pardonner. Mais voilà, les journaleux du Monde ne sont pas arbitres d'athlétisme et le disqualifié est amer. En quoi cela m'interpelle, comme disent les socialistes changés en sociaux-démocrates puis en capitalo-libéraux pour devenir enfin simplement nuls ? Pour moi, c'est simple. Le fait de commettre un acte interdit dans une compétition sportive est soit un acte imbécile soit un acte politique contre l'organisation ou les organisateurs de la compétition. Dans le cas présent, nous parlons bien de la première hypothèse. Ces gens qui, malgré un déficit de revenus comparativement au football, gagnent leur vie mieux que le commun des mortels grâce à des dons de naissance, au travail qu'ils accomplissent et parfois à des drogues bien élaborées, ne devraient pas se comporter aussi négligemment. Ils manquent de respect vis-à-vis de leurs annonceurs qui les nourrissent, de leurs supporteurs qui les chérissent, de leurs adversaires qui les honnissent, de leur propre sport et de ceux qui l'organisent. Cela fait beaucoup. Je suis toujours étonné de voir des gens participer à des actions et qui, lorsqu'ils ne respectent pas les règles de l'art qu'ils pratiquent se mettent en colère. Ou on respecte les règles ou on ne participe pas. Personne ne les empêche de contester, si c'est là leur idée, les organisateurs ou l’organisation comme dit plus haut, mais encore faut-il qu'il justifie leur comportement par une remise en question et une argumentation de ce qu'ils jugent inacceptable. Lorsque l'on voit des joueurs se pavaner dans des tenues débraillées interdites par le règlement de leur sport, lorsqu'on les voit accomplir le simulacre de la reproduction entre eux, sur le stade, amoncelés les uns sur les autres, parce qu'ils viennent de marquer un but alors qu'ils sont payés pour cela, on peut être étonné, non ? Ah le sport n'est plus ce qu'il était ma bonne dame…

Juste un mot pour vous rassurer, tout continue d'aller mal de par le monde, pas de souci, continuez de dormir les yeux ouverts, on ne sait jamais. L'avantage avec les articles bidons sur les sportifs en mal de reconnaissance, c'est qu'ils oblitèrent un court moment les vrais malheurs qui touchent la planète, je ne parle pas de notre chômage auquel nous sommes habitués et au sujet duquel on nous prépare à de nouvelles annonces plus négatives encore, non, je veux attirer votre attention sur les milliers de morts qui, quotidiennement, s'alignent dans les rues des villes des pays sous-développés dans des sacs en plastique odieux. Qu'ils meurent par les armes vendues par les pays riches, la famine, la soif, les maladies, ils disparaissent dans la plus grande discrétion, sans gêner notre digestion devant les pâles figures des Pujadas, Drucker (Marie), et autres Chazal et compagnie, qui nous chantent les louanges de nos dirigeants aussi nuls qu'à l'accoutumée.

Donc, bonnes gens, dormez tranquilles, le monde va mal mais loin de nous, alors, pourquoi s'en faire ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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