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Le bonheur est constitutionnel, soyez heureux. C’est un ordre !

Le bonheur est constitutionnel, soyez heureux. C'est un ordre !

Le mot « bonheur » est écrit en toutes lettres dans la déclaration des Droits de l'Homme de 1789, tout comme dans celle de 1793. L'attachement de notre Constitution à ces droits de l'homme y est souligné puisque leurs auteurs ont intégré dans celle-ci la première déclaration et l'ont même mise en préambule au reste du texte régissant notre République. Il est à noter toutefois que ce terme n'est jamais repris dans le contenu des articles qui composent les règles qui sont les lignes directrices de nos institutions et de notre peuple. Pourquoi les hommes et femmes politiques ont-ils oublié cette fonction première de la République alors qu'ils s'en réclament ? Là est la question…

Depuis le XVIIe siècle, l'idéale recherche du bonheur passe par le travail dans sa définition exclusivement économique et l'on a vu comment de cette idéalisation du travail nous sommes passés du travail au productivisme assis lui-même sur la distribution du travail aux membres de la société. Mais est-ce bien de ce bonheur-là que les déclarations des droits de l'homme font allusion ? N'y a-t-il pas eu, d'une manière ou d'une autre, appropriation du bonheur par le monde industriel naissant ? Je le crains en effet. Ce détournement, ce dévoiement sont les bases de la nouvelle idéologie à laquelle nous participons tous, et de plus en plus, à notre époque. Platon (428 av J.-C. – 348 av JC) ne disait-il pas déjà en son temps « On approche d'autant plus de la condition des Dieux qu'on a besoin de moins de choses ». Comme nous vivons dans un monde où la science fait croire qu'elle a remplacé les Dieux et que tout ce qu'elle produit sert donc à nous rapprocher de ceux-là mêmes qu'elle a mis à bas, nous sommes en train de devenir des Dieux. Et d'ailleurs un de nos grands médecins, prisonnier des laboratoires qui financent ses recherches, a affirmé que l'homme qui vivra mille ans est peut-être déjà parmi nous, l'immortalité n'est-elle pas l'apanage des Dieux et d'eux-seuls ? Jusqu'à maintenant dirait ce malandrin !

C'est sans doute pour cela que la science est bénéficiaire d'un culte où nous retrouvons les mêmes intégristes que chez les orthodoxes de toutes les religions monothéistes. Il y a même une inquisition qui est organisée pour la défense de cette nouvelle foi et les bûchers ne tarderont pas à fumer dans l'avenir au rythme où vont les choses. La science et sa conséquence immédiate, le progrès, sont devenus intouchables et maudits sont ceux qui les refusent ou les réfutent. Mais le bonheur ne nous est pas donné par le progrès ni la science, nous le voyons tous les jours. Nous travaillons, pour ceux qui ont encore un emploi, cinq jours par semaine pour arriver à la fin de semaine qui est vouée à tout ce que nous n'avons pas pu faire durant les autres jours de cette même semaine. Nous faisons le ménage, nous allons consommer, autre culte, pour pouvoir donner du travail à ceux qui produisent durant leurs vies professionnelles, les mêmes cinq jours que vous, les biens dont nous avons besoin pour survivre d'abord, et ensuite pour satisfaire notre appétence pour les objets inutiles qui meublent nos logis, nos poches et notre besoin insatiable de possessions. Où sont les moments de pause, ceux où nous pouvons réfléchir, lire, jouer avec nos enfants et nos proches ? A quoi me sert un téléphone qui me connecte au monde entier si je ne parle pas à mes propres enfants ? Mon ordinateur me montre les visages de milliers d'inconnus qui nous racontent leurs vies, en bons mais inutiles exhibitionnistes, alors que je deviens voyeur sans le savoir et en me désintéressant de mon voisin, à qui je dis à peine bonjour. Est-ce là le bonheur ?

Le bonheur n'existe pas sans la souffrance. La vie ne peut se passer de tragédie. Les scientifiques, qui nous rassurent par leurs outils qui nous mettent de plus en plus à l'abri de tout ce qui peut nous faire du mal, nous faire souffrir, veulent nous faire croire que le bonheur c'est l'absence de difficulté, d'affliction, de chagrin. Mais ils oublient une chose pourtant simple, sans la connaissance du mal, on ne peut connaître le bien. Comment pourrait-on faire la différence entre tout ce qui nous arrive durant nos petites vies si nous n'avions pas à pleurer la perte d'un être cher, la maladie ? La souffrance est un bien, et le bonheur n'existe que par la différence que l'on fait entre la mort d'un être aimé et la naissance d'un autre être que l'on va aimer également, ceci est un exemple extrême mais il permet de comprendre sans trop d'efforts, vous voyez je me mets moi-aussi dans la peau de nos bienfaiteurs scientistes, je ne veux pas trop vous fatiguer.

Je sais que vous vous en moquez mais je vais vous dire ce qu'est le bonheur pour moi… En fait le bonheur continu et permanent dont on rêve n'existe pas, mon bonheur est de faire le point de ma journée, chaque soir, en fumant un cigare (oui je sais ce n'est pas bien mais j'aime ça, même si je n'en ai pas forcément les moyens). Mon point quotidien reprend toutes les périodes génératrices de petits bonheurs et de petites peines qui sont survenues durant ma journée. Mon bonheur existe dès que mes joies sont supérieures à mes tristesses, ma journée est positive dans ce cas, et, je dois vous avouer que je suis heureux la plupart du temps. Mon premier moment de gaîté est le réveil, et je remercie tous les Dieux, et il y en a un paquet, de pouvoir ouvrir les yeux sur ce monde merveilleux (même avec le pourrissement qu'on y ajoute allègrement). Non pas que je sois heureux d'être en vie mais juste parce que le jour qui commence me permettra d'agir, de penser et d'écrire mon article quotidien qui me manque atrocement dès que je voyage, contre mon gré, et que je ne peux le faire. La vie est comme la mort, un mauvais moment à passer, c'est à nous de le rendre le plus beau possible. Question de choix… C'est pour cela que nous pouvons voir des misérables, des malades sourire et des puissants anxieux.

C'était ma minute d'exhibitionnisme à moi, na !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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