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Subliminal ou surliminal ?

Subliminal ou surliminal ?

La lutte contre la mondialisation est un combat d’arrière-garde. La globalisation est finie depuis très longtemps, peut-être même avant que les sombres journalistes, porte-paroles des élus qui se succèdent pour ruiner le pays et ses habitants depuis la fin de la dernière guerre mondiale, n’interviennent pour occuper le terrain et le peu de cervelle que nous avons encore de disponible après la lobotomisation dont nous sommes, chacun, les victimes. Mais, plus la terre devient petite, plus les microscopiques communautés prennent de la vigueur et s’emparent du reste d’humanité dont les déçus de la mondialisation font toujours preuve.

Mon père me disait souvent ; « ce n’est pas lorsque nous sommes pauvres que nous devons économiser, mais lorsque nous avons des moyens pour le faire ». Alors même que les trente glorieuses nous menaient vers des lendemains qui chantent, croyait-on, ils nous ont menés droit dans le mur. Malgré un développement social sans précédent durant cette période faste, les bases de la société néolibérale ont été fixées à ce moment-là. Peut-être d’ailleurs, était-il logique que les avancées sociales aient été nombreuses et variées durant le travail de préparation que faisaient nos politiciens inspirés par les adeptes d’Adam Smith et Milton Friedman, un peu comme un arbre qui cacherait une forêt… Tout est une question de positionnement ou de point de vue. Le monde n’est plus que le reflet de l’American Way of Life que je préfère appelée l’American Way of Death. Vous mangerez les mêmes hamburgers et fumerez les mêmes cigarettes partout, vous achèterez vos vêtements dans les mêmes magasins, vous aurez d’ailleurs l’impression de porter un uniforme à force de ressembler à tous les aficionados de la « fashion » tant montrée sur nos écrans stérilisateurs de nos pensées. Alors même que nous aurions dû nous mettre à réfléchir nous avons bâti un univers sans goût, sans saveur, atone ou plutôt monocorde, uniforme et nous avons essayé de gommer nos différences culturelles en épousant celles du modèle américain. Cela a généré chez certains d’entre nous, je parle des terriens en général, des réactions étranges. Par exemple, nous avons vu mardi soir sur la télé écossaise un duel, je pense que nous pouvons le qualifier comme cela, entre un indépendantiste et un opposant à la scission entre l’Écosse et le Royaume Uni. Comment pouvait-on en envisager ne serait-ce que l’idée il y a trente ans ? Impossible ou dans tous les cas limité à une poignée d’irréductibles Stuartistes. Aujourd’hui les séparatistes seraient environ 38 % des électeurs contre 46 % qui souhaitent rester sous la bannière de l’Union Jack. La première mesure de défense que nous sommes tentés de prendre lorsque nous perdons confiance dans le système globalisé qui est le nôtre, que nous le voulions ou pas, est de se renfermer chez nous, de nous replier sur nous-mêmes pour retrouver la douce quiétude de nos origines, de nos coutumes et de nos habitudes locales. Et en fait, l’avenir est là. Retrouver de petites communautés qui s’entraident et se complètent au lieu de se livrer à une compétition stérile qui les brise toutes. Tant au niveau interne des pays que dans une dimension plus vaste, il faut retrouver nos limites.

Je vous parlerai prochainement d’un « philosophe », un vrai pas un BHL ou autre vendeur à la sauvette de bouquins illisibles, faits pour l’entre soi auxquels ces écrivaillons sont habitués. Quand un philosophe écrit pour des philosophes c’est un peu comme un boulanger qui ne ferait son pain que pour ses confrères… Idiot et inutile. Ce personnage parlait du « surliminal » quand tout le monde glosait sur le « subliminal ». Ce dernier terme parle de cette petite chose, minuscule information insidieuse qui vient se glisser au milieu d’autres pour faire passer, en toute discrétion, des idées qui ne sont pas celles propres au sujet qui digère ces informations, qu’elles soient visuelles ou auditives ou autres. Le surliminal est notre incapacité à comprendre ce qui est gros, ce qui est trop gros pour notre capacité d’analyse et de cognition. On peut nous cacher des tas de choses dans des messages surliminaux, tout autant que dans ceux subliminaux. Nous ne voyons que ce que nous pouvons voir, nous ne sommes pas équipés pour visiter l’infiniment petit comme l’infiniment grand. Les projets de ceux qui dirigent le monde, nos chers politiciens qui sont entre les mains des patrons de multinationales, sont trop grands pour que nous les assimilions, pour que nous en ayons un total entendement. Et quand bien même essayerions-nous de nous lancer dans cette analyse avec nos petits moyens intellectuels et informatifs, dès que nous trouvons quelque chose qui pourrait être une esquisse du dessein de nos chefs, il se trouve toujours quelqu’un qui décrédibilisera notre propos en parlant de « théorie du complot » et autres fadaises d’annihilateurs d’idées non politiquement correctes. Il y a donc un intérêt à nous rendre tous identiques sur cette planète, cet intérêt n’apparait pas forcément au regard de chacun mais il existe. Nous sommes tous dans une machine à déshumaniser, à normaliser, à détruire nos différences superficielles pour ne laisser que celles ancestrales qui prendront plus de temps. Tout cela pour faciliter le commerce et la marchandisation de tout et du reste, y compris l’humain.

Je ne veux pas de ce monde-là, ni pour moi ni pour mes frères humains et encore moins pour mes enfants et mes petits-enfants.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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