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Editôt ou éditard… (110)

Editôt ou éditard... (110)

Eh oui, déjà une semaine que le limogeage des compères Montebourg, Filippetti et Hamon a été réalisé par un Manuel Valls debout sur ses ergots, prêt à becqueter le premier coq qui passe et le contrarie dans sa mue en social-libérateur du PS. Comme le temps passe vite, enfin pour ceux qui l’ont… le temps. Valls ne l’a plus. Il me semble que sa politique est de plus en plus dans l’urgence et si des signes annonciateurs d’une reprise, si légère soit-elle, ne viennent pas, je donne cher à parier que les régionales seront encore pires que les municipales…

Hollande, après avoir fini la bouteille du redressement, offerte par son jeune ex rival des primaires qui lui prit 17 % des voix, après s’être calmé de sa colère contenue, c’est vrai qu’il a de la place et de plus en plus, s’est délecté des salves d’applaudissements, que son ex rival des primaires qui lui prit 5 % des voix, reçues au cours de son discours de clôture des universités d’été du PS. Il a donc pu profiter de son premier hebdoversaire du gouvernement Valls 2. Comme les gouvernements risquent de se succéder à une vitesse grandissante, Hollande a décidé, rapidement pour une fois, que l’on fêterait non plus les anniversaires mais des anniversaires hebdomadaires baptisés, très intelligemment par lui, des hebdoversaires. Quel génie ! Valls 1 dura quelques 140 jours, soit une vingtaine de semaines, le prochain reste un mystère pour l’instant et nous en sommes tous tremblants d’effroi. Bien sûr le même Hollande n’entendait ni les sifflets ni les quolibets des frondeurs de son ex parti politique, il est en cours d’inscription à l’UMP. C’est ce qu’on appelle le miracle de la surdité sélective. Emmanuel Macron bénéficie de rabais sur les cotisations et en fait profiter tous ceux qui le demandent parmi ses amis. Que va-t-il se passer maintenant entre le PS et les frondeurs ? Là est la vraie question à laquelle je vais apporter des éléments de réponse…

Hypothèse 1 :

Partant du principe que ces gens sont courageux, ils vont s’entêter dans leur contestation. Ils seront vigilants à tout dérapage du gouvernement vers une droitisation désormais irrémédiable. A chaque loi ou discussion ils prendront systématiquement un contrepied social absolument étranger à la politique d’austérité voulue par Hollande et son orchestre dirigé par Valls. Celui-ci, pour éviter les grains, va apprendre à légiférer par ordonnance afin de ne pas se heurter de front avec ces frondeurs dont le nombre devrait croître dans les prochains mois. Tout vote à l’Assemblée Nationale devenant dangereux et pouvant générer une instabilité de laquelle pourrait naître une dissolution, les projets vont être allégés et la réforme régionale repoussée de quelques jours au moins. Il ne faut pas oublier que personne ou presque, parmi les cumulards qui garnissent les allées du pouvoir, ne veut de cette réforme qui va réduire les prébendes et les avantages y afférents. Se poser devant ce parterre d’ennemis, même lorsqu’on est Valls, est un risque majeur de faire voler en éclats la fin d’un mandat présidentiel et législatif en un temps record. Mais je le répète, ceci n’est vrai qu’à la condition fort difficile à mettre en place du courage de nos frondeurs bienaimés. Or, de leur courage, ils n’ont rien montré de palpitant. S’ils avaient été vraiment courageux, ils auraient formé un groupe parlementaire et fait sécession du PS. Ils auraient créé de ce fait un contre-pouvoir capable de s’opposer pratiquement aux manigances socio-libérales des esclaves des multinationales et de la finance qui nous gouvernent. De cette situation serait peut-être née une politique, certes austère, mais plus généreuse vis-à-vis des plus démunis et plus brutale contre la finance et les abuseurs de confiance du MEDEF. Car, ni Hollande, ni Valls, ni les frondeurs ne veulent retourner devant les électeurs, ils seraient réduits en pièces et ne pourraient peut-être même pas former un groupe parlementaire. Ce statuquo serait finalement la meilleure façon de limiter les futurs dégâts de la politique libérale menée par des socialistes qui ont perdu la tête.

Hypothèse 2 :

Les frondeurs ne sont pas courageux, ils ne font que des combats d’arrière-garde et contre des moulins à vent. Ils sont manipulés par le PS qui s’attendrit à chaque fois qu’il pense aux investitures que ces gens vont demander lors des prochaines consultations électorales. Attendrissement qui se partage avec justement les frondeurs qui finalement trouvent que le social-libéralisme pourrait avoir de bons côtés… Dans ce contexte l’importance des frondeurs devient toute relative et leur influence sur le gouvernement aussi ridicule que leurs haussements factices de tons et d’épaules. Non seulement ils ne pourront être d’aucune utilité contre les ennemis libéraux, mais ils seront soumis d’autant plus que leurs luttes fratricides n’auront pas été payées de succès. Honte aux vaincus, c’est bien comme ça que l’on dit, non ? Dans cette hypothèse, on est à même de se poser la fameuse question ; pourquoi ? Pourquoi ce mouvement d’humeur contre un patron bedonnant mais rigolo et son bras droit psychorigide ? Juste pour faire montre de socialisme, juste pour rassurer le bon peuple des sans grade, les démunis, les pauvres de plus en plus nombreux, 40 000 chômeurs de plus et 60 000 personnes sorties des listes de Pôle Emploi et tombant dans la précarité absolue en juillet. Autrement dit, les frondeurs se présenteraient en recours possible pour sauver le PS de sa disparition, corps et bien, du paysage politique français. Ce serait bien un stratagème d’énarque ça, ou je me trompe ?

Je ne sais pas vous mais apparemment on se rapproche plus de la seconde hypothèse que de la première, non ? Hier encore, en l’absence des ministres qui se sont mis aux abonnés absents durant le rassemblement socialiste de la fin de l’été, preuve là-aussi d’un grand courage, ni les frondeurs ni Valls n’ont impressionné ceux qui ne voulaient pas l’être. Ils ont montré leurs dents, ils ont crié leur amour des socialistes mais sans conviction forte et surtout sans intention réelle de faire la démonstration de leurs forces respectives. Autrement dit, ils nous ont tous pris, une fois de plus, socialistes ou pas, pour des imbéciles… Le pire, je crois, c’est que nous le sommes peut-être…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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