Log In

Enfin de retour…

Enfin de retour...

J'étais à Naples depuis quelques jours et vous avez ainsi la raison de mon silence pesant. Enfin pesant, pour moi peut-être, pas pour vous, qui me lisez sous la contrainte de mon désir égoïste d'être une vedette à part entière… ce que je ne serai jamais bien évidemment. Vous parler de Naples est un vrai plaisir et cela nous éloignera tellement des élucubrations, des sottises, des mensonges et autres infamies causées par un gouvernement de traîtres doublés d'amateurs, conseillés par des prévaricateurs… J'adore mon pays, j'exècre ceux qui le gouvernent depuis plus de quarante ans… Mais aujourd'hui, je suis bien en Italie, à Napoli… Je pourrais même y vivre sans aucun souci…

C'est une ville belle, riche, décorée de mille monuments qui ne sont certes pas la tour Eiffel mais qui sont magnifiques. Le soleil aidant, tout est plus exalté, la lumière dorée que nous dispense notre astre illuminateur, rend la ville chatoyante de ses centaines de couleurs vives qui ornent les bâtiments. Mais ce qui est le plus fantastique repose sur le fait que cette cité maritime n'est pas aussi insécure que certains le disent ; mise à part une circulation, il est vrai furieuse et bruyante, nous n'avons vu aucune de ces « agressions » qui ont fait l'étrange renommée de ce port très fréquenté. Paris ne me semble pas mieux loti en la matière. Le cœur historique est merveilleux de ruelles si étroites que vous n'auriez pas besoin de faire autre chose que de héler votre voisin de l'autre côté de la rue si vous veniez à manquer de sel durant votre repas… Le linge aux fenêtres, celui qui se passe d'une embrasure à l'autre, qui traverse les rues dans sa blancheur éclatante ou ses couleurs chamarrées, fait partie d'un paysage magique où les gens se parlent, toujours sur un ton enlevé, qui leur donne l'air d'être en colère, mais qui n'est que le ton habituel de cette contrée aux saveurs et aux parfums enivrants et aux bonhomies et comportements bon enfant. Les gens se parlent facilement, contrairement à nos concitoyens qui ne se parlent que pour s'agresser, sauf durant les grèves où la présence d'un ennemi commun rapproche des gens qui se trouvent un exutoire à leur rage de source inconnue. Comme dans beaucoup de pays ensoleillés, les gens sourient facilement, ne se forcent pas à le faire, je dirais même le font naturellement si ce n'est avec plaisir. Les rapports entre les personnes ne sont pas forcément simples et sans problème mais avec le sourire tout passe mieux, tout se comprend et tout s'éclaire avec tant d'agressivité en moins. Les gens sont ce qui m'intéressent le plus durant mes voyages, c'est ce qui fait un pays, non ? La géographie est une chose importante qui joue sur les habitudes des habitants des régions concernées, mais sont-ce bien le climat et la géographie qui font les gens ou l'inverse ? Vous pensez que je suis fou, je le sais mais ce n'est pas grave, le fou n'est que celui qui voit les choses autrement. Je crois que les gens choisissent l'habitat, la région, le pays qui leur convient. Ceux qui restent dans un coin du monde qu'ils n'aiment pas deviennent aigris, tristes et désagréables… Peut-être que c'est la raison pour laquelle le monde tourne à l'envers… Tout le monde devrait déménager pour le pays dont il rêve !

Cependant la ville est sale, vraiment sale et les ordures traînent lamentablement sur les trottoirs trop rarement balayés. Il est vrai que les voyous locaux ont la maîtrise des ordures, il est vrai qu'ils s'y connaissent rudement bien. Les dalles qui parsèment les sols de la ville sont toutes en pierre de lave, ce qui donne une apparence d'ancienneté à tous ces faubourgs qui entourent la myriade de palais qui garnissent cette ville aux mille couleurs. Il est dommage que ces dalles soient réservées majoritairement aux véhicules à moteur. Non seulement elles sont sales mais de plus elles sont dangereuses pur les marcheurs qui se voient obligés, même dans les rues qui semblent impraticables aux voitures, de se coller contre les murs pour laisser la voie aux scooters et petites voitures roulant à des allures folles dans des ruelles faites pour des visiteurs marchant à pieds. Cette ville, comme toutes les autres ou presque mériterait d'être entièrement piétonnière. Mais la corruption aidant le manque de courage des élus napolitains, comme tous ceux de la planète, rien ne se fait, rien ne bouge, les corrupteurs et les voyous se partagent le vrai pouvoir pendant que les élus se partagent de vrais honneurs qu'ils ne méritent pas. Les ordures sont sur les trottoirs comme dans les conseils municipaux, dans les palais des corrupteurs comme dans les comptes en Suisse qu'ils offrent à leurs amis corrompus. L'Italie, à ce niveau ne vaut ni mieux ni pire que la France, nous sommes aux prises avec les mêmes maux… Mais je m'y plais beaucoup, les origines peut-être, la Méditerranée, je ne sais pas…

Je me plais ici mais il y a tout de même quelque chose qui m'inquiète. Les jeunes femmes italiennes que je voyais dans ma jeunesse étaient belles, fines, alertes, aujourd'hui je ne vois que des jeunes femmes au allures de rugbymen, mangeant des frites couvertes de mayonnaise et de ketchup dans les rues occupées par une très grande proportion d'obèses ou en tout cas de gros, même et surtout les enfants. Les Italiennes, si féminines, si apprêtées, si attirantes et séduisantes sont réservées aux villes plus bourgeoises comme Rome. C'est là que je constate que, comme chez nous, la jeunesse ne fait qu'attendre le vieillissement, se laisse porter par des événements qu'elle est incapable de générer par le manque d'enthousiasme et de volonté dont elle fait preuve, tous pays confondus, elle se laisse manipuler avec la délectation des inconscients. Voyant les vitrines de vêtements à la mode, et les Italiens s'y connaissent en la matière, autant que les Français et même peut-être plus, je les trouve laids, vulgaires, sombres, des chaussures qui n'en portent que le nom, tant elles ressemblent aux pires croquenots qu'un paysan puisse imaginer pour travailler confortablement dans les prés et les champs. Entre les habits tristes, les nourritures qui vous détruisent, les alcools avalés à la vitesse de la lumière, les drogues dures ou douces, les opinions politiques trop marquées et doublées d'une intolérance toute juvénile lorsqu'ils en ont, les jeunes me font peur. Je m'imagine parfois que nous assistons, pauvres parents et grands-parents dépassés, au suicide collectif de cette jeunesse qui devrait être l'espoir du monde et qui n'est, à ce jour, que le reflet de la société dans laquelle nous les avons abandonnés. Consommateurs avant tout, ils ne se reconnaissent en rien dans nos antiques manières, ne supportent pas nos remarques négatives à leur encontre, qui sont certes détestables mais si pleines de regrets et de remords au vu et au su de nos fautes impardonnables dans la gestion du monde que nous avons faite ou laisser faire par les mécréants qui nous gouvernent partout sur cette terre. Et puis au tournant d'une rue, mon espoir rejaillit, des jeunes et des moins jeunes manifestent pour s'opposer à la guerre qui couve en Europe orientale, entre la Russie et l'Ukraine, voire plus si affinité. Ils agissent pour défendre un idéal humain, pour ne pas envoyer leurs frères et leurs enfants s’entre-tuer pour le plaisir des grands de ce monde qui jouent aux échecs avec des pions vivants, nous.

Tout espoir n'est pas perdu, si ils se battent pour défendre leurs égaux du bout du monde, c'est qu'ils sont responsables et intelligents. Je crois en la jeunesse comme jamais je n'y avais cru auparavant, nous avons besoin d'elle comme elle a besoin de nous, nous devons la laisser s'épanouir, que ce soit à Naples ou à Paris, c'est elle qui peut nous sortir de la torpeur dans laquelle nous nous résignons avec lâcheté. Ce n'est pas gagné, mais le principal est de se battre, pour redevenir les humains que nous avons cessé d'être au profit des consommateurs lobotomisés que les multinationales rêvent d'avoir pour clients éternels.

Je rentre chez moi… Quelle tristesse et quelle joie… Heureusement, je ne serai pas trop dépaysé, ici la corruption comme les élus qui ne paient pas leurs impôts me rappellent l'Italie que j'aime, Naples que j'adore…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com