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« LA » chronique du week-end… (111)

"LA" chronique du week-end... (111)

La régularité de mes parutions d’articles est fort dépendante de mes déplacements, cela est gênant, j’en conviens, pour vous mes Chers lecteurs comme pour moi. Je suis de retour en Afrique centrale depuis quelques jours et ma chronique en pâtit elle-aussi puisqu’elle parait avec deux jours de retard. Cependant, cette irrégularité fait que la diversité de mes sujets, elle-aussi liée à mes voyages incessants, demeure intéressante, au moins pour moi et j’espère pour vous aussi. Malgré les distances, je m’aperçois de la similarité des problèmes sociétaux que je suis à même de constater de mes propres yeux.

C’est comme cela que lorsque je parle de la corruption qui bloque le ramassage des ordures de Naples, je constate que les mêmes causes génèrent les mêmes effets aussi bien dans les villes africaines que françaises ou italiennes. La gangrène n’est pas liée à la situation géographique, ni à la couleur de la peau des habitants, ni au régime politique des pays visités, ni à rien d’autre que les êtres humains qui prennent la direction des affaires des états concernés. Le point commun des gabegies que connaissent la quasi intégralité des états de notre boule bleue repose sur ceux qui accaparent le pouvoir et s’en servent comme de leur propriété exclusive et sans partage. On peut constater les mêmes symptômes dans un régime dictatorial déclaré et reconnu comme tel unanimement, aussi bien que dans des démocraties, ou plutôt pseudo démocraties, anciennes comme la nôtre qui se veut le chantre des droits de l’homme et qui se targue de vivre dans le respect d’une devise qui n’est plus qu’un lointain souvenir, Liberté, Égalité, Fraternité. Le problème que nous avons à régler est à la fois simple et complexe, nous devons nous protéger de nous-mêmes. Car, si nous constatons que les puissants sont devenus, malgré leurs idéaux justes et égalitaires du début, de dangereux prévaricateurs, rien ne nous dit que nous n’aurions pas fait de même à leurs places. Et c’est bien là le problème. Comme le hasard n’existe pas pour moi, comme je vous le dis si souvent, j’ai trouvé étrange de commencer la lecture d’un ouvrage, que je vous conseille à tous, et dont je vous donnerai toutes les informations à la fin de cette lecture qui s’annonce passionnante. Le titre de l’ouvrage en question est « Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous ». C’est à la fois très instructif et très clair mais je vous en dirai plus en vous faisant mon compte-rendu de lecture dans les jours qui viennent.

Fort de ce raisonnement, basé sur l’humain, il m’a pris, il y a déjà quelques temps, d’écrire sur ce sujet et j’arriverai d’ici peu à la fin de ce travail à la fois harassant mais tellement motivant. Ce qui est commun à tous nos problèmes étant l’humain, ses réactions puériles et stériles devant la jouissance d’un pouvoir démesuré qui leur appartiendrait, c’est donc d’une analyse psychiatrique, psychologique ou autre science à base de « psy » dont nous avons besoin me direz-vous. Eh bien non ! Ce n’est pas le traitement, à base d’anesthésiant et de conversations sur canapé, certes dignes d’intérêt, sur nos éducations, nos relations avec nos géniteurs ou encore sur les motivateurs reposant sur je ne sais quel complexe, dont nous avons besoin. Nous avons besoin de nous empêcher de jouer de nos instincts, générés par la société que nous avons faite et que nous pérennisons depuis trop longtemps, par des règles simples, claires et facilement applicables qui limiteront nos capacités de nuisance vis-à-vis de nos concitoyens lorsque nous devenons les maîtres du jeu. Il faut passer outre les exploitations de nos désirs de compétition permanente, distillée lentement mais sûrement par nos écoles, nos universités et nos environnements professionnels, pour enfin redevenir des Hommes dignes de leur communauté, qui doivent vivre en bon voisinage sur une planète qui devient jour après jour plus petite. Utopie diront certains, rêves diront encore d’autres, peut-être, mais la réalité n’est rien d’autre qu’un rêve réalisé. L’utopie capitaliste est devenue la réalité qui fait que nous ne connaissons jamais ni le bonheur, ni la satisfaction, quels que soient nos revenus ou même notre positionnement social. L’utopie collectiviste a montré ses limites dès que l’idéal généreux qui l’a créée s’est retrouvé entre les mains de ceux qui en ont fait une réalité calamiteuse et mortifère. Toutes les utopies peuvent devenir réalité, elles ne restent des impossibilités que lorsqu’elles ne trouvent pas d’homme assez charismatique pour faire naître un enthousiasme collectif. Je parle ici d’une vision d’un monde nouveau, d’un univers auquel personne n’avait jamais imaginé l’existence. C’est justement de cela que manquent nos hommes politiques, de vision, ils n’arrivent plus à nous montrer la voie qui devrait nous mener au bonheur. Tout d’abord parce qu’ils ont les yeux rivés sur leurs nombrils et ensuite parce que nous avons chacun le nôtre. C’est dans une vision commune que nait la réalité à partir d’une utopie et dès que suffisamment d’êtres se retrouvent dans la même vision, elle prend forme et devient réelle. Bien sûr, cela peut déboucher sur d’immondes dictatures mais devons-nous nous arrêter pour cela. Ne devons-nous pas prendre le risque d’essayer, d’essayer encore, d’essayer toujours, jusqu’à ce que nous trouvions enfin ce qui convient à tous ou peu s’en faut.

Nous sommes quelques milliards sur notre terre nourricière à vivre pour certains et à survivre pour d’autres, comment pouvons-nous supporter qu’un seul être ne puisse se nourrir, boire ou se soigner alors que d’autres gaspillent et s’engraissent ? C’est le sujet de toute l’humanité, tant qu’un homme souffre, tous les hommes souffrent et ne doivent avoir de cesse que de trouver le terme des souffrances de celui qui les endure.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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