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« LA » chronique du week-end… (112)

"LA" chronique du week-end... (112)

Ah !!! L’Afrique est un paradis et un enfer à la fois. Ce continent est magique et je dois avouer que je l’adore. Les gens y sont à la fois chaleureux et sociaux. Sous l’équateur la température est chaude et humide et les peuples qui vivent dans ces régions sont comme la nature qui les entoure et les protège, pour l’instant. Je dis pour l’instant car le « modernisme » les touche autant que chez nous mais avec la très nette différence que tous ne peuvent en jouir de la même façon. Leur désir de développement et d’enrichissement est d’autant plus prégnant qu’ils ont, dans leur esprit, beaucoup de retard à rattraper… Mais est-ce vraiment un retard ?

Je sais ce que vous pensez, chez nous aussi, tout le monde ne peut jouir des bienfaits, comme des soucis, que génère ce modernisme dont je parlais dans mon introduction. Bien sûr. Mais ici le fossé est énorme et les inégalités sont encore plus flagrantes qu’en Europe ou dans tout pays développé. C’est peut-être la raison pour laquelle les révoltes deviennent plus faciles à fomenter sous ces latitudes. La pression des informations permanentes, divulguées par les médias locaux qui relaient celles des pays occidentaux, poussent les autochtones à désirer des choses qui apparaissent comme valorisantes au prime abord, mais qui ne sont que des futilités dont les publicitaires se servent pour nous asservir aux terribles lois du marché et de la société consumériste dans laquelle nous vivons. Il est difficile de dire et d’expliquer notre sentiment vis-à-vis des biens matériels dont nous regorgeons et dont certains pensent, dont je fais partie, qu’ils sont parfaitement inutiles et ne donnent pas le bonheur. Ils veulent tout de même essayer de les acquérir ou de les posséder par tout moyen possible, car la vision de nos sociétés, toutes aussi riches, belles et pleines de ces gadgets onéreux, mais dont nous pourrions aisément nous passer, apparaissent à leurs yeux comme autant de preuves de notre joie de vivre voire de notre bonheur de les avoir. Ils confondent ce qu’ils voient à la télévision ou sur internet avec la réalité, et c’est pour cela qu’ils nous croient vivre dans le paradis alors que nous vivons dans un enfer relatif où l’insatisfaction est omniprésente. Pourquoi sommes-nous donc si stressés, si dépressifs, si agressifs si ce n’est que nous ne sommes pas heureux malgré les quantités abracadabrantesques d’objets qui ne sont que des démonstrations de nos statuts sociaux et illusoires. Ils veulent expérimenter par eux-mêmes nos problèmes de gestion de nos relations sociales, ils ne croient pas ce que je peux leur dire mais seulement ce qu’ils voient. C’est tout l’embarras de cette situation.

Il est difficile de demander, aux Chinois par exemple, d’arrêter de polluer, alors que nous avons pourri la planète, de stopper leur hyper production, de gaspiller à la fois matières premières et énergie, sous prétexte de sauver la terre, c’est uniquement parce que ces gens veulent connaître ce que nous-mêmes avons connu qu’ils n’arrêteront pas. Ils veulent connaître la puissance et le bien-être que nous avons connu et que nous perdons lentement mais sûrement. Il en est de même des Africains comme d’autres peuples qui garnissent encore des zones gigantesques de notre boule bleue, ils voient l’image d’un bonheur virtuel et pensent qu’il est réel, donc, ils en veulent aussi. Comment peut-on résoudre cette équation à 7 milliards d’inconnues ? Comment peut-on empêcher un peuple dans son entier de vouloir vivre ce que nous avons vécu, surtout si l’idée que celui-ci se fait de ce qu’on a connu est une image belle et glorieuse. C’est là l’enjeu de tous les candidats au sauvetage de notre planète ; trouver quelle est ou quelles sont la ou les motivations que nous devrons proposer aux pauvres du monde pour qu’ils n’aient pas envie d’avoir ce que nous avons mis tant de siècles de perdition et de stupidité à avoir, dans l’unique espoir de ne pas détruire l’environnement qui nous donne vie à tous. Vous rendez-vous compte du niveau de conscience qu’il faut pour admettre, ne serait-ce qu’écouter, de tels arguments contrariés par des décennies voire des siècles de comportements opposés aux recommandations que nous pourrions faire et que nous présenterions aux pollueurs patentés qui empoisonnent notre mère génitrice. Ne rêvons pas, ce sera difficile, très difficile, mais pas impossible. L’Homme a depuis des millions d’années subi de tels changements, de tels bouleversements auxquels il s’est toujours révélé suffisamment intelligent et astucieux pour prendre les bonnes décisions, effectuer les bons choix. Même s’il les a fait d’instinct, et que nous avons remisé nos instincts au plus profond de nos mémoires, ces actes, ces décisions, ces choix, nous sommes toujours capables de retrouver ces instincts à défaut d’avoir conservé notre intelligence à d’autres fins qu’à créer des téléphones mobiles et des gadgets.

J’ai la conviction que lorsque l’Homme est devant son éradication il saura reprendre ses esprits et sagement se remettre à penser. Même si le terme éradication est un peu fort, il en est tout de même question à courte, moyenne ou longue échéance, cela ne dépend que de nous…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

PS : vous vous demandez comment je fais pour ne pas parler du retour du petit sur la scène du grand Guignol de notre vie politique ? Vous avez tort… J’ai tellement vomi que je n’ose y repenser, entre lui et l’autre… C’est à croire que l’Elysée est une demeure maléfique et qu’elle change ses occupants d’imbéciles en abominables…

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