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Dans quel mur va l’Allemagne ?

Dans quel mur va l'Allemagne ?

L’Allemagne, ce modèle que nos hommes politiques de gauche comme de droite nous présentent comme l’idéal économique et l’exemple à suivre, connait un début de récession. La chute de 4 % de la production allemande en août dernier est, dans la bouche des thuriféraires du libéralisme exacerbé et compétitif, vertigineuse. Pour moi elle est excitante, motivante, annonciatrice d’une crise majeure qui mettra en évidence la stupidité d’un système qui n’a que trop vécu. Ce beau pays qu’est l’Allemagne va connaître les affres de la récession et cela fait trembler l’Europe, si l’Allemagne s’enrhume, c’est l’Europe entière qui aura de la fièvre… Super !

Deux cents milliards d’euros de bénéfices commerciaux à l’export, un taux de croissance apparent qui fait blêmir le Hollande d’envie et de jalousie, il devrait essayer de faire un tour de scooter avec Angela, cela le calmerait peut-être. Mais là-aussi, dans ce pays bien ordonné, où les retraités sont obligés de se mettre au travail pour des salaires de misère, de 400 à 500 €, après les ponctions sur leurs pensions, où les statistiques du chômage sont trafiquées grâce à la présence de contrats à temps partiels nombreux et ridicules qui diminuent le nombre d’inscrits tout en ne leur donnant pas les moyens de survivre, où les jeunes ont le choix de ne pas travailler s’ils se contentent de vivre d’amour et d’eau fraîche parce que non indemnisés, où le salaire minimum vient à peine de voir le jour et n’est pas encore appliqué de façon générale. Oui, c’est un beau paradis de la compétitivité que voilà, un pays où les personnes sont réduites à la misère alors que les groupes financiers et industriels entassent des profits à en vomir tellement c’est gratifiant d’être riche, gratifiant pour les actionnaires qui se repaissent sur le dos des employés qu’ils exploitent outrageusement. C’est ce beau pays-là que nos édiles et autres faquins, qui gouvernent la France et la Navarre, souhaiteraient nous voir imiter. Non, je n’envie pas les Allemands de tant de bonheur, de tant d’allégresse statistique et de tant de pauvreté réelle. Nos économies de marché sont décadentes, immensément injustes et inégalitaires au possible. Les efforts sont toujours demandés aux mêmes, les sans dents, les sans grades, les sans rien. La compétitivité n’existe pas, le chantage à l’emploi, lui, existe bel et bien. Nos patrons du CAC40 ne sont pas les meilleurs représentants des entreprises françaises, ils ne sont que ceux qui profitent des largesses de l’état afin qu’ils continuent à verser leur dîme et leurs participations financières nécessaires et malhonnêtes au financement des campagnes électorales des partis traditionnels. Les vraies entreprises qui font vivre les salariés et le pays dans son entier sont les petites, les toutes petites, celles qui ferment par dizaines tous les jours, celles où leurs propriétaires sont au bord du suicide en permanence.

Les journalistes, adeptes du politiquement correct et du léchage de bottes automatique, nous rabattent les oreilles avec les 800 à 1000 salariés qui risquent de perdre leur emploi à la SNCM. Certes c’est très triste pour eux et je compatis, mais ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg, c’est près de 1000 emplois par jour qui sont perdus en moyenne dans notre pays, alors la SNCM ne représentera, au pire, qu’une journée parmi tant d’autres. Est-il important de toujours parler des gros dossiers ? Oui, cela permet d’oublier l’essentiel, l’immensité des petits dossiers et de leurs souffrances autrement plus difficiles à supporter car non médiatisés, non syndiqués, non protégés. Alors les soucis des salariés des sociétés cotées en bourse, sincèrement et malgré toute la compassion dont je peux faire preuve, ne sont rien au regard de tous ceux qui perdent leurs survie dans l’indifférence voire le mépris général. Quand on est sous les feux des projecteurs, quand on a des moyens de pression qui permettent la défense organisée de nos intérêts, est-il raisonnable d’occuper tant d’espace médiatique alors que des dizaines de milliers perdent tout sans faire sourciller personne. La honte des socialistes est proportionnelle au malheur qu’ils ont généré chez leurs électeurs qui ont cru en eux, qui ont avalé leurs couleuvres, qui ont imaginé leur président terrassant le dragon de la finance. Comment peut-on avoir des idées aussi généreuses et en faire ce que l’on voit, ce que l’on vit, sans avoir honte ?

Oui l’Allemagne va aller dans le même mur que nous, tout comme tous les pays de cette funeste économie de marché, celle de la compétitivité qui oppose les peuples entre eux alors qu'ils sont dans la même Europe, celle qui fait de nous les ennemis de nos voisins, de nos frères, de nos enfants. Est-ce bien le monde que nous voulons ? Pas moi et je ne peux me résoudre à cette idée. Il nous faut lutter pour changer de vie, pour changer nos vies, pour changer le monde !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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