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Editôt ou éditard… (116)

Editôt ou éditard... (116)

«Mourir pour des idées, c'est une chose mais c'est quand même relativement stupide et bête», a lâché lundi soir le président PS du conseil général du Tarn Thierry Carcenac. Pour un homme politique ça c’est la classe. Où sont passés les commémorations si chères à son président qui sanctifient les morts pour la France de la grande guerre, où sont passées les victimes de la résistance sous les coups de l’envahisseur nazi, où sont passés les grands principes révolutionnaires que ces gens de la gauche de droite ou de la droite de gauche prônaient avant leur retournement de veste magistral ? S’il n’est pas bon de mourir pour des idées, est-il moins stupide de vivre dans la honte ? Là est la question…

Plusieurs problèmes ne sont jamais évoqués par les commentateurs de ce triste événement qui vit la mort de Rémi Fraisse. Mort qui semble due à l’explosion d’une grenade offensive. On n'en croit pas nos oreilles, ni nos yeux, ni quoi que soit, c’est proprement dit incompréhensible.

  1. Le premier problème non évoqué est celui de la discussion de tels grands projets où l’on voit souvent des citoyens s’opposer avec des arguments réels et tangibles mais qui ne sont jamais pris en compte lorsque les intérêts des groupes de pression sont en présence. En l’occurrence je parle de ces agriculteurs, qui n’en sont pas, qui produisent industriellement des produits empoisonnés qui nous sont donnés en pâture ensuite. On retrouve chaque fois les mêmes complications lorsque le débat est faussé, les résultats sont frustrants bien que légaux en apparence. Oui tous les soucis administratifs ont été réglés, certes. Mais en niant les argumentaires présentés par des opposants au productivisme stupide, plus stupide que de mourir pour des idées. Comment voulez-vous vous opposer au maire, au préfet, au conseil général, etc ? Vous ne pouvez pas, une fois que leur décision est prise, même si elle est au détriment de l’avenir, on ne la discute pas parce qu’elle est légale, même si elle a été acquise par la triche plus ou moins cachée par les édiles et les autorités. C’est aussi contre cela que ces gens manifestent, ils luttent pour une vraie démocratie, celle qui tient compte de chacun et de tous. C’est comme les permis de construire en zone inondable, tout est légal mais tout est stupide et tue des gens…
  2. La deuxième difficulté rarement abordée est la violence exagérée des forces de l’ordre. Vous me direz qu’elles défendent la République ? Peut-être mais est-ce vraiment défendre la République que de taper dur sur des gens, y compris lorsqu’ils sont à terre et sans défense, qui souhaitent autre chose que ce que leur Etat, à la solde des industriels empoisonneurs, leur propose ? Cette violence existe avant même que ces exterminateurs n’attaquent physiquement leurs proies faciles, composées majoritairement d’éléments pacifiques et pacifistes. Sous prétexte de la présence d’une minorité de casseurs, on tape tout le monde sans distinction. Sans compter que les éléments violents sont plus habiles à se défiler que ceux qui ne sont là que pour défendre leurs idées, question de métier sûrement. Ces soldats, ces guerriers de l’ordre, sont habillés de pied en cape comme s’ils étaient en état de guerre. C’est un groupe de robots cops qui se jettent dans la bataille forcément victorieuse contre des gens venus pour d’autres raisons que la bagarre. La violence apparait au moment même où ils apparaissent, ils n’ont même pas la nécessité de bouger pour effrayer, leur présence suffit, dans leurs armures ultralégères, leurs matériels sophistiqués et létaux, même s’ils ne le sont « officiellement » pas. La présence de forces armées sur un espace voué à un échange de points de vue pour le moins divergents n’est-elle pas aussi source de troubles majeurs. Nos policiers et autres gardes mobiles sont assez nombreux pour circonscrire le périmètre où voyous et manifestants se situent et il ne me semble pas inenvisageable, après une manœuvre savante et combinée comme savent les faire les militaires, d’encercler de plus en plus les fauteurs de vrais troubles pour laisser les seconds en paix. Mais lorsqu’on veut tuer son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?
  3. Le dernier point que j’évoquerai ici et maintenant n’est pas l’ultime remarque qui n’est jamais présentée ni par les « experts », ni par les commentateurs, et encore moins par les journalistes. Il s’agit de l’exemplarité de l’État. C’est à l’État de nous montrer la voie à suivre et pour revenir à la triste affaire du barrage de Sivens, pourquoi n’a-t-il pas appliqué ce fameux principe de précaution qui aurait dû l’émouvoir au compte rendu écologique de la décision de faire cette construction qui ne favorise que quelques-uns au détriment de tous et de la nature ? Pourquoi l’État laisse procéder à des études tronquées, truquées, alors que l’intérêt collectif est en danger, qu’un petit nombre s’accapare avec la bénédiction des autorités locales des droits auxquels ils ne pouvaient « normalement » prétendre ? Pourquoi nos policiers et gendarmes mobiles sont-ils équipés en « terminators », ruisselant d’armes et de protection qui les protègent de pierres alors qu’ils lancent des grenades contre des civils qui plus est sont des habitants qui veulent le bien de notre beau pays ? Pourquoi est-il nécessaire de toujours exacerber les colères chez les gens avant de reculer face à leur vindicte ? Tout cela crée l’insécurité et si vous avez lu le livre que je vous recommandais il y a quelques temps, « Pourquoi l’égalité est bonne pour tous », vous savez tout comme moi que tout cela repose sur l’inégalité croissante entre les citoyens d’une même Nation.

Or c’est là que l’Etat doit donner l’exemple, au lieu de créer des situations qui génèrent ensuite ce que chaque Etat rêve de faire, retirer toute liberté à chacun et donc à tous sauf à l’oligarchie qui dirige.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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