Log In

« LA » Chronique du week-end… (114)

"LA" Chronique du week-end... (114)

Je vous ai parlé récemment d’un livre que j’étais en train de lire et que j’appréciais extrêmement. Ce livre est « Pourquoi l’égalité est meilleure pour tous » de Richard Wilkinson et Kate Pickett aux éditions « Les petits matins ». Le prix est malheureusement toujours trop élevé mais il vaut les quelques vingt euros qu’il vous faudra donner à votre libraire de quartier plutôt qu’à ces usines où le personnel est réduit à l’esclavage contre des remises de un ou deux euros pour le client qui finalement y perdra sur le long terme. C’est un bouquin indispensable. Tout ce qui est écrit dans ces lignes est important, pour vous, pour moi, pour nous tous.

Intuitivement je pensais et savais ce que ce livre prouve de façon cartésienne aux imbéciles justement trop cartésiens que nous sommes. Le cartésianisme, comme tous les mots en « isme » n’est que la concentration d’une idée en un outil de déstabilisation et d’endoctrinement qui n’a pour but que d’annihiler nos consciences, nos esprits d’analyse et notre capacité intrinsèque de penser. Ce sont des études, faites avec notre argent, qui servent de base aux réflexions ô combien intelligentes de ces brillants chercheurs. Ils arrivent à prouver, par l’entremise de ces études qui sont parcourues par des yeux qui cherchent des solutions contrairement à ceux qui les ont faites pour justifier des comportements économiques établissant des règles qui attestent tous les jours de leur incapacité à régler les problèmes que notre société pose. Nos différents problèmes sociétaux, comme la criminalité, les maladies mentales et tous les problèmes de santé, les violences de plus en plus exacerbées des citoyens les uns envers les autres, tout cela et j’en passe pourrait être résolu si nous avions suffisamment de consistance et d’humilité pour admettre nos torts et remettre en question la société économique qui a pris le pas sur la société humaine. Nos efforts ne vont que dans le sens d’une compréhension du monde par des phénomènes quantifiables et valorisables monétairement, or il semble difficile, voire impossible, de tout valoriser da manière financière et heureusement. L’amour, l’intelligence, le courage, tout cela ne pourra jamais trouver d’équivalent en dollars ou en euros. Et c’est justement par l’égalité devant les revenus et la répartition des richesses que les solutions s’imposent d’elles-mêmes. Non seulement tout n’est pas valorisable mais la répartition de valeurs que nous donnons à tout est une échelle sur laquelle les gens se comparent et s’autodétruisent à force de sentiments négatifs basés sur l’exacerbation de nos égo.

Que les Japonais aient la vie la plus longue des populations du monde industrialisé n’a pour fondement premier que l’égalitarisme de leur société. Une égalité fondamentale puisqu’elle se réalise avant même les calculs et ponctions dus à la redistribution. C’est cette même égalité qui fait que les peuples plus égalitaires ont moins de criminalité et de problèmes de santé mentales, de dépressions et autres maladies dues au « stress ». Pour reprendre l’exemple du Japon, là-bas les citoyens ne se mettent pas en avant, ils s’effacent pour donner la place aux autres. Ils ne mettent pas leur ego en position de compétition permanente et se contentent d’une humilité naturelle… Je ne vous livrerai aucun secret de cet ouvrage, car il faut le lire pour s’approprier une nouvelle source de réflexion, qui est à l’opposé de la compétition dont on nous ressasse sans arrêt les pseudos bienfaits. Il m’a fait l’effet d’un révélateur, nous savons tous que le principe d’égalité est une seconde nature chez l’homme depuis les études anthropologiques de Marshall Sahlins dont je vous avis parlées en son temps. Ce n’est que depuis que nous avons pris comme base de travail la lutte contre nos frères que nous sommes devenus fous. Ce livre se termine par une tentative, tentative que malheureusement nos hommes politiques sont loin de comprendre et d’appliquer. Cette opportunité donnée par les auteurs est celle qui propose de se créer une vision du monde dans lequel nous aimerions vivre, dans lequel il ferait bon vivre pour chacun d’entre nous, alors même que nous sommes tous différents. Cela semble impossible à concevoir mais rien n’est impossible à ceux qui veulent vraiment atteindre l’objectif qu’ils se sont fixés. Tout est dans la volonté de chercher un itinéraire nouveau, des idées nouvelles, des motivations autres que celles que nous avions jusqu’à lors. C’est une des rares fois où vous m’entendrez appeler de tous mes vœux la « nouveauté », mot tellement galvaudé, tellement mal utilisé par nos gouvernants menteurs et corrompus. Ce qui serait vraiment nouveau serait qu’ils se taisent et rendent le pouvoir aux peuples que nous sommes tout autour de la planète. Ça, cela serait vraiment nouveau.

Lisez ce bouquin, même si la préface est écrite par un Tartuffe de l’écologie, et vous retrouverez un espoir, celui qui m’anime et celui qui me donne la force d’écrire ces articles, lus par une poignée de gens qui sont pour la plupart déjà convaincus et qui font se rassurent en lisant quelqu’un qui pense comme eux. C’est ce que mes statistiques de lecture font sur moi… Elles me rassurent sur le fait que je ne suis pas seul. Richard Wilkinson et Kate Pickett sont avec nous aussi…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com