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Editôt ou éditard… (119) Agir… Réagir… Ré-agir ?

Editôt ou éditard... (119) Agir... Réagir... Ré-agir ?

Un otage français est toujours entre les mains des membres de l'AQMI, Serge Lazarevic, c'est le dernier et il fut enlevé en novembre 2011 au Mali. C'est certainement pour fêter un joyeux anniversaire que ces comiques de la prise d'otages ont fait parvenir à notre gouvernement de « va-t-en guerre » une vidéo qui montre cette personne en train de demander à notre président de le sortir de la situation où il se trouve depuis maintenant trois années. Hollande, en bon énarque, fit des ronds de jambe, félicita la sœur de l'otage pour sa conduite et retourna à table avec ses amis du G20. Bravo monsieur le président (avec minuscules partout comme lui), quel talent !

Il est facilement compréhensible que la courbe du chômage est moins difficile à inverser que celle des courbes et ondulations stomacales de notre représentant du peuple français, parce qu'en fait, c'est tout de même ce qu'il est, notre président. Dommage qu'il ne représente plus que quelques pour-cents des Français en question. Il est toujours dangereux de régler un problème en en créant un plus important. Ce n'est pas en guerroyant que les électeurs trahis de l'autre pays du fromage changeront d'opinion sur les faits avérés de ses manquements.

Tout au plus cette situation de guerre, accompagnée de ses conséquences sur une exacerbation des craintes terroristes bien orchestrées par Valls et son orchestre, ne pousse les Français dans leur ensemble qu'à avoir toujours plus peur, à se replier toujours plus sur eux-mêmes, à vouloir s'isoler de toutes ces élucubrations sauvages parce que guerrières. C'est comme cela que tous les gouvernements de la planète se déplacent idéologiquement vers la dictature, celle qui fera de nous des êtres surprotégés mais aussi sans aucune autre liberté que celle que nos gouvernants voudront bien nous laisser, celle de consommer en particulier.

J'ai pu aussi constater cela hier dans l'émission « Mots croisés » sur France 2 durant laquelle Henri Guaino et Jean-Luc Mélenchon montrèrent à quel point ils étaient proches. En fait, lorsque les extrêmes deviennent de plus en plus extrêmes, ne finissent-ils pas par se rencontrer ? C'est bien le cas. La courtoisie du duel n'était pas feinte, leur désaccord fondamental existait bien, mais on pouvait sentir comme une connivence entre ces deux professionnels de la politique. Je n'attends pas des hommes ou femmes politiques qu'ils entre-égorgent, quoique cela nous débarrasserait d'eux, mais de là à fraterniser il y a, à mon avis, un peu de distance. On voit bien que ceux-là comme tous les autres n'ont pas vraiment envie de changer leurs habitudes et que les vielles recettes, même inopérantes, sont tout de même plus faciles à exploiter que de se mettre à imaginer quelque chose de vraiment nouveau. C'est lorsque l'invité centriste belge arriva sur le plateau qu'il sema le désordre dans cette belle harmonie droite gauche qui s'était créée.

C'est donc bien pour se gausser de nous que ces gens se font élire car à aucun moment je n'ai vu hier, comme tous les jours que tous les Dieux font, un quelconque désir chez eux de nous sortir des griffes des solutions habituelles des vampires qui nous sucent le sang à longueur de vie et dont ils sont partie intégrante. Alors pourquoi tout ce mélange d'arguments qui semblent éloignés les uns des autres ? Tout simplement parce que sans une vue globale, sans une analyse de la situation générale, nous ne pourrons jamais prouver que ces gens se moquent de nous. En noyant tout dans les détails, en découpant chaque fait en tranches fines nous ne pouvons plus appréhender les justifications de l'acte, ses véritables motivations comme ses conséquences.

C'est en noyant le poisson, tout au moins en essayant, que nos gouvernants peuvent escompter nous mener en bateau pour longtemps. Tout est lié, rien n'est détaché de rien, il n'y a pas de décision qui puisse se prendre sans qu'elle ait des conséquences dans de nombreux domaines pour ne pas dire dans tous les domaines. C'est la raison pour laquelle il nous est nécessaire de reprendre l'utilisation de nos cerveaux, de nous remettre à penser par nous-mêmes et refuser cette hyper spécialisation qui fait de nous des automates sans conscience, des lobotomisés dans l'attente de « l'homme augmenté » qui ne sera définitivement plus qu'une machine à consommer.

Regardez tout dans son ensemble, ne vous laissez pas entraîner à parler des détails si vous n'avez pas une vue précise de la globalité, ne réagissez plus, agissez c'est tellement mieux.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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