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Editôt ou éditard… (120)

Editôt ou éditard... (120)

L’hiver arrive à grands pas, pas les températures hivernales, heureusement pour les sans-abris, mais l’hiver économique est déjà là et depuis trop longtemps. Les Français vont être, une fois de plus, sollicités, leur générosité, presque sans borne compte tenu de leurs capacités financières qui diminuent d’année en année, devra compenser les manquements d’un gouvernement qui était de gauche avant de devenir de droite. L’espoir que génère la gauche, généralement, a été sabordé, détruit et enseveli sous une contagion néo-libérale de nos édiles aux accents « jaurèssiens » oubliés. Heureusement le peuple de France, malgré parfois sa suffisance et son arrogance, retrouve ses véritables origines dans sa bonté naturelle.

L’an dernier les « Restos du Cœur » ont servi plus de 130 millions de repas, on attend cette année un record encore plus critique, un record comme on n’aime pas les battre. A l’instar de nos tennismen qui mobilisèrent les yeux de beaucoup de citoyens hier, notre économie et notre gouvernement partagent le même échec. Qui ne s’y attendait pas ? Personne en réalité, mais tout le monde faisait mine d’espérer. On ne peut attendre de réussite de manœuvres éculées, qui montrèrent depuis des décennies les limites de leur incompétence et leur inadaptation aux attentes du peuple comme de ses besoins primordiaux. Bien sûr le collectivisme est mort mais cela signifie-t-il que le côté social de notre république, de plus en plus bananière, soit mort de même ? Évidemment non, mais nos élus, ces escrocs qui nous gouvernent et nous mentent en permanence, veulent que nous croyions l’inverse mais ils nous trompent une fois de plus. C’est ainsi que les erreurs et l’égarement de nos gouvernants obligent les associations à prendre le relais et c’est donc une population rackettée par l’état qui va devoir assumer, en sus, les obligations sociales que celui-ci ne peut prendre en charge.

Le Téléthon ainsi que toutes les associations reconnues d’utilité publique, encore une façon d’attribuer aux copains ce que nous refusons à la multitude, vont nous appeler à donner, à financer de nos deniers, ceux qui nous restent, soit la recherche, soit l’alimentation, soit le logis et j’en passe des pauvres qui sont de plus en plus nombreux. Pendant ce temps-là les grands noms des partis politiques continuent de se battre pour gagner des élections qui n’auront lieu qu’en 2017. Ainsi Sarkozy est allé, avec une bande de faquins, ridiculiser Juppé dans son propre fief. Cela prouve deux choses, que Juppé n’est pas à la hauteur de la roublardise de son ennemi juré, et que Sarkozy est sans doute prêt à tuer sa propre mère pour gagner le droit de se mettre à l’abri des procédures judiciaires nombreuses et graves grâce à l’immunité amorale de nos présidents. Comment ne pas apprécier à sa juste valeur la différence entre l’avidité de nos hommes politiques et la générosité du peuple qu’ils ruinent et désolent ? Ils sont aussi odieux, nos hommes politiques, que leur peuple est grand. Triste constat si l’on sait que le peuple a le gouvernement qu’il mérite…

Mais voilà, le succès de nos opérations caritatives montrent l'immense échec de la politique gouvernementale actuelle comme de toutes celles qui l'ont précédée. Échecs dans les domaines de l'économie et du social, ces échecs montrent aussi le manque d'imagination, de créativité de nos élus, et là ce n'est plus seulement une erreur mais la preuve d'une volonté tenace de ne rien changer, de ne rien faire qui puisse gêner le fonctionnement de l'oligarchie en place. C'est bien d'avoir du cœur mais la pitié est le pire des sentiments, c'est l'émotion qui avilit à la fois le donateur et le bénéficiaire. La solidarité n'est pas ce qui fait fonctionner les grandes associations qui se gavent des dons de donateurs naïfs mais bienveillants. Les généreux donateurs ne veulent faire que du bien et se racheter de leurs propres excès dont ils ont conscience inconsciemment. Mais les structures qui reçoivent leurs dons, leurs legs, leurs actes de générosité ne sont que des usines qui se gèrent comme des entreprises et où le marketing est une des plus grosses parties de leurs budgets. Ce que je prône n'est pas le don mais la solidarité, l'amour de son prochain, pas dans le sens religieux du terme mais bien dans le sens le plus humaniste qui soit. Partager sa table, assurer le logis de nos frères infortunés, se battre avec eux pour leur faire retrouver ce que l’État leur prend de leur dignité. Ne me parlez pas des abus, ils ne sont que moins de 2 ou 3 % et doit-on priver 97 % des pauvres de bien-être parce que l'infime minorité qui s'y agglomère ne mérite pas notre amour mais notre sévérité ?

Plus de huit millions de nos habitants vivent sous le seuil de pauvreté, des centaines de milliers de gens vivent dans leur voiture bien qu'ayant des contrats de travail en CDI, des enfants vivent dans la rue… Comment pouvons-nous accepter cela ? Comment pouvons-nous tolérer cela ? Moi, je ne le peux pas, je ne peux plus… Sommes-nous égoïstes au point de regarder mourir nos voisins sans bouger le petit doigt tant que notre confort nous est conservé ? J'ai honte de moi, j'ai honte de mon monde, j'ai envie de pleurer…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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