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L’éveil… Mode d’emploi

L'éveil... Mode d'emploi

Le geste révolutionnaire n'est pas donné à tous, il est réservé aux esprits éveillés, non pas qu'il s'agisse de discrimination et de l'envoi ad patres des gens qui ne le sont pas, mais simplement de constater que le fait de vouloir changer les choses corresponde à un niveau de conscience de la situation de laquelle on veut sortir. Et c'est de cela que je parle en évoquant l'éveil, de la conscience de ce qu'on a et de celle de ce qu'on veut à la place.

Bien entendu, le mot révolutionnaire semble fort mais il faut le prendre dans le sens premier, celui de la rotation sur soi pour revenir au point de départ. Changer tout en ne changeant pas, voilà le problème. Rester dans le même monde mais le voir et le vivre différemment, mieux encore, le changer pour le faire vivre différemment. Les régimes politiques basés sur le capitalisme et le collectivisme ont vu leurs limites rapidement atteintes. Même s'il fallut plus de temps pour démontrer l'aberration du capitalo-libéralisme, alors que 70 années suffirent à voir l'impossibilité de faire régner une justice sociale reposant sur les propos généreux mais méconnaissant les travers de l'être de Karl Marx, on est aujourd'hui tous convaincus que rien n'est vraiment totalement bon, ni chez Adam Smith ni chez Lénine. Enfin je l'espère, parce que tous ceux qui font encore mine d'y croire sont ou de vrais menteurs ou de profonds naïfs. Comment peut-on s'éveiller, comment peut-on passer du stade de lobotomisé précoce, par l'école, l'université ou les grandes écoles, au niveau d'éveillé ? En fait, c'est très simple, trop simple diraient les jeunes. Il suffit de penser par soi-même, de se laisser aller à réfléchir sur des thèmes choisis ou non, pas uniquement politiques ou économiques, non, il suffit de penser, de choisir les mots qui caractérisent l'opinion qui nous est propre et de les exprimer, d'abord pour soi et ensuite pour les autres. Je suis dans un avion qui me ramène de Toulouse à Paris, je vois juste quelques sièges précédant le mien un homme lisant Le Monde, ce journal qui se voulait celui des intellectuels, il y a longtemps, est devenu le porte-voix des thuriféraires de la société du gaspillage et du consumérisme extravagant, des pollueurs patentés qui préfèrent emmagasiner des profits en détruisant la planète que de dépenser leur énergie à la défendre. Ce lecteur du Monde est-il en train de rechercher des sujets de réflexion, ou des informations dont il ne serait pas encore au courant, ou la confirmation que ses positions sont celles qui correspondent au standard fixé et préféré par la gente qui nous gouverne et celle qui les finance et dont ce journal est l’outil de propagande ? Là est la question ! Tout peut nous porter à la pensée personnelle, à la recherche de sa propre compréhension des choses, des actes et des faits de tous et de soi, mais encore faut-il s’autoriser à penser, se laisser aller aux « pourquoi » incessants des enfants qui veulent apprendre la vie.

C’est cette question qui génère le mieux, le plus rapidement, le plus efficacement, le retour sur nos acquis et leur remise en question. Si nous nous demandons, à chaque fois que nous souhaitons faire une action, quelle qu’elle soit, pourquoi celle-ci doit être faite, vous seriez surpris du résultat. Peut-être aboutiriez-vous à la négation de ce que vous aviez prévu de faire, car se poser la question du pourquoi nous agissons nous pousse souvent à ne pas le faire. En effet, l’inutilité caractérise beaucoup de nos actions, la justification de nos actes passe au filtre de notre ego, de notre éducation, de nos complexes et autres données qui font de nous ce que nous sommes. Non pas que tout ce que nous faisons doive être absolument utile, non, il ne s’agit pas de cela. Mais si nous comprenions les véritables raisons de nos motivations, elles changeraient indubitablement. Je veux dire par là que nous nous ignorons complètement, nous ne maîtrisons pas notre propre personnalité et moins nous pensons moins nous pourrons en prendre le contrôle. Il faut penser, réfléchir à ce que nous sommes réellement, remettre en question notre passé, notre présent et notre avenir car est-il agréable de vivre une vie pour laquelle nous ne sommes pas faits ? L’éveil par le « pourquoi » est la voie infantile de l’avancement, mais elle présente l’avantage indéniable de fonctionner. C’est la solution la plus simple pour commencer à penser et à entrevoir une possibilité concrète d’autogestion de notre esprit et donc de notre corps ensuite pour finir dans le tout que nous sommes chacun et tous à la fois. Sans le retour sur nous-mêmes, sans cette connaissance de notre propre essence, de qui nous sommes vraiment, la vie ne sera que le simulacre d’elle-même et ce sera par procuration que nous gaspillerons notre temps et donc nos vies qui en perdront tout intérêt. C’est de cet éveil que je parle, celui de la conscience de nous-mêmes, celui qui nous révèle NOTRE pourquoi nous sommes là. Peu importe que nous soyons tous d’accord, peu importe que nous soyons même opposés dans nos façons de penser et de choisir, l’important n’est pas le consensus mais bien l’autonomie de la réflexion, la tolérance et l’acceptation de cette même autonomie de tous les autres quels que soient leurs choix et leurs chemins de vie.

Malheureusement l’éveil dont je parle ne touche pas tous les êtres, je dirai même que les « éveillés » sont extrêmement minoritaires mais est-ce une raison de ne pas essayer de le devenir ou au contraire une extraordinaire énergie pour tenter l’expérience et s’enrichir en profondeur et en humanité ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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