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Pauvre Juncker !

Pauvre Juncker !

Le pauvre Juncker, non content d’être conspué par des extrémistes de l’égalité fiscale qui lui reprochent d’avoir signé des accords avec plus de 300 multinationales afin de les protéger d’une lourde taxation, souhaite être moqué de tout le reste des europhobes et même des europhiles. Pourquoi ? Tout simplement parce que ses 300 milliards et des poussières ne sont rien, mais absolument rien au regard de ce qui serait nécessaire pour créer une véritable relance. De plus, une relance financée par du crédit… Est-ce bien raisonnable ? Mais le pire réside dans le fait que Juncker croit encore qu’une relance est possible…

Plusieurs problèmes dans l’offre fantastique de notre président-banquier de la commission européenne, certains d’ordre financier, d’autres philosophiques, et d’autres encore simplement logiques. Commençons par ceux qui reposent sur ce que le Luxembourg et Juncker en particulier connaissent le mieux, la finance. Mettre en avant le montant majestueux de plus de 300 milliards sur la table pour investir et relancer l’Europe est bien, mais le mieux n’aurait-il pas été de dire d’où venait cette manne extraordinaire ? Et est-elle vraiment une manne ou encore une duperie engendrée par les cerveaux malfaisants de nos fonctionnaires supranationaux ? En fait l’Europe ne va « sortir » de « nos » poches que 20 milliards d’euros, le reste est un montage savant qui fait apparaître, très discrètement il est vrai, qu’il s’agit bien d’un crédit en face duquel l’Europe va donner sa garantie. Alors vous voyez, je ne suis pas un économiste, je ne suis pas un de ces spécialistes qui vont savamment vous démontrer que les solutions les plus intelligentes ne sortent que de leurs élucubrations intellectuelles et que nous, vulgum pecus, ne sommes bons à rien et n’y comprenons pas plus. Non, je ne suis rien, c’est vrai. Mais voilà, j’ai une cervelle, de moineau peut-être mais j’en ai une. Et je me dis que le crédit c’est bien mais qu’il y a peut-être mieux, certainement mieux, obligatoirement mieux. Je ne dirai rien de plus que relisez mon article sur le crédit et vous comprendrez mieux que n’importe lequel de ces fumeux spécialistes qui nous ruinent depuis des décennies. Nous prendrait-il pour plus bête qu’il en a l’air ?

Secondairement le problème philosophique engendré par la proposition malhonnête de Juncker repose sur la dépendance que nous avons vis-à-vis d’une certaine idée de nos vies, des libertés qui les animent, et des volontés qui les conduisent. Juncker nous soumet une fois encore, il nous asservit une fois de plus au monde de la finance, par ses montages douteux et truqués, il nous met à genoux devant le Dieu finance. Ce sont des capitaux anonymes, des chiffres sur des rouleaux de papier toilette qui se suivent et se cumulent en une triste litanie sans aucun sens, sans aucun autre intérêt que celui de l’adoration de ces rouleaux de papier, ce sont donc ces capitaux anonymes et discrets qui vont sauver l’Europe. Mais je vous rassure, au moins si seulement leurs comptes, à ces voyous de la finance étaient sur des rouleaux de papier hygiénique, au moins seraient-ils utiles… En nous endettant toujours plus, il permet aux banquiers de continuer de se gaver et de créer un argent virtuel qui ne correspond à rien d’autre que du vent.

Troisièmement les problèmes logiques générés par ce nouvel endettement sont susceptibles, parait-il, de faire naître une croissance inespérée pour nos pays en récession naissante (???)… Pourquoi la logique entre-t-elle en ligne de compte me direz-vous ? Tout simplement parce dans un monde fini nous ne pouvons pas raisonnablement espérer une croissance continue, au rythme exponentiel que nous souhaitons, à l’infini, pour l’éternité, dans les siècles des siècles, amen. Je discutais hier avec une de mes relations qui croit dur comme fer que nous trouverons sans cesse des solutions à tous nos problèmes. Il ne lui est jamais venu à l’esprit que nous pouvions tout simplement éviter de produire sans cesse des problèmes… Étrange, n’est-ce pas ? Cette foi illimitée en l’imagination de l’homme pour sortir des problèmes qu’il génère… Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi nous n’utilisons-nous pas notre imagination pour anticiper les problèmes et ne pas les connaître ? C’est bête ce que je dis, je sais, mais quand même, ne faudrait-il pas se poser la question ? Il est illogique de croire que la science est la solution permanente et continue qui nous sauvera la mise à chaque coup que nous réserve la nature dans un premier temps, et ce qu’elle est en train de devenir par le truchement de notre malfaisance volontaire et têtue dans un second. Nous voulons tellement nous montrer maître de la nature qui nous a donné vie que nous la détruisons pour lui montrer notre puissance, quelle tristesse ! N’est-ce pas un peu l’image de l’homme qui scie la branche sur laquelle il est assis ? Un peu tout de même, non, ou je me trompe ?

Alors Juncker, cher ami des banquiers et des usuriers, gardez vos milliards de poudre aux yeux, donnez-les directement à vos trésoriers habituels sans prendre la peine de nous faire rêver car notre réveil n’en sera que plus brutal…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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