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Dans la dynastie Gattaz, je voudrais le fils…

Dans la dynastie Gattaz, je voudrais le fils...

Alors il parait que les patrons se sont rendus dans les rues pour faire savoir leur mécontentement. J’ose espérer qu’ils n’ont pas pris froid avec la baisse générale des températures. C’est d’ailleurs un peu la baisse de la température de notre grand comique Pierre Gattaz, tête dans les épaules tel un vautour, digne fils de son père, grand comique lui-même et premier de la dynastie qui se réserve la direction du syndicat des chefs d’entreprise du CAC40 et des gros faiseurs de profits. Mais il faut savoir que le tissu entrepreneurial de notre pays n’est pas fait de ces grandes sociétés mais bien des petites, voire des microscopiques et des artisans…

Il est vrai que notre pays brille par son administration hyper centralisée et qui déborde d’énergie et d’imagination pour rendre compliqué ce qui est simple. La complexification de tout ce qui touche à l’entreprise est une volonté discrète mais réelle de nos gouvernants, toutes tendances confondues. C’est dans le labyrinthe des formalités inutiles, des tracasseries administratives, de l’imbroglio des services et des documents à remplir des dizaines de fois pour tant de départements différents, que se perdent les velléités des nouveaux entrepreneurs dont la vocation n’est pas bien accrochée. Il faut vraiment en vouloir pour créer une entreprise chez nous. Mais encore faut-il reprendre le problème à la base. Pourquoi les gens sont-ils tentés de donner naissance à une entreprise ? La première réponse qui vient tout de suite aux lèvres est : pour gagner de l’argent et plus qu’en restant salarié si c’est possible. La seconde réponse est : pour gagner la liberté… Contentons-nous de ces deux premières réponses qui sont les points communs fondamentaux de tout chef d’entreprise, dans cet ordre ou l’inverse en fonction de chacun.

Gagner de l’argent semble être la motivation la plus mobilisatrice dans l’acte de création d’une entreprise. Dans notre société où le paraître est le moteur principal de toute activité humaine ou presque, où il vaut mieux être riche et bien portant que pauvre et malade, où la voiture et d’autres biens servent à établir une échelle de valeurs qui n’ont rien à voir avec les qualités humaines de chacun, où l’écrasement des autres à des fins de réussite personnelle n’engage même plus le moindre problème de conscience, comment ne pas être intéressé par le seul instrument de mesure qui soit respecté, l’argent. Plus on en a et plus nous sommes puissants, plus nous sommes respectés disais-je et c’est bien là le souci majeur de notre civilisation en perdition. Nos valeurs ne sont que matérielles. Notre spiritualité vole au niveau du sol et ne s’embarrasse pas de réflexion métaphysique sur les sujets qui préoccupaient naguère tant de gens cultivés mais peu nombreux. Nous sommes tombés dans le culte du nombre, de la mesure, de l’évaluation, de la comparaison et du classement. Je comprends donc cette motivation à « faire de l’argent ». Mais cela ne la rend pas gracieuse pour autant !

La liberté, l’entreprise donne la liberté, parait-il. Mais de quoi parlons-nous ? J’ai été entrepreneur toute ma vie et tous mes amis me disaient sans cesse que j’avais de la chance, que je pouvais partir en vacances quand je le voulais, comme si la première satisfaction d’un homme venait du fait qu’il ne fasse rien. J’ai travaillé plus que quiconque, levé à 5 heures tous les matins, couché entre 23 heures et minuit tous les soirs, sans compter les samedis et les dimanches où je pouvais faire une grâce matinée jusqu’à 7 heures. Mais de quelle liberté parlons-nous ? De celle qui fait que vous ne recevez pas d’ordre, de celle qui vous fait organiser votre travail et celui de ceux qui vous aident comme vous le souhaitez, même si vous vous entourez de personnel compétent qui vous soutient et vous conseille. Cette liberté n’a pas de prix. Elle induit forcément et automatiquement la responsabilité car il ne peut y avoir de liberté sans responsabilité, c’est impossible malgré ce que vous disent vos élus. Cette motivation-là, je la comprends, je la partage et je l’aime.

Donc les chefs d’entreprise partagent pour la plupart ces motivations et ce sont eux, pas les gros mais bien les petits entrepreneurs qui génèrent le plus d’emplois et de richesses dans notre pays. Pas les grands du CAC40 qui ne sont là que pour prendre et ne rien donner à personne. Ce ne sont pas les grandes entreprises qui paient les impôts parce qu’elles ont les meilleurs cabinets d’optimisation fiscale du monde et que les artisans n’ont rien que leurs mains et leur intelligence pour répondre aux questions angoissantes d’une administration qui les oppresse et les contrôle bien plus que ne le sont les gros dont les amis sont dans tous les gouvernements qui se suivent et nous ruinent chaque jour un peu plus. Le rapprochement toujours plus ténu du monde de la finance et de la politique ne joue pas en faveur des petits qui font vivre la France mais des gros qui la pillent et s’empiffrent avec la complicité active de leurs amis politiciens de tous les partis traditionnels, voire même des extrêmes.

Ma position est simple, je n’ai jamais aimé l’argent, même lorsque j’en avais peu ou prou, en revanche ma liberté a toujours été le moteur de ma volonté entrepreneuriale. Je ne suis pas un saint mais j’ai toujours pensé que l’argent était un outil et pas un instrument de mesure pour comparer les hommes entre eux. Je ne comprends pas que l’argent soit un motivateur, si ce n’est que je comprends tout de même que le matérialisme, qui nous est imposé depuis des siècles par le productivisme et la destructrice American Way of Death, nous a fait diviniser du papier. Quand les journalistes s’acharnent à nous parler de 300 emplois perdus dans une grande entreprise, ils oublient simplement que chaque jour des dizaines de petites entreprises meurent avec chacune 3 ou 4 salariés qui ont tout perdu dans le silence assourdissant du mépris de toutes les classes politiques et économiques.

Nous ne devons pas entreprendre pour faire de l’argent seulement mais bien parce que nous aimons ce que nous faisons et que nous souhaitons le faire en pleine liberté. Ce serait tellement plus sain mais c’est malheureusement encore trop utopique aujourd’hui. Mais nous ne devons pas désespérer, la misère qui vient fera que nous nous rapprocherons plus les uns des autres pour retrouver nos racines et notre solidarité humaine. Enfin… Je l’espère…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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