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Dernier Hollande, kazakh rouge et cheveux teints

Dernier Hollande, kazakh rouge et cheveux teints

Pendant que Thierry Lepaon s'accroche à un siège qui tend à lui fuir, notre président, l'autre pays du fromage, est au Kazakhstan en train de faire des courbettes à un homme politique dont les aspects démocratiques développés ont fait sa réputation de par le monde. Noursoultan Nazarbaïev, président tendre et chaleureux fait preuve de bonté de façon quotidienne dans la direction des affaires de son pays, donc des siennes propres puisque nous pouvons dire, sans trop de risque d'erreurs, qu'elles se confondent. Une main d'or dans un gant de fer serait le meilleur descriptif que je pourrais faire si je l'osais… Pourquoi cette promiscuité entre un syndicaliste motivé par le faste et l'argent et une visite présidentielle à un gangster ? Vous le saurez tout de suite…

J'essaie simplement par la proximité de gens vraiment différents, dans leurs fonctions, dans leurs statuts sociaux, dans leurs caractères… oups… peut-être pas les caractères, dans leur attrait pour le vedettariat et les bonnes places sur les photos… oups… peut-être pas pour ça aussi, de montrer que des hommes différents en apparence peuvent partager des défauts qui les feront haïr de tous ce qui leur fera au moins un point de commun. Qu'un défenseur de la veuve et de l'orphelin se permette de prendre une prime qui, certes lui est due, le fait profiter de la misère des autres en leur prenant ce qui devrait leur être réservé, est moralement insoutenable. Comme quoi le droit et la morale ne font pas toujours bon ménage. Qu'un autre défenseur de la veuve et de l'orphelin, comme devrait l'être un socialiste, qu'il soit ou non président de la république, rende visite au complice de son prédécesseur dans de sombres trafics d'influence et de corruption, qu'il serre la main d'un acharné défenseur de la dictature souple mais efficace en représentant le pays qui inventa les droits de l'homme, cela est moralement insoutenable également.

Bien sûr, d'aucuns me diront que ce beau pays démocratique qu'Hollande visitait est notre premier fournisseur d'uranium et l'un des principaux en pétrole, et qu'à ce titre il fallait mettre en sourdine les cris assourdissants des journalistes enfermés, des étudiants embastillés, des électeurs bafoués lors d'élections truquées. Ce ne doit pas être une petite et banale affaire de corruption, où la France a brillé, en Belgique, pour une vente de quelques hélicoptères, qui détériore une ambiance sereine et réjouie entre deux mafieux qui dirigent leurs pays respectifs via des cliques de complices aux dents longues. Ce ne sont pas les souvenirs audacieux de diplomatie « parallèle », comme le dit lui-même Hollande, qui anima un commerce florissant d’investisseurs dont les fonds ne sentent peut-être pas la rose et qu'on devrait vérifier attentivement, qui doivent abîmer des relations politiques et intéressées entre deux hommes qui ont tant en commun.

Le rapprochement que je tente entre le syndicaliste et le président montre que la corruption est partout, que ce n'est pas l'argent qui corrompt mais bien les hommes qui flétrissent tout ce qu'ils touchent. Il suffit de goûter au pouvoir, au plaisir ravissant du luxe et de la volupté pour ne plus vouloir regarder ceux qui nous ont mandatés pour accomplir une mission dans leur intérêt stricte et commun. Que l'un ait l'excuse du droit et l'autre celle de la politique de nos approvisionnements ne sont finalement que des faux-semblants qui ne trompent personne. On ne peut trahir le bonheur commun pour le sien propre lorsque l'on donne des leçons aux gens qui nous sont opposés qui font de même et que l'on affuble de tous les maux et insultes. Si un hôpital ne peut se moquer de la charité, les hommes de pouvoir doivent faire de même. On ne peut reprocher aux autres ce que l'on fait soi-même et pourtant… Regardez autour de vous, ce sont ceux qui crient le plus fort vos travers qui les partagent le plus et sûrement vous dépassent dans leurs abus.

La question qui se pose est « peut-on faire de la politique ou du syndicalisme à un tel niveau sans être tenté par la corruption ». Que celle-ci soit dans les mœurs ou dans des aspects plus matériels, la corruption est intolérable. La réponse à la question est simplement non. On ne peut pas car la chair est faible et les gens capables de résister à tant de pressions ne sont pas nombreux. Ce qu’il faut donc, c'est trouver le moyen de limiter la capacité de nuisance des hommes, de façon à la fois réglementaire et punitive sans tomber dans un esprit anti-démocratique qui ne serait qu'un remède pire que le mal. Rien n'excuse la poignée de main entre un tortionnaire et un corrompu si ce n'est leur communauté de vice, même les intérêts majeurs d'un pays car en vérité ce que les politiciens appellent des intérêts majeurs ne sont que des leurres qui cachent leurs commerces interdits et leurs enrichissements indus.

Tout est possible à celui qui le croit. Nos personnels politiques professionnels ou nos syndicalistes ne croient en rien si ce n'est en eux-mêmes… C'est peu pour ceux qu'ils défendent ou plutôt ceux qu'ils sont censés défendre.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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