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Editôt ou éditard… (124)

Editôt ou éditard... (124)

Même si Churchill disait que la démocratie est le régime politique le moins pire, premièrement rien ne prouve qu'il avait raison, secondement rien ne prouve que les torts étaient siens non plus. La démocratie est une gigantesque poubelle où s'entassent, comme jadis, tous les rejets de notre société, qu'ils soient bio-dégradables ou pas, qu'ils soient en une quelconque matière recyclable ou pas, tout s'agrège à tout, le probable à l'improbable. Il en va de la crédibilité de ceux qui mènent les politiques qui se suivent et se ressemblent étrangement, si cela se voit trop qu'ils sont tous pareils, les gens vont réagir, si cela ne se voit pas assez, ce sont ceux qui jouent la comédie qui se posent la question de leur propre utilité…

Comment ne pas voir dans les élections tunisiennes le même scandale que dans les nôtres ? Comment accorder un quelconque crédit aux même causes qui génèrent les mêmes effets ? Quand vous voyez les deux clowns tristes qui se disputent la victoire en étant, chacun dans son coin, sûr du bien fondé de l'argumentation qui le met victorieux au lieu de l'autre concurrent, n'y a-t-il pas quelque chose de surréaliste dans ces situations où tout le monde gagne toujours même celui qui vient de se prendre une correction mémorable tout en refusant de l'admettre. De surréaliste mais surtout de ridicule, de monstrueusement ridicule. Quelle honte pour eux comme pour nous qui nous repaissons de ce lamentable spectacle. Souvenez-vous des dernières municipales où la gauche venait de se prendre une déculottée magistrale mais qui continuait à vouloir porter beau, à feindre l'averse passagère en lieu et place de la mousson qui leur tombait sur la tête, qu'ils ont vide par ailleurs.

Les débats qui commencent à 20h00, juste après la clôture des bureaux de vote, nous font à chaque fois les mêmes mises en scène, qui que soit le gagnant ou le perdant parmi les sempiternels partis qui se donnent et se reprennent le pouvoir l'un après l'autre sans coup férir et sur notre dos. Les gagnants enfoncent le clou pendant que les perdants trouvent tous les arguments pour diminuer leur échec aux yeux des électeurs qu'ils prennent pour des imbéciles. En fait, ce que ces gens qui se brocardent pour le pouvoir oublient une chose simple et claire, ce sont les électeurs qui font et défont leurs majorités et donc qui leur prennent ou leur rendent le pouvoir qui les enrichit au détriment de ceux qui les élisent. Les mieux informés sont tout de même ceux qui les mettent là où ils sont me semble-t-il, non ou je me trompe ? Or, même si nous avons nos opinions, si nous sommes encombrés de partis pris ancestraux ou familiaux, oui, oui ça existe, des gens qui votent depuis plusieurs générations de la même façon sans savoir vraiment pourquoi existent, j'en ai rencontré… Nous sentons tout de même, de façon diffuse, que la gifle arrive sur la joue de celui qui la mérite le plus ce jour-là. Alors leurs esquives de la réalité ne trompent toujours personne.

Les candidats tunisiens sont comme les nôtres, menteurs comme des arracheurs de dents, et usant de tous les moyens, éthiques ou non, pour tenter de voler la vedette à leurs adversaires quels que soient les résultats. C'en est éreintant de les voir se battre comme des chiens autour d'un os, surtout lorsqu'on se remémore que l'os, c'est nous. Cela ne leur suffit pas de voler la pseudo révolution à ceux qui l'ont faite, de rendre une liberté chèrement acquise au même bourreau qui la sacrifiait jadis, il faut en plus qu'ils pérorent devant les caméras en se fustigeant l'un l'autre alors que seule leur position dans un avenir proche les intéresse et les motive. Que des gens meurent pour leurs idées est de nos jours trop rare pour entrer une nouvelle fois dans nos mœurs. Leur combat, voire l'immolation dont ils se rendent eux-mêmes victimes, n'a de valeur que télévisuelle ou informative. Je veux dire par ces mots que cela permet aux chaînes d'information en continu comme aux autres de continuer de nous lobotomiser en nous saupoudrant cette nouvelle au milieu de tant d'autres sans aucune importance comme la dimension des seins de Nabilla ou si elle a vraiment voulu tuer son « ami », ce dont à peu près tout le monde se moque éperdument, sauf ceux pour qui c'est déjà trop tard…

Quand les journaleux et autres bavards de bas étage se gargarisaient de « printemps arabes », lorsque j'étais en Égypte durant les débuts des événements de la place Tahrir et que je voyais de grands espoirs naître, de ces mouvements de foules analphabètes qui se ruaient dans les rues pour trouver une liberté dont ils ignoraient tout jusqu'à sa propre définition, j'étais un rabat-joie parce que je disais et écrivais que la dictature reviendrait vite, très vite, toujours trop vite. J'étais un méchant prophète qui ne prédisait que des catastrophes, lorsque ceux qui me critiquaient alors reprennent mes propos après quelques petites années d'écart et se les attribuent, je ris doucement, car…

Aujourd'hui comme hier ils se trompent… Comme on dit d'un chien qui a goûté à un mouton qu'il y reviendra, la rue a ce même parfum pour les révolutionnaires… Ils y retourneront… Sauf s'ils se laissent lobotomiser entre-temps…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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