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« La » Chronique du week-end… (122)

"La" Chronique du week-end... (122)

Dans énarchie il y a ENA, notre fameuse école d'administration, voulue par Michel Debré, vous vous souvenez le premier ministre de De Gaulle que l'on montrait avec un entonnoir sur la tête. Et le reste du mot remplace le verbe déféquer, dans sa version populaire voire triviale, conjugué au présent de l'indicatif, à la troisième personne du singulier. Je sais que je parle le Grec ancien pour les moins de cinquante ans mais c'est comme ça, il fallait que les plus jeunes aient la chance d'avoir des vieux maîtres et maîtresses. O tempora o mores…

La combinaison de ce nom d'école et du verbe citer ci-dessus vous dit le peu de considération que j'ai pour cette institution qui ne mérite pas d'en être une… et de ceux qui en sortent aussi bien entendu. Le Figaro avait en juin 2012 fait un article sur le groupe de « copains » de la promotion Voltaire que vous trouverez ici et en 2013 . Bien évidemment, ce stupide moyen de se moquer de l'énarchie au pouvoir lorsque la gauche le prend, mettait de côté le nombre non moins important des énarques dans les gouvernements de droite qui précédèrent l'accession de l'autre pays du fromage à la présidence. Il faut dire que notre pays peut se vanter d'être gouverné par des gens qui ignorent tout du vrai travail, celui que l'on fait pour mériter son salaire, avec les risques inhérents à l'emploi, comme sa suppression, sa compétition fratricide entre collègues, sa petite et sa grande hypocrisie diplomatique qui règne entre les dirigeants, les cadres et les employés subalternes. Enfin ils ne connaissent pas et ne connaîtront jamais les affres du salariat, ni ses joies car il y en a et fort nombreuses.

Cette méconnaissance de l'environnement dont ils ont la charge et la responsabilité en termes de gestion, cette ignorance crasse du peuple qui leur accorde avec tant de facilité sa confiance, les met à l'abri de toute émotion, de tout excès de sentimentalité. Ils nous voient comme des moyens d'atteindre leurs objectifs, que ceux-ci soient ceux qui régissent leurs théories stériles de gouvernement comme ceux qui programment leur propre carrière et qui revêt la plus grande importance à leurs yeux. C'est ainsi que nous sommes devenus des statistiques, des chiffres qui s'alignent et qui signifient tout pour eux et rien pour nous. Le peuple vit dans l'émotion, le ressenti. Eux vivent dans le calcul, les montages stratégiques et l'imagination au service de leurs théories absconses. C'est toute la différence, eux sont dans l'intellectualisme inutile et nous dans l'amour déçu. Nous ne vivons et ne vivrons jamais dans le même monde, c'est un fait patent.

Cette école fabrique une espèce rare, j'en remercie tous les Dieux disponibles et leur personnel, une race particulière pour laquelle je réserve mon seul racisme existant, la noblesse d’État. Cette classe, que dis-je classe ce serait plutôt une caste à part entière, est mise au service de ceux qui en font partie et qui sont chargés de façon officieuse et subreptice d'empêcher quiconque d'une autre caste de s'y intégrer. Que vous le vouliez ou non, ceux qui entrent à l'éna ne sortent pas des lycées des banlieues mais bien des collèges, lycées et grandes écoles fréquentés par les gens des beaux quartiers. Je sais ce que vous vous dites, « il est jaloux parce qu'il n'est fils de… et riche ». Vous avez tort si vous pensez cela, cependant je ne vous reproche pas de penser car c'est trop rare pour qu'on s'en moque. Mais alors pensez juste. Je ne suis pas jaloux, je constate simplement, il suffit de regarder et vous le constaterez vous-aussi.

Ils sont issus des mêmes catégories de nantis, seules exceptions les enfants de professeurs qui eux, ont l'avantage de connaître le système de l'intérieur et en profitent, tant mieux pour eux, ou tant pis. La différence entre eux se fait en sortie d'éna. S'il reste des places à prendre à droite et qu'on se sent apte à faire de l'argent son nouveau Dieu, on y va. S'il n'y a pas de place à droite, garantie de faire de l'argent, on se dirige vers la gauche qui rapporte moins mais donne une apparence plus humaine et moins vénale que son opposée, la droite. Donc de gauche on apparaît généreux en se faisant moins d'argent et de droite on se présente comme velléitaire mais on en « palpe » plus. Hollande aurait pu être à droite, allez savoir ce qui l'a poussé à gauche, c'est comme Jouyet qui est à droite mais qui aurait pu être à gauche. Seul avantage de cette école maudite, elle crée des clans dont les membres sont très liés entre eux. Faisant fi de leurs attaches partisanes choisies en fonction de critères de rentabilité, ils sont prêts à aider un de leurs « camarades de promotion » car ils savent qu'il ne sera pas ingrat, et qu'il récompensera justement cette allégeance.

Et c'est comme cela que l'éna fabrique sa propre mafia, ses gangs qui se reconnaissent entre eux par le nom de leur promotion et qui s'entraident sans aucune mesure et respect des autres et en particulier de nous, le peuple qui en fait les frais constamment. Je vous mets la liste des membres de la promotion Voltaire, amusez-vous, comme je l'ai fait à rechercher ce que ces gens font et vous serez étonnés…

Quand je serai président, c'est à dire jamais, je fermerai cette école et empêcherai les énarques de se reproduire par une stérilisation de la haute fonction publique (et privée). (Je rigole mais…)

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Promotion Voltaire 1980.

  • Raymond-Max Aubert, ancien député et ancien maire RPR de Tulle

  • Jean-Jacques Augier, éditeur et homme d'affaires

  • Claire Bazy-Malaurie, membre du Conseil constitutionnel

  • Marie-Françoise Bechtel, ancienne directrice de ENA (2000-2002), député

  • Frédérique Bredin, ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée

  • Jean-Marie Cambacérès, ancien député socialiste (1981-1986)3

  • Henri de Castries, président-directeur général d'Axa

  • Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture et de la Communication

  • Philippe Étienne, ambassadeur, ancien directeur du cabinet de Bernard Kouchner au ministère des Affaires étrangères et européennes

  • Henri Fissore, homme politique et diplomate monégasque

  • Michel Gagneux, ancien directeur de cabinet au ministère des Affaires sociales, ancien président de la Sonacotra, président du conseil d'administration du GIP DMP.

  • François Hollande, ancien premier secrétaire du Parti socialiste, président de la République française, depuis le 15 mai 2012

  • Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République française depuis le 15 mai 2012

  • Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur du Trésor, ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes, président de l'Autorité des marchés financiers, puis directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, puis secrétaire général de l’Élysée (avril 2014-).

  • Stanislas Lefebvre de Laboulaye, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, puis ambassadeur en Afghanistan chargé des accords de transit

  • Pierre-René Lemas, préfet, directeur du cabinet du président du Sénat (septembre 2011 – mai 2012), puis secrétaire général de l’Élysée (mai 2012-avril 2014).

  • Éliane Loquet, Contrôleur général des Armées, re femme Général, et re femme à intégrer le corps. Elle a pour missions l'audit et l'organisation des forces armées françaises. Administrateur et Directeur du CEA, Commissariat à L'Énergie Atomique (1991-2000), PDG de Sovaklé et DG du groupe Foncière des Régions.

  • Pierre Mongin, président de la RATP, ancien directeur de cabinet de Matignon sous Dominique de Villepin3

  • Claude Revel, essayiste, chef d'entreprise, spécialiste et professeure d'intelligence stratégique internationale, déléguée interministérielle à l'intelligence économique (D2IE) depuis le 29 mai 2013

  • Jean-Maurice Ripert, ambassadeur de France à Moscou

  • Yvon Robert, maire de Rouen, ancien Premier Vice-Président du Conseil Général de Seine-Maritime, Inspecteur général de l'Administration de l'Éducation Nationale

  • Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, candidate du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007, ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie depuis le 2 avril 2014

  • Michel Sapin, député de l'Indre, ancien président PS du conseil régional du Centre, ancien ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social, ministre des Finances et des Comptes Publics depuis le 2 avril 2014

  • Jean-Ludovic Silicani, major de promotion (voie administration économique), conseiller d'État, ancien directeur général de la Bibliothèque nationale de France, ancien directeur de cabinet de Simone Veil, ministre d'Etat, ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville, ancien commissaire à la reforme de l'État, ancien président de la Réunion des musées nationaux, président de l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) depuis 2009

  • Jérôme Turot, major de promotion (voie administration générale), conseiller d'État, avocat.

  • Dominique de Villepin, diplomate, secrétaire général de la présidence de la République française de 1995 à 2002, ancien ministre des Affaires étrangères, ancien ministre de l'Intérieur, Premier ministre français de 2005 à 2007

  • Dov Zerah, directeur général de l'Agence française de développement

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