Log In

Noël ? Et après…

Noël ? Et après...

Je vais encore faire une révolution, une véritable tempête dans un verre d’eau, je vous aurai prévenus. Noël est passé, vous l’aviez sans doute remarqué, avec la vivacité intellectuelle que je vous connais. N’avez-vous rien trouvé d’étrange dans les modes de fonctionnement avec lesquels nous avons vécu cette nouvelle période dite de « fête » ? Ne vous parait-il pas étrange que d’un seul coup, sous des prétextes qui deviennent d’année en année moins spirituels, nous honorions la naissance d’un prophète pour les uns, d’un parfait inconnu pour certains et d’un Dieu pour d’autres encore, en y mettant force victuailles et boissons, en y investissant des fortunes que nous n’avons pas dans des cadeaux toujours très nombreux que nous offrons tout de même à des gens pour qui nous avons quelque estime ou affection ?

L’être humain a besoin de fête, pour cela il s’est créé une bonne occasion d’en faire avec le sacré et les religions. Même si après quelques siècles le support de la fête devient suranné pour beaucoup, ou au moins trop éloigné de leurs conditions de vie spirituelle, la fête survit. Son esprit est mort ou presque mais la fête est là, elle ne quitte pas la scène, elle est devenue une vedette, une star. Les médias y sont pour énormément, ils ont, avec les différentes célébrations qui s’étalent tout le long de l’année, des sujets de communication qui font que leurs recettes, proportionnelles à leurs taux d’audience, augmentent de façon phénoménale. C’en est devenu un rituel financier après avoir été un rituel religieux. Et tout es à l’avenant, les mets et les vins les plus raffinés sont servis pendant ce moment de l’année, un peu comme si ces quelques jours sont ceux où nous devons nous gaver des meilleures choses, nous combler de tous les plaisirs, en un minimum de temps mais en un maximum de jouissance. Cela n’est pas forcément négatif mais n’est pas obligatoirement positif pour autant.

Ce qui est le plus choquant dans tout cela repose sur la cupidité et l’avidité humaines. Peu de commerçants ne s’empêchent de multiplier leurs prix par des pourcentages proportionnels à leur recherche de profits rapides et importants, les produits chers habituels le sont encore plus et ceux qui ne l’étaient pas se changent en preuves de luxe. Le potimarron, végétal simple et peu commun il y a quelques temps s’est transformé en une somptueuse source de soupe pour nantis alors qu’ils avaient abandonné cela aux pauvres durant des décennies pour ne pas dire plus. Cette valse des étiquettes rend les poissons, les viandes, les fromages proprement inabordables aux déshérités de notre société. Non, je ne fais pas du politiquement correct, la larme de crocodile à l’œil, la main sur le cœur. Je constate un fait désagréable, nous éliminons par l’argent une portion sans cesse plus grande de notre population avec l’ostentation vulgaire des nouveaux riches. Les faiseurs de profit le savent et s’y préparent longtemps à l’avance, mais n’avons-nous pas d’autre raison de vivre que de faire de l’argent ?

Le travail n’est pas sacré car justement il est vulgaire et ne sert qu’à notre survie, il est donc utile à nous fournir les outils (les billets de banque) qui nous nourrissent sans pour cela devoir être sacralisé. Le sacre du travail est le fait de l’alliance de l’église, son clergé et de la noblesse d’antan. Avec la révolution industrielle, la noblesse s’est faite remplacée par la bourgeoisie, c’est la même chose en pire car chez certains nobles restait une forme de patriarcat bénéfique à leurs serfs, bon côté que les bourgeois ne connurent jamais ou rarement. D’ailleurs si vous écoutez les « hommes d’affaires » ils se défendent en disant que les Français n’aiment pas ceux qui font de l’argent… C’est faux. Nous n’aimons pas ceux qui le font mal et qui ne le partage pas. Alors que le travail, sacré, soit rançonné pendant quelques jours de l’année par des vilains qui ne pensent qu’à leurs intérêts immédiats en lieu et place de l’intérêt à long terme et commun, je trouve cela navrant. Qu’en quelques heures, quelques trop petits jours de paix entre membres d’une même famille, tout ce peuple dépense sans compter, mais en comptant tout de même, au profit des voyous qui ont augmenté leurs prix, cela me répugne et me fait hurler.

C’est pour cela que j’ai décidé, après de longues et pénibles concertations avec moi-même, de changer la date de Noël chaque année. Mieux encore, la date change mais n’est jamais fixée à l’avance, ce sera une surprise annoncée avec une avance de 24 heures sur l’événement afin de protéger les consommateurs des impérities de nos fournisseurs habituels. Il en sera de même pour toutes les fêtes en attendant que nous fassions la fête sans nécessaire raison. Voilà ma tempête dans mon verre d’eau, ma révolution. Puisque les hommes ne peuvent être raisonnables ne sommes-nous pas obligés de les guider, avec force c’est une dictature, avec stupidité c’est de la démocratie. Je ne fêterai plus Noël le 25 décembre, je peux aussi bien mangé de la langouste en avril ou septembre, déguster du foie gras tous les jours (si j’en avais les moyens) et offrir des cadeaux à ceux que j’aime quand cela me sied, sans être racketté par les marchands du temple.

Il est définitivement bizarre de constater que tout ce que nous touchons devienne de l’or, à l’instar de Midas. Enfin de l’or, oui et non, pour ma part ce n’est pas de l’or mais de la boue dont nous sommes les meilleurs producteurs, mais chacun son opinion, n’est-ce pas ? Cependant n’oubliez pas que le roi Midas supplia le Dieu Dionysos de lui rendre sa vie passée en échange de celle qui lui permettait de s’enrichir à loisir…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com