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Pas de pétrole mais des… amis bien placés !

Pas de pétrole mais des... amis bien placés !

Hier soir, dans l’émission « complémente d’enquête » sur France 2, ils ont, je veux parler des journalistes qui ont réalisé les reportages proposés, ont tenté d’émousser quelque peu la réputation du défunt Christophe de Marjorie, ancien patron de Total. Ils se sont donnés du mal bien que n’allant toujours pas aussi loin qu’ils auraient dû. Ecorcher l’image de gens qui vivent de leur fréquentation des dictateurs et des politiciens corrompus de tous les continents et de notre pays aussi, n’est pas compliqué à condition de se lancer dans des recherches qui peuvent générer des dangers inattendus. C’est pour cela que nos « amis » journalistes réfléchissent à deux fois avant de faire ce que devrait être leur métier.

La question que je me pose n’est pas de savoir si l’ex numéro un de Total était un être moral, honnête et éthique. Cette personne est décédée, elle règle ses comptes avec les Dieux auxquels elle croyait si tel était le cas, et donc il ne m’appartient plus de critiquer ce que cet homme faisait dans la volonté de détruire l’image négative et de consolider la positive, qu’il projetait sur le monde. Ce genre de choses doit être employé lors du vivant de ces metteurs en scène de notre société, sinon comment changer leur influence, comment leur retirer ce pouvoir qu’ils utilisent si mal. D’une façon générale, il faut toujours faire une grande différence entre ce que les hommes montrent et ce qu’ils sont vraiment. Comment peut-on attendre de ces grands manipulateurs, faiseurs de profit sans autre satisfaction que celle de leurs actionnaires et de leur générosité y relative à leur égard, des conduites éthiques, morales ou encore honnêtes. Tout est possible, tout est autorisé à condition de faire des bénéfices.

Les soucis d’éthique, de moralité ou d’honnêteté ne sont pas concernés et c’est là le plus grand reproche que nous pouvons faire au capitalisme sauvage, accompagné par une libéralisation totale des règles qui le régissaient d’antan. Faire des reportages sur le manque d’éthique du monde des affaires à haut niveau est un art qu’il faut cultiver, qu’il faut développer. Mais si possible du vivant des intéressés afin de leur faire payer leurs erreurs volontaires et leur mépris des sociétés dont ils se repaissent lors de leur destruction qu’ils organisent avec tant de plaisir. Bien sûr que les magouilles, les arrangements entre « amis » qui se partagent le gâteau, il faut être aveugle, sourd et lobotomisé pour ne pas le voir. Toutes ces affaires judiciaires qui traînent pendant des années lorsqu’elles touchent ces personnages influents, toutes ces lois qui sont votées pour leur faciliter la vie grâce aux lobbies et autres élus corrompus qui les reçoivent et acceptent leurs marchés malsains qui vont à l’encontre de leur mission de représentation des intérêts du peuple qui les nourrit.

Je suis en Afrique en ce moment et je constate quotidiennement la mauvaise influence qu’ont les milieux d’affaires et la politique des pays riches sur les autochtones qui acceptent, non sans réel plaisir, la corruption qui leur donne les moyens d’une vie faste et facile, mais une vie avide de leurs compromissions qui sont toutes faites aux dépens de leurs peuples. Ici commence la discussion utile mais stérile sur qui de l’œuf ou de la poule fut le premier élément créé. Il en est de même de la corruption et nos élus ont bien compris comment ils pouvaient se déresponsabiliser de leurs écarts de moralité en en créant deux différentes. Corruption passive et active, voilà une dichotomie qu’elle est intéressante, aurait dit Coluche. C’est toujours en divisant le problème en petits morceaux qu’il perd de son ampleur et de sa compréhension globale putative pour ceux qui le voit. Et le sport national de nos élus n’est plus de lutter contre la corruption, mais bien de son classement à leur encontre, dans les affaires dans lesquelles ils tripatouillent salement, dans la section qui leur fera payer le moins cher possible les conséquences de leurs mauvaises actions, s’ils sont pris la main dans le sac bien évidemment.

C’est cette division du problème qui en rend la gestion compliquée et qui lui fait perdre son sens réel. Or dans la corruption il n’y a pas de rôle plus important ou moins important au regard du positionnement des protagonistes ou de leurs fonctions respectives. On nous fait croire que de recevoir le fruit d’une malversation est moins grave que de la donner. Croyez-vous sincèrement que les promoteurs immobiliers, les pétroliers, les magouilleurs de toutes catégories confondues paient leurs « amis » avec plaisir. Ils les paient parce qu’il y a accord entre eux, et je me moque de savoir qui de l’œuf ou de la poule est le premier, il n’y a pas d’échelle hiérarchique dans la malfaisance ou la malhonnêteté, on est honnête ou on ne l’est pas. Et je ne parle pas de légalité qui vous permet légalement d’accomplir des méfaits non éthiques et immoraux…

Il y aurait tellement à dire… C’est d’ailleurs une preuve de la culpabilité totale des élus que d’avoir prévu une échappatoire pour diminuer leur responsabilité. Non, ou je me trompe ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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