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Commémorons, commémorons…

Commémorons, commémorons...

Les commémorations ont cela de positif qu’elles nous empêchent d’oublier. Elles maintiennent dans nos mémoires le souvenir des actes passés, souvent des actes qui cachent, plus ou moins bien, des choses qui alourdissent nos consciences, qui font fermenter les regrets et les remords. Nous ne commémorons pas des événements joyeux la plupart du temps mais bien des tragédies. Les faits positifs, les fêtes, même répétées régulièrement, ne sont pas des commémorations mais bien des occasions festives de se rappeler nos bons moments. Or nous cultivons depuis l’avènement de la politique spectacle au développement immodéré des commémorations au détriment du reste des actes qui ponctuent la vie de l’humanité… Aujourd’hui c’est la libération d’Auschwitz !

Je ne ferai pas l’injure, aux Français de confession juive et aux autres membres de cette communauté religieuse qui ne sont pas Français, de faire comme bon nombre de ces fous qui remettent en question l’existence même de la Shoah. Ce serait une insulte vis-à-vis de ces personnes et de leurs aïeux dont un certain nombre ont été martyrisés par la faute de Français de confessions différentes qui les ont trahies, qui les ont vendues à leurs bourreaux. La communauté juive, lorsqu’elle ne s’isole pas elle-même de son milieu par souci de protection a souvent été mise à l’écart des autres communautés la plupart des fois chrétiennes. Non seulement je reconnais la catastrophe humaine que représente la seconde guerre mondiale, mais je la mets même à un niveau que les autres, souvent, n’osent pas. Cette période de l’histoire de l’humanité est la preuve de l’absence de limite dans le mal chez tout être humain. Cependant, notre espèce fait aussi la preuve de l’absence de limite dans le bien aussi. La monstruosité de la lâcheté des peuples européens, la trahison permanente de nos autorités de l’époque et dont les actuelles seraient, elles-aussi, sans aucun doute capables, sont la honte avec laquelle nous devrons vivre tant que nous n’assumerons pas nos différents rôles dans cette volonté délibérée d’élimination d’un peuple pour raison religieuse.

Nous avons été complices des faits réalisés pendant le second conflit par notre absence d’esprit de sacrifice, notre désir de vivre en lâche plutôt que de mourir en êtres humains responsables. Nous avons préféré vivre à genoux plutôt que de mourir debout, c’est un choix, ce fut celui de la société européenne dans sa majorité, avant que les intérêts personnels des Américains les aient fait entrer de plain-pied dans cette conflagration mondiale, avec « l’aimable complicité » des Japonais. C’est cette responsabilité que nous devons assumer. Nous la travestissons en compassion et rachat de nos conduites par une tolérance et une patience extrêmes vis-à-vis de l’Etat d’Israël. Cet Etat qui n’existe que par le sentiment de culpabilité et les intérêts politiques personnels des politiciens de l’époque concernée et leur manière peu orthodoxe et inhumaine de laisser-faire au bénéfice des nazis. Mais le fait de donner un territoire à un peuple qui a souffert en en faisant souffrir un autre, est-ce bien raisonnable ?

Les Palestiniens se retrouvent aujourd’hui dans la situation de ghettoïsation dont étaient victimes les Polonais et d’autres membres de la communauté religieuse juive. Le pire est qu’une fois de plus, pour de la politique politicienne et des intérêts financiers, nous recommençons à fermer les yeux sur ce qui se prépare devant nous et risque de relancer des processus guerriers et barbares que nous avons tristement connus. Certains me diront qu’il n’est pas bon de parler des problèmes palestiniens le jour de la commémoration de la libération d’Auschwitz. Peut-être, pour eux, mais pas pour moi, car tout est dans tout et notre conduite actuelle n’est que le résultat de millions d’années de conduites aussi intelligentes que sottes de l’espèce humaine et que tout, absolument tout, est lié. Est-il possible aujourd’hui de dire du mal d’Israël sans être traité de nazi ? Or ce pays est un Etat qui commet de nombreuses erreurs dans ses comportements internationaux, dans ses relations bilatérales avec la Palestine ainsi qu’avec tous les intervenants au Moyen Orient. Et ce n’est pas parce que la Shoah a existé que nous devons tout supporter d’un Etat totalitaire et antidémocratique qui vit uniquement que par les souffrances qu’il a subi et qu’il tente de reproduire sur ses voisins.

La torture et la souffrance extrême n’autorisent personne à les employer pour sa propre vengeance et encore moins dans un esprit conquérant et belliqueux. Nous sommes civilisés et c’est la raison pour laquelle le tribunal de Nuremberg avait été créé. Même si les Américains, les Soviétiques et les Anglais, à qui j’ajouterais bien les Français mais je n’en ai pas de preuves évidentes, ont prélevé sur les prisonniers faits en Allemagne nazie qui avaient des compétences dont ils avaient besoin. Nous sommes des pays régis par le droit et seule la Justice peut rechercher et punir les coupables de crimes, quels qu’ils soient et où soient-ils.

La question que je pose maintenant est simple, devrons-nous voir des commémorations pour chaque camp de concentration ? Je rappelle à toutes fins utiles que les génocides sur notre planète ne manquent pas, du nord au sud, de l’est à l’ouest et je trouve particulièrement injuste de ne faire bénéficier que la communauté juive d’une telle commisération générale et organisée.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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