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Editôt ou éditard… (128)

Editôt ou éditard... (128)

Cela a duré deux semaines, l’agression sauvage dont ont été victimes des innocents qui ne faisaient que donner leur opinion sur le ridicule du monde est encore dans toutes les mémoires vives ou à court terme, que déjà la belle unité nationale se brise, se disloque, se déchire en des lambeaux qui représentent les couleurs de notre République. Mais ne nous plaignons pas, je n’aurais jamais cru qu’ils auraient pu tenir deux semaines, deux longues et pourtant si courtes semaines. Ils se retenaient, on sentait bien qu’ils n’étaient pas naturels, qu’ils se contenaient, qu’ils tentaient désespérément de se maîtriser, mais voilà… Chasser le naturel, il revient au galop ! Mais ce n’est pas le plus grave.

Mais de qui parle-t-il, vous dites-vous ? Mais de nos hommes et femmes politiques. De ces gens qui n’ont encore rien compris de ce qui s’est passé, de ce que les Français, à la réalité quotidienne beaucoup plus morne que la leur, ont tiré eux-mêmes de cette flambée de violence suivie d’une pseudo flambée d’unité nationale. Non, ils n’ont définitivement rien compris, ce n’est pas étonnant mais c’est atterrant. Les analyses vont bon train, les enquêtes révèlent chaque jour ce que les autorités souhaitent qu’elles révèlent, c’est-à-dire tout sauf la vérité. On retrouve les fournisseurs d’armes, les financiers, les spécialistes des véhicules terroristes, apparemment très branchés sur Citroën, enfin tous les intendants nécessaires à l’organisation d’actions commandos en plein milieu d’une capitale. On bombarde, c’est le mot pour rire, les téléspectateurs de nouvelles des enquêteurs dont tout le monde veut tirer les seules informations réellement importantes pour chacun d’eux : quand et où se feront les prochaines attaques terroristes ?

On en vient à la question de fond qui fait que nous avons peur des prochaines vilénies des intégristes d’où qu’ils viennent et quel que soit leur Dieu. Parce qu’en fait, vous êtes-vous posé cette fameuse question : de quoi ai-je peur ? Et cette autre : pourquoi ai-je peur ? Les réponses sont liées et, ce qui n’est pas pour me déplaire, elles sont toutes différentes, plus de sept milliards de réponses différentes même si je suis certain que nous trouverons, grâce à nos statisticiens préférés, des groupes aux réponses si proches qu’ils les mettront dans le même sac. Mais nous avons chacun notre approche de la souffrance, de la mort, du sacrifice. Bien sûr, culturellement nous aurons plus de points communs avec nos voisins européens qu’avec nos voisins chinois ou africains, nous sommes d’accord là-dessus. Mais néanmoins nous sommes tous différents.

C’est pour cela que les Français de religion juive étaient nombreux à demander à réaliser leur allia en Israël parce qu’ils ne se sentaient plus en sécurité dans leur pays, la France. Je suppose que l’attentat dans leur nouveau pays d’adoption leur a bien montré que la sécurité en Israël est forcément meilleure que chez nous, la preuve… Les tirs de roquette, les attentats, les menaces des pays voisins, la révolte qui gronde chez les victimes du camp de concentration de Gaza, tout cela est bien plus rassurant qu’un antisémitisme, développé par une toute petite minorité de débiles mentaux comme Dieudonné et ses comparses ou encore des illuminés des partis d’extrême droite hyper catho. Bien évidemment, ils se sentent mieux sous les roquettes du Hamas que dans les bras sécurisés de leur président français et de son gouvernement ouvertement pro-Israël. Etrange n’est-ce pas ?

Comment peut-on dire qu’on va se mettre en sécurité en Israël ? Je comprends bien que la crainte d’un antisémitisme institutionnel et national puisse être paralysante, que les souvenirs encore récents de la Shoah puissent aussi effrayer ceux qui ne l’ont connue qu’au travers des souffrances contées par leurs aïeux qui en pleurent lorsqu’ils en parlent, je le comprends, mais ce n’est pas logique. Etre entouré d’ennemis, dont certains prêts à tout, ne m’apparait pas plus sécuritaire que ce qu’est la vie en France, même pour des Français de religion juive. Les gens se recroquevillent dans leur communautarisme et se replient sur eux-mêmes. Leur peur et leur désespoir donnent naissance à des comportements singuliers qui, de plus, sont justement rendus encore plus vains, par ceux de nos hommes et femmes politiques. Nous croulons sous les ridicules contorsions de nos bêtes politiques qui détruisent la pseudo unité nationale que nous avons connue spontanément et la remplacent par le culte de la haine de l’autre, y compris dans son propre pays.

Il ne pourra jamais y avoir d’unité nationale tant que les égo et les ambitions personnelles démesurées garniront les esprits embrumés de nos politiciens. L’unité nationale n’est faite que de sacrifice, celui de laisser de côté son opinion pour l’adoucir et la rendre compatible avec la paix générale, celui de donner à l’autre ce que nous voudrions recevoir, celui de traiter les autres comme nous souhaiterions être traités. Oui, ce sont des sacrifices puisque nous avons perdu l’habitude de les pratiquer et que cela va nous coûter énormément d’efforts de tenter de les réapprendre, de les comprendre et de les dispenser à tous. Cela va être un vrai sacrifice tellement nous avons changé notre générosité en un égoïsme exacerbé et dangereux.

Croyez-vous que nous y parviendrons ? Nous, peut-être… mais nos politichiens, certainement jamais !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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