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Editôt ou éditard… (129)

Editôt ou éditard... (129)

Être de gauche aujourd’hui, pour un citoyen « normal », devient compliqué. Si on n’est pas social-libéro-capitalo-démocrate on sera vite taxé de gauchiste radical. Si on est mélenchonniste distingué, on est un dangereux gauchiste de la gauche. Et si vous êtes, par bonheur, un besancenotiste et ses copains, vous tomberez dans l’extrême gauche révolutionnaire et barbare. Je dis par bonheur parce qu’au moins vous serez original ce que ne sont pas les autres. Donc imaginez-vous le problème que je peux avoir, moi qui suis ni de droite, ni de gauche mais du dessus. La gauche s’étale de plus en plus vers la droite, la droite mute en extrême droite et l’extrême droite en radicale… Heureusement en Grèce ils se sont donnés les moyens d’essayer autre chose… Enfin, je l’espère.

Nous savons maintenant que Syrisa n’a pas la majorité absolue à l’assemblée nationale grecque. Hélas. Même dans ce cas, la gifle que vient de recevoir l’Europe des fonctionnaires et des banquiers se change en déculottée avec un tel score, je ne vous cache pas quel est mon bonheur. Non pas que je sois un « dangereux gauchiste radical » mais pour la volonté affichée par les Grecs de se donner une chance de pouvoir changer les choses, de changer de route pour peut-être éviter d’aller vers l’enfer où les menaient la troïka et ses mandants européens. Les menaces et les coups bas n’ont pas fait tremblé les Grecs, en tout cas pas assez pour laisser sur le bord de la route leurs espoirs et les livrés transis de peur aux griffes sanguinaires des financiers qui détruisent notre humanité avec tant d’application. C’est la première constatation que nous pouvons faire après l’échec retentissant des vieux briscards, des corrompus, des voyous qui monopolisent le pouvoir dans leur strict intérêt personnel, contre ce jeune parti mené par un homme jeune et charismatique. Maintenant, ne faisant pas partie des naïfs, j’attends de voir ce que va faire Alexis Tsipras, va-t-il comme ses prédécesseurs devenir un parasite de sa propre société, de la communauté qui lui aura fait confiance comme les Français le firent pour notre diable de Hollande, beau diable est toujours diable dirait Julie Gayet.

Son alliance avec un parti de droite souverainiste ne signifie rien de bon, il s’agit d’une association opportuniste qui permettra aux mal-vus de la politique grecque de gouverner ensemble alors que beaucoup de choses auraient dû les séparer. Est-ce un signe d’intelligence ou une manigance que l’un ou l’autre aurait organisée pour piéger son partenaire ? Cela ressemble trop à la coopération entre le PS, les Verts et le PC avant les dernières présidentielles… Qui eux, étaient tous de gauche, à l’époque des faits, alors que maintenant l’un d’eux est passé à droite, je vous laisse trouver lequel. Comme à l’accoutumée, nos partis franchouillats, alors que tous les sépare de Syrisa, applaudissent des deux mains de la dignité retrouvée des Grecs et commencent à organiser les festins de négociation qui devraient avoir raison des fortes motivations de Tsipras et le corrompre comme eux le furent jadis, au début de leur propre carrière. L’Europe veut maintenant discuter avec les Grecs, elle montre le minimum de respect qu’elle devrait avoir pour tous ses membres comprenant le plus petit jusqu’au plus grand.

Comment cela va-t-il se passer à partir de demain ? Quelles peuvent-être les décisions qui emporteront l’adhésion de deux partis politiques qui n’ont en commun que la lutte contre l’austérité et la défense de leur pays face aux financiers internationaux ? Je n’en sais bien évidemment rien et je ne ferai pas le même jeu que les experts qui prévoient, présument, imaginent, sans jamais être au-dessus rien d’autre que la limite très basse de leurs véritables compétences, à voir le résultat que nous avons obtenu malgré leur présence continuelle et leur succès permanent. Je ne crois même pas que cela nous regarde, c’est bien aux Grecs de s’occuper de leurs affaires et eux connaissent mieux que nous ce qui peut leur convenir. Mais en ce qui me concerne, avec mon tempérament excessif et mon manque de peur de l’inconnu, je sais ce que je ferais. Je sortirai de Schengen, de l’euro, de l’OTAN, de l’ONU et de toutes les organisations internationales sous dépendance étroite des USA. Je reviendrai à la drachme, monnaie historiquement grecque et raviverait l’équivalent des non-alignés, mais sans politique, de jadis pour commercer et se créer des partenariats nouveaux. Je profiterai de l’occasion magnifique offerte pour débuter une économie de la décroissance à la Ellul ou à la Illich, pour rendre aux Grecs la qualité de leur vie au lieu de la quantité de leurs possessions. Seul problème, je ne crois pas que les Grecs, malgré leurs innombrables souffrances, aient vraiment compris la véritable situation du monde auquel ils participent et auquel ils sont encore liés, croissance, propriété, richesse, consommation… Non, ils n’ont pas compris, j’en suis certain. Ils veulent simplement retrouver leurs facéties fiscales, leur travail au noir, leurs avantages sociaux, grâce à une économie qui aurait rebondi sur le fond de la piscine.

Pour faire ce que je souhaite, il faudra dépasser le stade de la résignation fracassée et nous ne pourrons atteindre cet ultime sacrifice que lorsque nous aurons tout perdu. Je vous rassure sur un point, à l’échelle de l’histoire de l’humanité… C’est pour bientôt !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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