Log In

Hollande joue Le Cid…

Hollande joue Le Cid...

Les années se suivent et se ressemblent, c’en est navrant. Hier notre autre pays du fromage, le président des Français dans leur ensemble et des déçus surtout, nous a démontré que les paroles sont bien d’argent alors même que le silence est d’or et les actes de platine. Beaucoup de mots qui ne font qu’expliquer les raisons de notre totale inadaptation à une monde humain tandis qu’il prouve l’attachement définitif, y compris de la part des gens dits de gauche comme le Tartuffe qui nous dirige, aux valeurs économiques des êtres humains, changés en statistiques et devenus des robots lobotomisés juste utiles à consommer. Quelle tristesse, la seule chose qui me rapprochait de la gauche était son humanisme, elle a même perdu cela… Je reste du dessus !

Tous les commentateurs se sont penchés sur les propos de notre Hollande national, certains sont même tombés tellement ils se sont penchés, d’autres ont résisté, la majorité n’a rien vu de nouveau dans ce fatras de vocabulaire mal choisi mais qui devient plus clair au fil de la décrépitude de la popularité de notre rondouillet président. C’est vrai que ses propos insipides n’ont de sens que dans un monde où l’humain a disparu au profit de « l’homo consumeris », il est vraiment plus clair et plus « autoritaire » mais à quelle fin, là est la question. Il m’a remémoré mon court passage dans les écoles de la République. Lorsque j’étais encore au collège, en cours de Français, j’étudiais avec mes camarades de classe une pièce de Corneille, Le Cid. Notre enseignant, qui tentait désespérément de nous convaincre que ces vers contenaient la culture dont nous aurions besoin tout au long de notre vie, s’appliquait donc à nous expliquer des textes parsemés de sens du devoir, de passion, de sentiments exacerbés, je ne le savais alors mais c’était les plus beaux moments de ma vie, après la naissance de mes enfants.

Hollande a repris hier la même technique que Le Cid lorsque ce héros pris au piège entre le devoir et l’amour se défend devant sa dulcinée. Le Cid risque de la perdre s’il ne trouve pas les mots qui exprimeront tout à la fois son amour pour elle, son respect et son amour filial pour son père, et le sens du devoir relatif à sa situation d’homme d’honneur. Que fait donc Le Cid et que lui reprend Hollande ? C’est dans sa technique de défense que ces deux hommes se ressemblent. Le Cid commence son discours par le renoncement à se défendre, l’abandon devant sa bienaimée. Mais, alors même qu’il disait ne pas vouloir présenter une défense il se met à palabrer durant de longues phrases qui expliquent et justifient ses actes passés. Il attire donc la pitié de celle qu’il veut garder en se présentant repenti et sans argument favorable devant les yeux enamourés de Chimène, mais dans le même temps il propose une véritable défense organisée et pensée digne du meilleur avocat. Hollande nous a fait le même scénario, à la différence près que nous ne sommes pas sa Chimène et que nous ne l’aimons pas d’un amour passion qu’il ne mérite définitivement pas.

Cette défense qui ne veut pas l’avouer est une technique connue, usée et abusée par tous les avocats, du pire au meilleur et Hollande, en bon énarque, connait toutes les défenses possibles pour faire passer toutes les pilules amères qu’il nous ordonne d’ingurgiter. Il assume ses responsabilités de chef de l’état mais se défausse sur les problèmes conjoncturels, les ordres comminatoires de Bruxelles, les situations inextricables engendrées par des conflits internationaux déclarés, comme en Afrique ou au Moyen Orient, ou larvés, comme en Ukraine. Il assume mais ce n’est pas de sa faute, voilà la conclusion. Nous sommes responsables mais pas coupables nous avaient chanté d’autres socialistes en d’autres temps, alors même que leurs victimes se comptaient et se comptent encore par milliers. Quelle confiance pouvons-nous accorder à ces gens qui n’assument en réalité aucune de leurs responsabilités, qui les fuient comme la peste et repassent la patate chaude à leurs successeurs.

Nous touchons ici aux limites de notre République dont la Constitution de 1958 protège trop et déresponsabilise les élus devant son peuple. N’oublions pas que les élus, quels que soient les niveaux des postes qu’ils occupent dans la hiérarchie administrative républicaine, ne sont que nos représentants et qu’à ce titre, leur devoir est de réaliser ce pourquoi nous les avons mandatés. Bien sûr il ne s’agit pas d’un gouvernement aux ordres des caprices du peuple, mais si nous élisons des membres de notre population pour qu’ils accomplissent un programme dont ils nous ont vanté les mérites et les qualités, ils doivent non seulement l’appliquer mais en en assumer la pleine responsabilité. Ce qu’ils ne font jamais, ils n’appliquent pas les programmes qu’ils nous ont vendus et ils courent comme des lapins lorsqu’il s’agit de répondre de leurs actes en ayant fait souvent le contraire de ce qu’ils avaient promis.

Je ne ris même plus de ces galéjades à répétition faites par des menteurs professionnels et des abuseurs de confiance. Et vous, quand cesserez-vous de rire à leurs plaisanteries douteuses ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

WP to LinkedIn Auto Publish Powered By : XYZScripts.com