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« LA » Chronique du week-end (128) Le col de Sinatra et la cravate de Hollande

"LA" Chronique du week-end (128) Le col de Sinatra et la cravate de Hollande

De retour en Afrique, je goûte la chaleur et la nonchalance de mes frères africains, la moiteur de l’ambiance chaude de l’Afrique équatoriale qui ne devrait plus être française mais qui l’est plus que jamais. Cela me permet de prendre de la distance par rapport aux événements ayant eu lieu ces dernières semaines. Distance et temps permettent une meilleure compréhension des choses et relativisent leur importance eu égard aux événements du monde qui nous entoure et nous montre qu’il existe un univers qui ne tourne pas autour de notre nombril uniquement. Mais ce qui me fit frémir ce matin est la nouvelle incroyable du bond de notoriété de Hollande, comme si c’était de l’information. Voilà à quoi nous nous résumons dans notre nombrilisme aigu.

21 % est l’augmentation de l’appréciation que les Français vis-à-vis de « moi président ». Comment doit-on prendre cette bonne nouvelle pour lui et pas pour nous ? En fait, je vous propose de ne pas la prendre, de la jeter comme l’eau du bain et en n’oubliant surtout pas de se débarrasser du bébé avec. En résumé, je vous suggère de ne pas donner votre avis lorsqu’on vous le demande, même si vous êtes payés pour cela. Ils nous ressassent les mêmes stupides et stériles pseudos informations qui ne sont faites que pour mieux nous lobotomiser. Que la récupération politicienne du massacre du 7 janvier et des jours qui suivirent eut été prévisible et qu’effectivement tout le ban et l’arrière ban de la politique de caniveau à la française l’avaient vu venir, ne fait aucun doute. Mon antipathie de la sphère politique et mon absolu manque de confiance à son égard ne peuvent me faire penser qu’à un moment quelconque ils furent, tous nos élus de gauche et de droite, sincères dans leur démarche compassionnelle. Je sais, je suis certainement excessif mais je ne vais pas me changer maintenant.

Tout est calcul, tout est « marchandisé », comme disent les grands distributeurs, tout est organisé pour une rentabilité de chaque événement au niveau de la politique. Quand je parle de rentabilité, vous pourriez croire que j’exagère, mais non, ce n’est que le triste reflet des images que nous montrent les télévisions aux ordres des pouvoirs qui se suivent et se ressemblent, presque trop. Tout est évalué, classifié, mis en avant ou mis en retrait dans le but strict d’une atteinte des objectifs choisis par nos manipulateurs professionnels. Chaque chose, chaque mot, tout est mesuré et pesé, même la cravate de travers fait partie d’un simulacre d’humanisation d’un président qui n’est lui-même qu’une marionnette dont les fils sont un peu plus courts que les nôtres mais non moins prégnants et omniprésents. Franck Sinatra savait cela et rentrait souvent en scène avec un col de chemise dont un des angles était mal placé. Des questions posées à ses « fans », surtout des femmes, avaient laissé entendre que chacune des femmes le regardant avait envie de remettre en bonne place ce fameux col intentionnellement mal mis. Ceci assurant à ce crooner un succès incroyable et une affection totale de la part de midinettes et de femmes mures.

Ainsi ne pensez pas que quelque improvisation trouve sa place dans l’univers impitoyable de la politique. Rien n’est fait au hasard, tout est réfléchi étudié, découpé, disséqué, dans le seul souci d’une meilleure efficacité, d’un meilleur taux de pénétration des idées transportées, parfois générées mais rarement, de nos colporteurs d’idéologies aussi diviseuses qu’inutiles. Depuis la couleur ou la forme des chemises, des costumes, des cravates, des boutons de manchette, des chaussures, rien n’est négligé pour tromper la crédulité et abuser de la confiance de ceux qui lui donné le pouvoir qu’il utilise si mal. Il y a autant d’improvisation dans la politique qu’il y en eut lors de notre première incartade américaine sur la lune. Autant dire qu’il n’y en a pas. Tout n’est que mascarade, les émotions, les sentiments sont surtout des ingrédients pour les pauvres, ceux qui ne contrôlent pas leurs vies et qui se laissent mener par leurs représentants qui se jouent des émotions et en jouissent pour mieux nous asservir.

Alors l’unité nationale a vécu, elle est en train de laisser la place au même caractère délétère que nous connaissions avant Charlie, cette ambiance sordide et uniquement basée sur des élections présidentielles qui aiguisent les appétits des fossoyeurs de la République. Nous retournons vers un horizon fait de petites phrases assassines et d’échanges aussi pathétiques que lamentables. Tous les partis ont essayé de tirer des derniers éléments terroristes à leur disposition les meilleurs résultats. Bien évidemment, le président Hollande était le mieux placé pour en avoir la meilleure réussite et les gesticulations infantiles de Sarkozy pour arriver au premier rang de la manifestation pour être sur la photo le prouvent. Il voulait partager l’aura dont bénéficie le roi de France mais il n’a montré que l’intérêt insolent qu’il a pour le pouvoir et sa volonté pugnace de le récupérer. Tout n’est que jeu, mais il s’agit des jeux du cirque, où les victimes sont des gladiateurs tirés de la plèbe pour le plaisir des nantis et la manipulation des masses.

Hollande fait un bond ? Pas étonnant avec le poids qu’il a pris et qui le rend semblable à un ballon de baudruche qui va bientôt se dégonfler…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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