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Editôt ou éditard… (130)

Editôt ou éditard... (130)

Un vent frais et nouveau souffle sur l’Europe depuis l’avènement de Syriza au pouvoir. Yanis Varoufakis, ministre des finances et de l’économie grec, sans cravate comme ses confrères gouvernementaux, et en classe économique comme n’importe lequel d’entre nous gens « normaux », a de gros poumons et maintient une tornade sur le monde des fonctionnaires impavides de notre dévastatrice Europe. Combien de temps cela durera-t-il, nul ne le sait, mais qu’est-ce que ça fait comme bien. Sa destruction rapide et efficace de la troïka est un de ses premiers résultats et certes pas le moindre parmi ceux que nous espérons le voir réaliser.

Si nos gouvernants attachaient un peu moins d’importance au paraître et se mettaient un peu au « vrai » travail au lieu d’aller inaugurer des foires au chrysanthème et de se pavaner devant les caméras de télévision, leurs résultats seraient certainement meilleurs. Entourés de dizaines de gardes du corps, aussi inutiles que nuisibles, ils se déplacent en cortège de véhicules interminables à des vitesses vertigineuses dans nos villes et nos campagnes pour porter leurs messages mensongers et tricheurs. S’ils ont si peur, que ne restent-ils chez eux ou dans leurs bureaux. Et s’ils ne nuisaient pas autant au monde, dont ils se nourrissent avec les oligarques qui les accompagnent partout, peut-être auraient-ils moins peur ? Se croient-ils si indispensables que nous ne pourrions survivre sans eux au point de mobiliser de véritables armées pour couvrir leurs arrières et protéger leurs vies qui se chargent de gâcher les nôtres ? Je crois que l’heure est passée à l’humilité et au respect qu’ils nous doivent.

De toute façon, les politiciens expérimentés que nous avons, partout en Europe, nous ont menés dans le mur où nos nez se sont écrasés lamentablement, alors quel risque courent les Grecs ? Au pire Syriza et son premier ministre charismatique feront ce que tous les autres avaient fait précédemment, il est difficile de faire pire de toutes les manières, au mieux ils feront que les Grecs, comme jadis, nous serviront d’exemple à suivre… A condition que nous ayons des gens capables de le suivre, n’est-ce pas… Ce n’est pas gagné ! Cette peur que font régner les dirigeants sans imagination qui nous gouvernent depuis trop longtemps, aidés en cela par une administration européenne aux ordres des banquiers, n’a que trop durée. Il est grand temps de laisser la place à des jeunes qui, même sans aucune expérience (et c’est cela qui nous sauvera) essaient autre chose que les recettes éculées qui ont prostitué nos Républiques et les ont soumises à des régimes sans aucune équivalence au niveau de la lâcheté et du manque de probité depuis l’Antiquité.

Nous devons réapprendre la confiance, même si cela parait impossible après tant de vilénies de la part des gouvernements successifs qui ont manipulé les masses de citoyens que nous sommes. Nous devons faire confiance à nos jeunes, la terre que nous avons détruite leur appartient plus qu’à nous et c’est à eux de tenter, désespérément, de la sauver de nos griffes prédatrices. Nous devons nous souvenir que nous ne sommes que les locataires, à titre précaire, de cette planète et malgré toute l’expérience de nos ainés et la nôtre, nous n‘avons pas réussi à la leur transmettre dans le même état que lorsque nos pères nous l’ont léguée. Alors je souhaite à Tsipras et à ses amis toute la réussite possible. Qu’ils soient de la gauche « radicale », que les affreux fantômes du passé que sont nos politiciens rançonneurs essaient de nous éloigner, n’est pas le plus important. Ce qui compte est le résultat, et la gauche comme la droite, dites traditionnelles, n’ont rien à dire après tant d’échecs et de déconvenues.

Je crois de plus que cette façon de faire de la politique par une détermination géographique des assemblées populaires n’est plus d’actualité. C’était déjà le cas sous la première révolution française. La souffrance ne se situe pas, elle existe et devient pérenne partout en Europe. Notre belle Allemagne qui peut se vanter d’avoir mis des retraités au travail pour 450 € par mois pour 40 heures par semaine a-t-elle vraiment valeur d’exemple ? La productivité comme les profits n’ont jamais été aussi forts qu’à notre ère, ce n’est pas cela qui nous évite, nous les Européens, la misère totale dans laquelle les financiers de tous poils veulent nous plonger. Devant mon domicile, un véhicule abrite la demeure d’un homme de presque soixante ans qui ne peut signer un bail pour un appartement parce qu’il gagne le SMIC. Est-ce normal ? Pas pour moi ! Faire du social n’est pas honteux et ce qui arrive à nos voisins risque de nous tomber sur la tête tôt ou tard si nous persistons dans cette vue triste et mortifère de l’économie libérale exacerbée. Tout a une fin, même le libéralisme stérile et proxénète.

Je dis donc BRAVO à Varoufakis d’avoir mis à mort une troïka qui n’avait comme but ultime et dangereux de faire de même de tous les peuples d’Europe. Pour ma part, vu mon "excessivité" habituelle, j’aurais fait bien pire à ces fonctionnaires de la destruction. Et vous ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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