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Editôt ou éditard… (131)

Editôt ou éditard... (131)

Tout le monde est surpris par l’annonce des noms de clients de la HSBC qui auraient, à un moment ou à un autre tenter de dissimuler de l’argent à leurs administrations fiscales respectives. Pas moi car je sais que l’être humain est ainsi fait qu’à un instant de sa vie, même bref, son besoin de justice et d’équité refait surface pour lui permettre de faire ce qu’il n’aurait pas imaginé une seconde plus tôt. De voir sa banque penser, organiser, et orchestrer des fuites massives de capitaux vers des cieux plus propices, doit parfois remuer sa conscience, surtout dans le cas de mafieux, d’assassins, de voyous. Tous les banquiers ne sont pas complètement inhumains, certains, lors de courts passages font même preuve de bon sens et mettent un peu de sable dans les rouages des machines qui nous broient tous, eux et nous. C’est bien !

Que des artistes et des personnalités du monde des affaires, que des voyous et des criminels, dissimulent le butin de leurs larcins et autres escroqueries ne peut étonner. En revanche que des hommes politiques soient parmi les bénéficiaires des services financiers d’une banque sans scrupule, là je m’insurge. Ces gens qui nous font nous sacrifier depuis tant d’années non seulement s’enrichissent à nos dépens mais en plus refusent de payer leur écot à la société qui les nourrit ? C’en est trop. Ces hommes et femmes politiques devraient non seulement payer pour leur forfait fiscal mais aussi dans le cadre d’une procédure de trahison du peuple qui les nourrit et leur fait crédit, il s’agit là d’un abus de confiance caractérisé accompagné d’escroquerie et de détournement de fonds publics. Il est parfaitement inadmissible que celui qui fait les règles d’un jeu ne les suive pas. Il a valeur d’exemple et, à ce titre, il se doit d’être sinon parfait au moins irréprochable. Ce n’est pas le cas, beaucoup de ceux qui nous gouvernent ne sont que des prévaricateurs sans aucune vergogne qui ne songent qu’à leur intérêt propre. Hélas !

La délation n’est jamais une arme noble, quel que soit le combat, on la tolère lorsqu’elle joue en notre faveur, lorsqu’elle va dans le sens de nos idées et nous procure le succès. Qu’un banquier prouve qu’il a le sens du bien une fois dans sa vie via la trahison de son maître, n’est pas finalement pas une preuve d’honnêteté intellectuelle ou morale. Ce n’est que regret, amertume, jalousie parfois, que des sentiments bas. Il n’existe aucune justification positive à la trahison. La trahison est ce qu’il y a de pire dans l’échelle des valeurs sociales négatives. Se donner bonne conscience en racontant et en livrant des secrets qui nuisent à toutes les parties en présence n’est que le simulacre de la moralité, de la probité. Ce qui aurait été magnifique fut que ce banquier félon refusa de travailler dans cette banque au moment même où on lui proposa de devenir un banquier gangster. Or, il ne le fit pas pour moult raisons qui sont, à son avis, toutes bonnes, carrière, famille, résidence secondaire et études des enfants, tout a été bon pour accepter sa propre prostitution. Et maintenant, pour de sombres raisons qu’il met sur un terrain moral, il se repend en larguant des bombes du haut de son ciel retrouvé ? C’est la définition même de la résipiscence. Que le diable l’emporte lui et tous les banquiers tricheurs et voleurs, c’est-à-dire, tous les banquiers.

Oui, je sais, je suis excessif, tous les banquiers ne sont pas forcément des tricheurs et des voleurs. Pourquoi pas ? Tous les arabes ne sont pas forcément des voleurs non plus alors, tous les noirs ne sont pas non plus fainéants ? Toutes ces généralisations ne sont pas bonnes, les amalgames comme nous disons depuis le massacre de Charlie. C’est vrai, tous ne le sont pas sauf pour les banquiers…

N’oublions pas qu’à part les faiseurs de photocopies tous les personnels d’une banque savent que le but final de leur employeur est de gagner de l’argent grâce à celui de leurs clients, que quels que soient les profits réalisés, les clients ne verront jamais rien d’autre que les pourcentages ridicules qui leur sont servis via les diktats du ministre des finances. Vous me direz que ce sont les actionnaires qui prennent des risques et qui, donc, méritent une rémunération de leurs investissements mais bien sûr, vous savez que ce n’est que de la théorie, que tout cela est faux. Quand une banque est en détresse, l’état lui vient en aide et la finance avec nos sous et ce sont les actionnaires qui gagnent grâce à nos impôts, quand une banque va bien, comme en ce moment, c’est exactement la même chose, les actionnaires gagnent grâce à nos économies. Et nous alors ?

Nous ? Nous sommes les dindons d’une farce qui est placée sous le contrôle du metteur en scène que l’on surnomme le président de la république, dont les aides de camp sont ses ministres placés eux-mêmes sous la tutelle autoritaire des financiers et bailleurs de fonds qui les emploient. Il n’y a malheureusement plus rien de bon dans notre système socialo-capitalo-libéral. Il faut tout arrêter et recommencer sur de nouvelles bases que nous avons à créer à partir de rien car du passé, seule la longue liste de nos erreurs que nous appelons expérience est enrichissante et nous montre ce que nous ne devons pas faire.

Alors que des gens aient de l’argent en Suisse ou pas n’est vraiment qu’un épiphénomène, c’est un modèle qu’il faut changer, un concept sociétal qui est arrivé au terme de son cycle infernal et que nous devons ranger dans nos mémoires. Allez, on se met au boulot et on réinvente le monde ? Ah, vous préférez attendre… Dommage !

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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