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Listériose collective ?

Listériose collective ?

L’industrie agroalimentaire, dont les lobbyistes garnissent les allées du pouvoir européen, est responsable de certains de nos maux. Ceci est vrai en particulier de ceux qui touchent à tous ces petits microbes et bactéries dont les standards d’hygiène draconiens de la communauté européenne n’arrivent pas à venir à bout, et qui gâchent nos vies quand elles ne les écourtent pas. Une de ces fameuses bactéries est la « listéria ». Elle est sympathique, d’abord agréable et chaleureuse dans ses rapports avec les êtres humains dont elle arrive parfois à prendre la vie, elle s’attache bien volontiers à eux, bien évidemment dans son intérêt personnel. Petit souci, c’est justement son intérêt personnel qui devient gênant dès lors qu’il s’oppose diamétralement à celui de ceux dont elle s’est éprise.

L’Autorité Européenne de la Sécurité des Aliments vient de rendre un rapport sur les zoonoses. Ne me demandez pas ce que c’est je vous donne le lien et vous découvrirez par vous-même… En fait, entre 2007 et 2008 on notait une avancée positive contre cette petite bête, mais sa progression a repris entre 2012 et 2013, et pas un peu, on est à 8.6 % d’augmentation du nombre des contaminés. Ce qui est triste, selon le Canard Enchainé comme d’après le dernier rapport, c’est que cette bactérie est parmi les plus mortelles et les personnes âgées en particulier sont les moins résistantes à son action et en pâtissent en priorité. Voilà une solution pour équilibrer les organismes qui financent les retraites mais qui ne me parait pas conforme au respect de l’humain dont on devrait tous faire preuve. Nous devrions être fiers car c’est la France qui est championne d’Europe dans un domaine où il vaudrait mieux être le dernier puisqu’il s’agit du décès des victimes de cette bactérie. Mais tout de même nous sommes les meilleurs en quelque chose, arrêtons l’autoflagellation… Je rigole, calmez-vous !

Chez nous, 1763 cas dépistés en un an et, quand nous savons que le taux de mortalité de ces malades est de 15.6 %, on a quelques soucis à se faire, non ou je me trompe ? Vous me direz ce n’est pas grave, ce sont les vieux qui alimentent la colonne des pertes mais tout de même… Je suis vieux aussi… Alors voilà comment cette gracieuse bactérie prolifère, elle se développe surtout dans le paradis des souillures fécales dans lesquelles vivent nos chers animaux d’élevage intensif ou dans les abattoirs. Ensuite, elle aime bien aussi vivre dans les laboratoires de transformation des matières organiques gavées de produits chimiques en plats prêts à consommer. Raison pour laquelle les pays les plus touchés sont les pays riches, l’Amérique du nord, l’Europe. Et la cerise sur le gâteau est que la présence de ces bactéries ne peut se détecter autrement que par des analyses plus ou moins pointues. Effectivement, l’odeur, l’aspect, le goût ne présentent aucune différence entre un produit contaminé et un autre pas, cette bactérie maligne et traîtresse nous prive de moyens simples de reconnaissance, autrement dit, c’est une vraie saleté.

Alors me direz-vous, ce n’est pas si grave, il suffirait de traiter, encore plus, les bêtes, les lieux, de remettre en cause des procédures qui exposeraient nos aliments à des contacts inopinés avec les souillures dont je parlais plus haut. Oui, bien sûr, mais cela ne suffira pas. On vient de s’apercevoir que l’hygiène parfaite permet à cette bactérie de se développer encore plus rapidement. En effet, l’absence de concurrence bactérienne lui crée un terrain de jeu excellent et sans aucune concurrence. Alors même qu’une présence microbienne ou bactérienne nombreuse permettrait de mettre à jour beaucoup plus rapidement la présence de ce poison en puissance. C’est la lutte qui oppose les microbes, les bactéries et toutes les charmantes choses que nos corps contiennent qui génère les fièvres, les différents symptômes qui ensuite permettent à nos médecins de comprendre ce qui se passe et de réagir en nous assassinant beaucoup plus lentement avec leurs médicaments mais qui tuent rapidement les cochonneries qui nous gênent. Comme quoi, les excès en tout genre, que ce soit en hygiène comme en toute chose sont les meilleures sources de nos problèmes. Trop de propreté tue la propreté, comme tout intégrisme, fiscal, religieux, politique.

En fait, une fois de plus, nous constatons que, malgré notre intelligence que nous croyons sans borne, nous sommes nos propres destructeurs, notre modernisme, notre culte du progrès devenu toujours plus prégnant depuis les Lumières, notre brutalité vis-à-vis de la nature qui nous a donné vie et perpétue notre espèce alors que nous détruisons toutes les autres lentement mais sûrement, tout cela fait de nous les plus grands prédateurs de notre petit monde. L’élevage intensif, l’abattage intensif, la production intensive de plats préparés, tout est intensif, et tout est fait en dépit du bon sens et réalisé que dans le but ultime et sacré de la réalisation de profits, c’est-à-dire de bouts de papier, de vulgaires feuilles recouvertes d’images et de chiffres qui ne stigmatisent que la monstruosité et l’incommensurabilité de notre stupidité.

Il n’existe rien de plus imbécile que celui qui donne toute sa foi en une seule chose, fut-ce la science. Le problème est que notre civilisation a placé dans la technique et la science tous ses espoirs et a oblitéré toutes les autres voies en les ridiculisant, ce qui les rend bien évidemment, infréquentables. Pauvres de nous, des génies, mais des génies fous…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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