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The Hollande’s minority report

The Hollande's minority report

La liberté est un fardeau pour certains et ceux-là sont prêts à s’en débarrasser sans même sourciller. Pour d’autres, elle est source de vie, énergie vitale donc, de ces éléments qui ne peuvent manquer sans rendre impossible toute forme de pensée, de réflexion, sans détruire tout espace à explorer aussi bien en soi que chez les frères terriens qui sont nos voisins de palier où qu’ils habitent. Je fais partie intégrante de cette seconde catégorie et cela me convient parfaitement. Même si les souffrances liées à ce besoin irrépressible de liberté sont colossales par moment, il m’est impossible de changer, je ne le veux pas. Alors quand j’entends que six Français se sont faits priver de passeport sous prétexte qu’ils voulaient partir combattre en Syrie, je me pose des questions. Où en sont la liberté chez nous, et la démocratie itou ?

Vous avez certainement ce film avec Tom Cruise qui jouait le rôle d’un policier qui arrêtait des coupables qui n’avaient pas encore commis leurs crimes de sang, « Minority report ». Profitant de facultés qu’ils avaient développées chez des jeunes gens après de longues et mortelles recherches, un savant fou développa sur la base de prémonitions de ses sujets la possibilité de prévoir tout crime de sang. Cela permettait d’annihiler tout assassinat avant même que celui qui voulait les commettre ne les réalise, je dirais même avant même qu’il ne sache qu’il voudrait dans un futur très proche les commettre. Cette fiction est devenue réalité à quelques détails près. Vals et son orchestre n’utilisent pas des jeunes gens drogués pour pouvoir prédire l’avenir dévastateur de criminels en puissance mais qui ne le sont toujours pas. Non, ils n’utilisent… rien. Ils déterminent en fonction de choix religieux de leurs criminels putatifs, de leurs fréquentations, de leurs choix de sites sur internet, le risque potentiel qu’ils représentent pour notre société. Si cela n’est pas liberticide, je veux bien qu’on me pende. Vous êtes innocents mais on vous empêche de devenir coupables car la menace que vous représentez va certainement se concrétiser dans un avenir plus ou moins éloigné ???

Je vois ici une multitude de problèmes dont je voudrais mais que je ne pourrais pas traiter, j’en choisis trois qui me semblent vitaux. Le premier est que les jeunes qui veulent aller se faire tuer en Syrie ou ailleurs en ont le droit. Le deuxième est que nous n’avons pas les moyens de surveiller tous les candidats au jihad. Le troisième est simple, a-t-on le droit de priver quelqu’un de sa liberté tant qu’il n’a pas prouvé sa capacité de nuisance vis-à-vis de la société ?

Si des gens veulent faire du tourisme, ils le peuvent sans aucune réserve car cela fait tourner le commerce et engendre des profits dans les poches de nos industriels des voyages, du pétrole, etc. Aller combattre en Syrie n’est pas du tourisme que je sache mais c’est de la liberté de se déplacer qu’il est question ici. De la liberté de nos choix personnels aussi. Lorsque le Général de Gaulle est allé en Angleterre et a demandé aux Français de continuer, chez eux ou ailleurs, de continuer le combat il appelait aussi des volontaires pour se joindre à lui pour libérer la France du joug nazi. Les Allemands arrêtaient aussi tout candidat à la traversée de la Manche et interdisaient, autant que faire se pouvait, toute résistance, combien de résistants furent tués pour cela ? La résistance n’était pas obligatoire, loin s’en faut et seuls ceux qui le voulaient résistaient, ils n’étaient d’ailleurs pas si nombreux, en tout cas moins nombreux au début de la guerre qu’après le débarquement allié. Est-ce que ceux qui sont allés rejoindre de Gaulle à Londres sont des criminels parce qu’ils projetaient de chasser l’envahisseur de leur pays ? Non, bien entendu. Mais c’était leur opinion, pas celle des Allemands et encore moins celle des collabos. Qui a raison ? Qui a tort ? C’est la victoire de l’un par rapport à l’autre qui détermine celui qui avait raison. Si nous avions perdu la guerre ? Qu’en serait-il aujourd’hui ?

Alors même que nous nous apercevons de nos carences, de nos manques budgétaires et de nos laxismes dans les affaires Mérah et Charlie Hebdo (sans parler des autres), on nous raconte que la surveillance va être renforcée sur tous les candidats putatifs au jihad. Nous n’avons pas les moyens de notre politique, ce sont des mensonges éhontés qui n’ont pour but que de nous rassurer tout en maintenant fermement un niveau de peur très haut dans l’inconscient collectif. Nous pouvons tout juste mettre des militaires et des policiers dans la rue, armés jusqu’aux dents pour animer la peur, pour lui donner une représentation matérielle. Il faudrait doubler les effectifs des brigades de recherche, des troupes sur le terrain si nous voulions vraiment faire un vrai boulot de flic ou de dictateur, ce qui revient au même dans ce cas. Nous en sommes à plus de deux mille deux cents milliards de dettes, nous jouons sur les versements de subvention européennes pour pouvoir payer ce que nous devons, cela s’appelle chez les voyous et les flics de la cavalerie, et notre gouvernement nous assure qu’il va être partout et s’occuper de tout pour notre sécurité alors que nous ne savons toujours pas qui a vraiment tué le juge Michel et tellement d’autres cas qui mériteraient qu’on s’y intéresse.

Enfin, est-il possible de priver quelqu’un de sa liberté pour des crimes qu’il n’a pas « encore » commis ? C’est une sacrée question ! En fait, dans un monde démocratique, dans un univers respectueux du droit fondamental qui nous attribue une liberté totale tant que nous ne faisons aux autres que ce qu’on voudrait qu’ils nous fassent, la réponse est NON ! Cela retire à tout être humain sa capacité de changer d’avis, de se repentir, toute velléité de résipiscence et de retour à la « norme » sociale. Cela fait de l’homme un jouet entre les mains de celui qui fait le choix des limites à ne pas transgresser, à ne pas dépasser. Qui décide, qui fixe les limites de cette culpabilité putative ? Vals et son orchestre ? Ils n’en ont pas le droit. Et c’est un gouvernement socialiste qui nous retire le droit de nous déplacer ? Incroyable, inimaginable il y a encore quelques années. Mais « les cons osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnait » disait Audiard.

Alors voilà ma conclusion, si des jeunes veulent se faire tuer pour leurs opinions, quelles qu’elles soient, politiques, religieuses ou autres, c’est leur choix et ils font ce qu’ils veulent de leurs vies. Nous faisons d’ailleurs la même chose quand nous envoyons nos troupes défendre notre modèle de société dans des pays qui n’en ont cure, au Mali, en Irak, en Afghanistan, en Syrie. Sauf que lorsque nous le faisons, c’est avec la bonne conscience des riches qui sauvent les pauvres de leurs travers, quelle arrogance. Pour finir, les hommes sont libres s’ils n’ont pas commis de crimes, ils sont donc innocents et ne doivent être inquiétés qu’après avoir été impliqués dans des situations répréhensibles par le droit. J’ai cependant une ultime question.

N’est-ce pas parce que nous sommes des terroristes que le terrorisme existe ? Et le terrorisme d’état n’est pas mieux que le terrorisme amateur…

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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