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Tsipras et Syriza à l’amer…

Tsipras et Syriza à l'amer...

Comme il se doit, les journaux et magazines réputés de droite constatent en chœur que Tsipras et Syriza se sont soumis aux directives européennes. Dans leur enthousiasme, ces supports de publicité, tous dévoués à la cause du capitalisme et du libéralisme tous deux triomphants, font donc le constat de l’acte d’allégeance de ces derniers au système qu’ils honnissaient. Tsipras risque fort de le payer dans les rangs de son jeune parti politique et Favorakis a perdu de sa superbe alors que chaque Grec dans la misère attendait beaucoup de ces deux lascars. Les journaux et les magazines réputés de gauche font le même triste constat sans pour autant parler de reddition ou d’abandon mais en y pensant très fort. Il faut dire qu’en politique la trahison fait partie intégrante du kit de survie des élus de tous les pays.

Que va devenir la Grèce si elle retombe dans les bras des membres de la troïka, même après son changement de nom ? En fait, rien de plus que ce qu’elle était déjà, un état en pleine déliquescence, une économie délabrée où seule l’église orthodoxe peut gagner de l’argent par monceaux tout en ne payant aucun impôt, une nation divisée où 30 % de la population active est peu ou prou au chômage. Voilà la Grèce, la mère de nos philosophes antiques qui nous donnent toujours autant de mal à toutes les épreuves diplômantes, quelle tristesse. Le problème est que l’espoir qui était né avec Syriza vient de prendre un sérieux revers et que des pays comme l’Italie, l’Espagne, l’Irlande ou même la France avaient commencé à rêver d’autre chose que les célèbres et usagées potions magiques européennes faites d’austérité et de diminutions de toutes sortes d’avantages sociaux. Il est dit que personne en Europe ne saura résister aux lobbies, aux banquiers et aux multinationales.

Cela étant, comment notre Mélenchon national va prendre cette annonce négative eu égard aux espoirs qu’il semblait former à la réussite de ses amis de la gauche « radicale » grecque ? Comment les thuriféraires de la révolution, souple et sympathique, de notre plus piteux pays de la communauté européenne vont-ils interpréter la renonciation de leur porte-drapeau, le sémillant Tsipras ? Vont-ils trouver la leçon à tirer de cette déconvenue conséquente à la face du monde unanime de solidarité avec les institutions qui ont finalement détruit l’esprit qui animait la révolte des sans dents grecs ? Il y a fort à parier que les Mélenchon de tous les pays du monde ne tireront absolument aucune leçon de cette rémission d’une maladie de jeunesse d’un parti vieux de quelques années seulement. Ils ne verront rien à redire à ce demi-tour à cent quatre-vingt degrés puisqu’eux-mêmes y sont contraints depuis tant d’années. La trahison est un métier lorsque l’on fait de la politique. Donc, pas de changement de cap, pas de renouvellement des personnels ni des structures, on continue comme si de rien n’était…

Mais les peuples, tous ces peuples d’Europe et du monde qui ont vu naître un espoir éblouissant avec la victoire de Syriza, que vont-ils en penser, si tant est qu’un peuple pense ? Les éléments qui composent ces populations asservies, ployant sous le fardeau des sacrifices à consentir pour que les riches deviennent plus riches, que vont-ils en penser ? Quel sera leur réaction, s’ils en ont une ? Toute la question est là. Les gens, les sans dents comme ceux qui en ont encore un peu, que vont-ils comprendre de cette retraite, de cette fuite devant l’ennemi de Hollande, la finance ? Le fond de ma pensée est qu’ils ne feront rien, qu’ils ne penseront à rien parce qu’ils n’ont plus de temps ni d’envie pour réfléchir. L’ultime raison de vivre de beaucoup de nos contemporains demeure le salaire car c’est le déterminant social qui reste le gradient voire l’échelle de valeur comparative entre nous tous, les non élus, les citoyens de base. Or cela ne suffit pas à un être humain sinon cela se saurait. Nous avons, nous les êtres humains, besoin d’autre chose ; que nos salaires nous permettent de parader dans les magasins tous les week-ends ne peut être notre unique motivation, notre seule raison de vivre. C’est pour cela que notre lobotomisation est en cours, pour nous empêcher d’avoir d’autres états d’âme que ceux procurés par la consommation.

Mais est-ce qu’un jour, notre besoin d’autre chose nous donnera, nous inspirera, nous procurera assez de courage pour envoyer à la mer tous les politiciens professionnels, qu’ils s’appellent Tsipras ou Mélenchon, ou Sarkozy, ou encore en désespoir de cause Hollande ? J’en doute. Les Grecs, malgré un premier ministre « moins professionnel » que ses prédécesseurs ou que ses collègues, vont vite s’apercevoir que la première capitulation, si elle n’est pas limitée à cette première manœuvre, va devenir une habitude, un parcours du combattant pour le peuple grec dans son ensemble, comme avant Syriza, comme d’habitude diraient les mauvaises langues… C’est bien aux Grecs, c’est bien à nous, peuples du monde, de nous prendre en charge et de faire de sorte que personne ne s’accapare un pouvoir qui ne peut rester longtemps dans les mêmes mains sans prendre le risque de ne plus jamais le récupérer, ce que nous constatons aujourd’hui avec stupéfaction pour ceux qui ne sont pas encore complètement lobotomisés.

Tant que nous ne prendrons pas le pouvoir qui nous revient de droit, nous continuerons de craindre nos gouvernements alors que ce serait à eux d’avoir peur de leurs peuples… Dans la normalité démocratique, non ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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