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Editôt ou éditard… (134)

Editôt ou éditard... (134)

Pour un dimanche faire un débat avec des féministes… On peut mieux faire. Mais ce fut fait hier soir, histoire de cauchemarder toute la nuit sûrement. Déjà le fait de discuter avec des intégristes rend les choses compliquées, et, même après plusieurs tentatives de fuite de ma part, lâches je le reconnais, je fus quasiment contraint à donner mon avis sur un sujet dont je fais mine de me moquer éperdument. Sujet d’importance capitale que tout le monde néglige via de faux débats. Je trouve que les femmes sont, bien entendu, la première ressource des hommes, tant au niveau matériel que spirituel, mais maintenant, en plus elles sont devenues une nouvelle source de produits financiers, une nouvelle source de revenus pour un monde productiviste machiste qui ne leur abandonne rien ou si peu.

En effet, le féminisme extrême m’est complètement étranger. Le féminisme ne se plaide pas, il se vit. Je déteste avoir à donner un avis quelconque dès lors que la partie qui me le demande n’est pas prête à remettre en question ses opinions comme je le fais moi-même. Nous pouvons tous avoir des avis et même des positions franches et marquées sur tous les domaines qui font notre vie, c’est plus que recommandé. Mais il faut être prêt à en changer, si les arguments, de ceux qui nous font face et qui ne partagent pas nos points de vue, sont meilleurs. C’est le propre d’une conversation ouverte et libre qui fait avancer toutes les parties prenantes. Il n’y a pas de gagnant ou de perdant, il faut juste échanger pour trouver la solution qui agrée tous les participants ou presque. Le consensus plat et politiquement correct n’est pas démocratique, il ne fait que renforcer celui qui détermine ce qui est « le » politiquement correct. En revanche, l’opposition, la discussion, la recherche intelligente et pacifique de la meilleure solution est de la démocratie. Tous les extrémismes sont à proscrire y compris celui de certaines et certains féministes.

Cela étant, je suis contre la GPA, la PMA et toute forme de marchandisation du corps humain. Évidemment, je me suis fait traité de réactionnaire, d’homophobe, de rétrograde, enfin de tous les qualificatifs qui font de celui qui les reçoit rien d’autre qu’un paria qui devrait être interdit de parler. Il est tout de même incroyable que nous ne pouvons plus avoir de discussion avec des gens, supposés intelligents et cultivés, sans être affublés de tous les défauts du monde si nous ne partageons pas avec eux la position dite majoritaire. La démocratie n’est pas l’absence de conflit, elle n’est pas non plus l’extinction de la partie minoritaire avec honte au vaincu, la démocratie est l’art de faire que tous les avis puissent vivre ensemble, que toutes les opinions puissent s’exprimer dans un respect qui lui n’est pas négociable. Le pire est que ma position était plus féministe que la leur. En effet, ces dames me parlaient de la liberté de jouir de son corps, d’avoir un enfant à tout âge et dans toutes circonstances, de pouvoir « déléguer » une grossesse dès lors que nous ne pouvions ou ne voulions pas la vivre soi-même. Enfin, ce discours libéral-libertaire des bobos de gauche, qui mangent du caviar plus souvent que du rutabaga, est capable de pousser quelqu’un à tomber dans les extrêmes opposés… Ce n’est pas un peu ce qui se passe ?

Il y a juste un problème, un problème important. Les femmes qui vont porter les enfants d’autres femmes qui ne peuvent ou ne veulent pas le faire vont être payées. Si elles acceptent ce genre de « travail » ce n’est que parce que leur situation matérielle est exécrable, certainement pas par plaisir. Comment une féministe peut-elle demander à une femme de satisfaire ses caprices dans ces conditions. Ce n’est que le décalage social et économique qui fait que des femmes vendent leurs ventres à d’autres femmes. Comment une féministe peut-elle engendrer ce type d’esclavage physique, ce commerce de viande humaine vivante ? C’est trop facile de vouloir satisfaire nos moindres exigences sur compte d’autrui sous prétexte que nous avons les moyens d’imposer nos vues et nos souhaits parce que nous sommes plus riches. Le commerce des ovocytes est encore un exemple de ces abus commis par les nantis sur le dos des misérables (dans le sens économique du terme). Pire encore, Google finance la congélation des ovocytes de ses employées pour leur permettre de mieux gérer leurs carrières et celles-ci prennent cela pour un avantage… Cela permet aussi de comprendre pourquoi les « départements du personnel » ont changé leur nom pour prendre celui des « ressources humaines ». Nous sommes devenus des ressources. Bon courage le bétail.

Il en est de même de tous les produits humains qui se trouvent depuis quelques temps sur le marché de la biomédecine. On peut tout acheter ou presque, enfin ceux qui en ont les moyens. La médecine était déjà à deux vitesses, tout comme l’instruction, la justice, j’en passe et des pires, mais là on touche au summum, on pourra bientôt vivre mille ans et la première personne qui vivra cette pseudo éternité est déjà née selon des médecins fous qui luttent pour l’immortalité. La nano-médecine, les bio technologies sont tout autant des marchandisations du corps humain puisque tous les produits qui servent de cellules souches sont bien pris quelque part et donc achetés ou… et à qui… Pas à des riches et des puissants qui vont les utiliser mais bien à des pauvres qui vont servir de magasins de pièces détachées pour gens fortunés. Eh bien je vais vous apprendre quelque chose sur mon compte. Je ne veux pas vivre mille ans dans ces conditions. Je préfère vivre ce qu’il me reste sans me dire que quelque part dans le monde un être humain a vendu une partie, si infime soit-elle, de son corps pour moi. Je préfère et de loin, aller lui donner un coup de main à survivre plutôt que de jouir de son corps pour mon confort et mes caprices personnels. Et puis vivre mille ans pour consommer stupidement pendant encore plus de temps ? Est-ce bien utile, est-ce bien plaisant ? Cela me donnera-t-il le bonheur ? Certes non !

Et par définition et pour reprendre une expression que je dois à mon père : mieux vaut vivre dix ans de lion que 100 ans de couillon.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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