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Esprit du 11 janvier, es-tu là ? … Non !

Esprit du 11 janvier, es-tu là ? ... Non !

Le dernier débris de l’appareil qui s’est écrasé dans les Alpes de Haute Provence n’avait pas encore touché le sol que des caméras tournaient et les crépitements des photographes et de leurs machines numériques entouraient notre sinistre de l’intérieur. C’est à croire, à voir le temps de réaction de nos élus et autres hauts fonctionnaires, qu’ils n’ont rien à faire sauf à attendre le prochain épisode malheureux, la prochaine catastrophe, en fait l’opportunité suivante qui leur permettra de montrer que la compassion et l’amour de leurs électeurs et concitoyens sont à leurs combles dans leurs petites têtes comme dans celles de l’équipe à laquelle ils sont soumis. Cazeneuve était présent, une fois de plus, sur le front du malheur, courageux face aux caméras si dangereuses pour les côtes de popularité. Le soldat Hollande, la générale Merkel et le chef mafieux Mariano Rajoy seront sur place cet après-midi, histoire de rafraichir l’esprit du 11 janvier qui est mort et ne ressuscitera pas.

Quelle tristesse de voir partir en poussières cet avion qui emporte avec lui les victimes innocentes de nos déplacements excessifs. Que de familles en pleurs, que de cœurs brisés, que de larmes de sang gaspillées sur le flanc d’une montagne qui n’en demandait pas tant. Nous ne savons pas encore pourquoi et certainement nous ne le saurons jamais car nous sommes tellement habitués au mensonge de nos gouvernants et de leurs représentants que, pour ma part, rien ne semble vrai de ce que ces gens disent. Rien. Vous connaissez l’histoire de Pierre et le loup, nous y sommes, nous ne pouvons plus croire, le capital confiance dont nos dirigeants pouvaient se vanter d’avoir est épuisé, plus qu’épuisé, éteint à jamais. Il faudra tant de temps pour remettre en place une confiance qui ne sera plus la même quelle que soit leur conduite, si exceptionnelle soit-elle. La confiance demande du temps et de la patience. Les conditions suspectes de cette catastrophe ont permis, déjà, aux chaînes d’info, d’établir des conjectures à base de suspicion et de conditionnel qui effraient tout le monde, alors que les autorités font tout pour nous rassurer et éviter la baisse de fréquentation de nos vols et de nos déplacements, ainsi que la diminution de nos ventes d’avions générateurs d’argent facile.

Nos intérêts vont dans un sens et notre intérêt dans un autre… Vous vous dites que je dis n’importe quoi ? Non, les premiers intérêts sont financiers alors que le second traite d’humanité. Comme quoi des intérêts peuvent être baptisés de la même façon et être complètement antagonistes. Rien ne sera dit ou fait pour dépasser les limites de la peur qui bloqueraient nos envols quotidiens, c’est comme ça, « the show must go on » et « the money must keep going in », on parle Américain lorsqu’on s’intéresse à l’argent, c’est la langue privilégiée des affaires et des faiseurs de profits sans limite de méthode ou d’éthique. Alors tous ces gens sont-ils morts pour rien ? Non puisqu’ils permettent par leur trépas de réunir des chefs de gouvernement et président, que cette catastrophe tombe miraculeusement, si vous me passez l’expression, pour nos anciens socialistes, entre deux tours de nos élections départementales. A quelque chose malheur est bon dit l’adage populaire… Peut-être mais dans ce cas, l’odeur qui s’en dégage est plutôt nauséeuse, en fait elle empoisonne notre air. Alors quelles que soient les raisons de cette tragédie, c’est la perte de ces êtres humains, pères, mères, enfants qui composaient les clients de ce vol régulier de la compagnie allemande filiale de la compagnie nationale de notre voisin d’outre Rhin, que je pleure par solidarité réelle et profonde, une solidarité humaine qui n’a rien à gagner et rien à perdre, rien à vendre et rien à acheter. Juste de la compassion, sans caméra, sans témoin, juste dans mon cœur.

La question qui se pose maintenant est pourquoi nos élus sont-ils toujours proches des moyens de les mettre en scène, qui les montrent tels qu’ils veulent être vus et non pas tels qu’ils sont, ce qui serait, à la limite, un moindre mal. Notre société superficielle ne peut exister sans image, nous sommes devenus fainéants et ne voulons pas utiliser nos imaginations, nos capacités mentales, intellectuelles et spirituelles. Tout cela a été pris en charge par les images fournies sans arrêt par nos téléviseurs, nos tablettes, nos téléphones. Ces outils, qui deviennent peu à peu des excroissances de nos corps devenus le seul souci de nos préoccupations, de nouveaux membres qui ont poussé de façon anarchique et dont le contrôle est assuré par d’autres que nous-mêmes, ont pris le relais de nos manquements immatériels et les ont remplacés par leurs scenarii qui n’ont d’autre but que nous formater. C’est donc aussi dans ce but que nos édiles se projettent sous nos yeux ébahis et entrent dans nos cerveaux, nos mémoires sous des aspects qui ne touchent pas, idéalement, aux raisons qui les ont faits élire mais à tout ce qui les en éloigne. En résumé, leur manque d’intérêt réel pour nous les oblige à accomplir des tâches qui nous font croire le contraire, tout en n’attirant pas notre attention sur les trahisons et les erreurs qu’ils commettent dans les fonctions que nous leur avons déléguées. Il s’agit bien de théâtre, en l’occurrence ce serait plutôt le Théâtre de Guignol ou celui de la Commedia dell’ Arte où nous jouerions toujours le rôle des grugés.

Tant vont les cruches à la caméra, qu’à la fin celles-ci les brisent.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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