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« La » Chronique du week-end… (134)

"La" Chronique du week-end... (134)

Chaque semaine j'ai le même souci. Comment faire une chronique suffisamment courte pour être lue et assez grande pour parler de tout ce qu'il y a à dire. Il faudrait écrire un livre chaque dimanche pour communiquer ce que je souhaiterais partager avec vous, mes Chers Lecteurs. Alors il faut choisir et cette fois je vais vous écrire au sujet de ce nouveau président de Sanofi qui gagne de l'argent par anticipation de ses résultats sûrement ou pour compenser la perte de son bonus s'il était resté chez son employeur précédent. Voilà un problème qu'il est grave aurait dit Coluche… D'autant plus grave que le journaliste qui présentait « l'éco » sur BFM ce matin nous donna une leçon de vie relative à ce non-événement…

Olivier Brandicourt était PDG de la branche santé de Bayer, il devient à partir du 2 avril prochain le directeur général (DG) de Sanofi, le grand chimiste français. Chez nous, dans notre belle France nous ne payons pas très cher nos patrons de la chimie, paraît-il. Le groupe français est le quatrième groupe mondial dans son domaine et, apparemment, est un peu chiche dans ses salaires de cadres dirigeants. Il lui a été, sois-disant, difficile de trouver un remplaçant à Chris Viehbacher qui fut éjecté pour « un exercice trop solitaire du pouvoir », alors que ses résultats étaient bons et que cette société va payer des dividendes en augmentation pour la vingt-et unième année consécutive. On pourrait croire que de bons résultats suffisaient à conserver sa place mais non, cela n'est toujours pas assez. Chez Sanofi comme chez tous les multinationaux aux actionnaires avides, rien n'est jamais suffisant, c'est le règne du toujours plus, quel qu'en soit les conséquences.

Plusieurs aspects de ce problème sont intéressants, le niveau moral de la transaction, son intérêt économique et la position populaire étayée ou pas par les propos gouvernementaux. Dans un pays où plus de 5.5 millions de chômeurs se battent pour avoir du travail, dont 3.5 sans aucun emploi, où les salaires comme tous les avantages des salariés sont en diminution constante, où les retraites vont devenir aussi fines qu'une tranche de jambon qui sera bientôt la seule viande que certains pourront s'acheter parmi nos aînés, où les taxes et autres impôts directs et indirects achèvent les malades économiques que nous sommes et qui tuent la consommation qui est le berceau de la croissance dont parlent tous nos politiciens de droite et de gauche, est-il souhaitable de voir quelques personnes accaparer des monceaux d'argent qui manquent cruellement à bon nombre des citoyens de ce pays ? N'y a-t-il donc pas de limite à leur cupidité ? Ne se rendent-ils pas compte qu'en creusant de telles inégalités ils auront certainement un jour à en répondre devant les victimes de leur système mortifère ? J'attends ce jour avec impatience !

Sur le plan économique, sachant que 10 groupes pharmaceutiques représentent 40 % de la production mondiale et que notre fleuron en fait partie, il est nécessaire à la vue des terribles batailles que se livrent ces géants de l'empoisonnement et de la guérison, de se munir des meilleurs officiers, des meilleures troupes. Les officiers s'achètent sur le « mercato » de l'industrie concernée, quant aux troupes, les chaînes de production sont tellement automatisées que des « crétins lobotomisés », donc sous-payés, suffiront à produire sans trop de risques. Parmi les officiers disponibles certains sont plus achetables que d'autres mais seuls comptent les résultats financiers que les nouveaux venus pourront drainer avec eux. Il s'agit donc de parier sur un nouvel élément et d'estimer que celui-ci pourra générer encore plus de réussite que son prédécesseur. On choisit donc des gens connus et reconnus pour leur capacité à produire des profits, rien n'est trop beau pour eux car on amortira rapidement leur coût si les bénéfices atteignent les niveaux prévus. Que sont 4 millions d'euros au regard des 4.39 milliards d'euros de résultat net ? Rien. Et même si vous y ajoutez la complète rémunération du quidam en question elle ne pourra dépasser 3 millions d'euros par an en cumulant le fixe et la part variable de son contrat. Une broutille pour quelqu'un supposé capable d'augmenter vos profits nets entre 5 et 10 % pour son premier exercice.

Au niveau populaire, voire même gouvernemental, cela a été un tollé général. Nos Royale, Le Foll et autres bavards ont été outrés… Les pôvres ! Quand on sait ce que nous coûtent nos élus de toutes sortes pour le résultat qu'on connaît, on se demande de qui ces ministres de pacotille se moquent. Que des sans dents se plaignent d'entendre de telles nouvelles qui les moquent, qui les humilient encore un peu plus, peut se comprendre. Que des ministres aussi inutiles que vénaux ouvrent leurs bouches aux haleines de requins semble moins judicieux et ceci d'autant plus qu'ils ne feront rien contre cet état de fait. Premièrement ils ne le peuvent pas car ils n'en ont, aujourd'hui, pas le pouvoir, deuxièmement parce qu'ils sont trop heureux de la réussite de cette compagnie qui remplit leur escarcelle de TVA et autres charges même si Sanofi et ses dirigeants sont aussi des rois de l'optimisation fiscale.

Il y a tellement à dire sur la médiocrité de notre société au matérialisme destructeur mais je vais juste m'offusquer de tant d'inégalité, rien que cela est déjà terrible. Imaginez-vous que la prime de 4 millions d'euros uniquement, donc sans parler de la rémunération contractuelle, représente le salaire annuel de plus de 300 personnes. C'est à dire qu'avec son salaire maximal il atteindrait le salaire annuel de plus de 500 de ses employés. Et maintenant je pose une question simple.

Sans être collectiviste, combien de temps allons-nous supporter de telles inégalités ?

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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