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« LA » Chronique du week-end (138)

"LA" Chronique du week-end (138)

Certains petits malins ont imaginé que la science, notre savoir et notre haute technologie pouvaient nous permettre de rendre automatique, complètement, nos avions de ligne et donc le transport de personnes. A l’image des drones américains qui tuent, je devrais dire qui assassinent, à des milliers de kilomètres des joueurs qui manipulent des commandes de jeux électroniques, en oubliant presque que c’est la vraie mort qu’ils donnent et que, de ce fait, ils ne valent pas mieux que ceux qu’ils tuent sur leurs écrans virtuels, certains petits malins disais-je veulent qu’on livre les humains comme on largue des bombes. J’exagère mais c’est bien de cela que nous parlons, de la substitution de l’humain par la machine. Mais ne voyez-vous pas que c’est exactement de cela que nous mourrons ?

Quand j’étais plus jeune, il y a longtemps, la romance chantait que les machines allaient aider l’homme, le décharger de toutes les peines qui l’éreintaient et détruisaient sa santé. Que les machines ne remplaceraient les hommes que pour cette raison et que ceux qui étaient remplacés seront formés pour fabriquer les machines… Effectivement, les gens qui disaient cela nous chantaient une romance, c’est-à-dire quelque chose qui ressemble à un poème mis en musique, qui en a l’absence de réalité et donc qui ne sert qu’à nous bercer de douces et tendres illusions, certes poétiques, mais totalement irréelles. En fait, la réalité a été toute autre. Les machines ont bien remplacé les hommes, ça c’était vrai. Mais ce sont des machines qui fabriquent des machines et les hommes qui fabriquent les machines qui fabriquent des machines sont moins que nombreux, ils ne sont qu’une poignée au regard de ce que les machines ont détruit de postes de travail. Mais les machines n’ont pas d’enfants, ne sont pas malades, travaillent toute l’année et nuit et jour, elles ne demandent pas d’augmentation ni de congé, elles sont des esclaves mécaniques infatigables, taillables et corvéables à merci. Comme l’étaient les hommes du temps des débuts de l’ère industrielle.

Nous avons des caisses électroniques et automatiques au lieu des caissières en chair et en os qui nous saluaient juste lorsque nous arrivions devant elle et pas une seconde avant ou après tel que leur imposait leur règlement. Mais même ce sourire forcé, ce bonjour du bout des lèvres étaient plus agréables qu’une machine qui vous éloigne toujours un peu plus de votre frère humain. Je me refuse de payer aux caisses automatiques, malgré le temps gagné… mais gagné à quoi, vous êtes-vous posé la question, ma vie n’est pas du temps elle est justement une somme de rencontres, d’échanges, parfois de disputes, mais la vie c’est cela, un perpétuel contact avec nos frères de la même condition et même avec les mondes animal, végétal et minéral. C’est mon avis et je le partage, mais si vous préférez les machines c’est votre point de vue et je le respecte. J’attire simplement votre attention sur le fait que si nos caissières disparaissent, que feront-elles pour gagner l’argent nécessaire à la survie de leurs familles ? J’attends vos réponses !

On peut tout automatiser, on peut tout imaginer pour faire disparaître la nécessité humaine, toujours plus, mais alors nous allons être de plus en plus nombreux à ne plus rien faire et là se pose un problème sérieux. Peut-être est-ce pour cela que nos gouvernements font tout ce qu’ils peuvent pour générer, avec de bons gros arguments à base de liberté et de valeurs immortelles, la prochaine guerre qui verra, après les dizaines de millions de morts de la dernière les deux ou trois milliards de défunts de la suivante. Là je suis d’accord, si on massacre allègrement tous ces fainéants qui ne font rien, bien sûr que je suis d’accord. Mais pas moi. Ni mes enfants. Ni mes amis. Juste les autres, les pauvres, les noirs, les musulmans, enfin tous ces gens qui prennent de la place, consomment de l’oxygène et polluent sans rien faire de leurs dix doigts. Est-ce cela que nous voulons, faire un tri que même les nazis n’ont pas osé faire ? La terre n’est pas la propriété de quelques-uns et la prison des autres, nous sommes tous voisins et il n’existe pas d’homme qui vaille mieux qu’un autre homme. Nous n’avons pas le droit d’hypothéquer la vie d’un seul de nos congénères, fut-ce pour le bien de l’humanité. Nous devons trouver la solution qui nous fera vivre ensemble dans une fraternité humaine qui nous rendra tous solidaires les uns des autres au lieu de nous opposer et de nous détruire mutuellement pour de mauvaises raisons.

Je n’aime pas les machines, je ne nie pas leur utilité mais ce n’est pas à elle de nous donner le tempo, or c’est aujourd’hui les machines qui fixent les rythmes de travail, ce sont elles qui organisent nos postes et déterminent nos fonctions. Il me semble que le progrès n’a rien de bien s’il ne sert pas l’être, s’il l’avilit et l’asservit.

Je ne voue aucun culte au Dieux science ou progrès, ils sont utiles tant qu’ils restent ce qu’ils sont, des outils au service des hommes alors que nous sommes devenus des outils au service des machines. Alors, en admettant que cela soit possible, non aux caisses automatiques et non aux pilotes automatiques aussi.

A bon entendeur, devenez sourd…

Haroun.

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